MERE PAT PE LET À
Hier soir, avait lieu un concert, au profit des veuves et des orphelins aux charges de la compagnie “German Lloyd” lJ’en envoie le programme à la suite de ce journal, avec les remarques que j'y ai inscrites, on the spot, au fur et à mesure que s’en déroulaient les différents articles.
J’y ajoute le menu du diner du Capitaine qui eut lieu ce
soir, lequel du reste ressemble à tous les autres diners du bord,
si on y ajoute que chacun portait sur sa tête un bonnet en
papier de forme et de couleur différentes, .et que, à un moment donné, toutes les lumières s’éteignirent, pendant que. les garcons de table faisaient en procession trois fois le tour du réfectoire, portant dans leurs mains des lanternes chinoises et des plats de crême à la glace illuminés : une vraie mascarade de grands enfants en vacance.
Pendant la soirée, sur le pont, bal, commencé par une procession autour du navire, capitaine en tête. La danse fut très convenable ; «du reste, j'en vis peu de chose, ayant préféré pendant ce temps fumer mon cigare, sur le côté opposé du vaisseau, en compagnie de MM. Archambault et Dupuis.
Cette veillée avait un caractère d'adieu. Nombre de passagers vinrent demander mon autographe. Je ne pensais pas avoir tant d’amis. J'ai fait peu de connaissances, hormis une dame Todd, de Los Angelds, Californie, qui s’en va à Florence avec sa fille, laquelle se propose d'y passer trois ans pour y étudier le chant, afin de devenir une Albani. à
Adieu, Siciliens bruyants, Américains flegmatiques, officiers d’un équipage tout à-fait convenables, Philémon ét Beaucis de Boston, nouveaux mariés en pleine lune de miel, qui se suffisent à eux-mêmes, ayant passé en tête à tête les douze jours de la traversée. |
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11 est onze heures du soir. Nous serons à Naples demain
matin. Je ferme cette lettre à bord, et la jetterai à la poste
sans y ajouter un mot. Je lui recommande d'arriver à St-Lin
vendredi, le 9 d'octobre.
Bonsoir ! bonne nuit ! Priez pour moi. Je vais aller demander au sommeil des forces, pour avoir la patience de supporter, sans trop m’impatienter, les obsessions des faquini napolitains. Encore une fois : Buona sera, buona motte !
Ci. joint mon salut poétique aux divers pays que nous avons aperçus du pont de notre navire; il se chante sur l'air de
“France à bientôt.”