DEUS TUORUM MILITUM
O Dieu, récompense et couronne De tes intrépides soldats, Par l’intrépide Lin pardonne
A ceux qui chantent ses combats,
Noble, il méprisa de ce monde L’attrait et les plaisirs trompeurs, Joie en tristesse si féconde :
Du ciel il goûte les douceurs.
D'un dur trépas qui purifie
11 brava le tourment eruel, A toi sacrifiant sa vie :
Gr jouit du bonheur éternel.
Par la voix de son pieux délire, .
Donne en ce jour, Dieu de bonté,
Où Lin triomphe en son martyre, Aux esclaves la liberté.
Salut, honneur, louange ct gloire, Au Père, au Fils, à l'Esprit Saint, A qui toujours soit la victoire,
La puissance, un règne sans fin.
Ainsi-soit-1l.
Rhone Se RAR
Honneur à Saint-Lin ! je l'aime, et j'ai confianee en sa puissance, puisque Dieu me l’a donné pour patron dans mes œuvres curiales. La première chose que je fis en arrivant aux Laurentides, ce fut de célébrer sa fête avec éclat. Je mis les affaires embarrassées de la paroisse publiquement sous sa protection ; le jour de sa fête, j'attaquai la difficulté du cimetière et la question de l’église ; plus tard, le jour de sa fête encore je commencai l’entreprise du collège, plus tard l’œuvre de lhospice : et j'ai trouvé que Saint-Lin n’a pas trompé les espérances qu'on reposait en lui. Ce :x’est une consolation d’arriver à Rome pendant son octave, alors que là-bas, aux Laurentides, le trésor des reliques est exposé à la vénération publique, que des prières plus nombreuses montent vers le ciel du milieu de mes paroissiens, et que quelques-uns au moins doivent penser à leur curé dans leurs soupirs vers notre commun Protecteur.
Mercredi, 23 septembre.—Le beau temps et la belle mer ont continué tout le jour durant. Nous serons à Naples demain matin entre six et huit heures, dit-on. Je prends plaisir à repasser dans ma mémoire les diverses circonstances de l’arrivée de Philomène en eette même ville, le 8 mars 1895, et la joie qu’elle éprouva en m’appercevant du haut du tillac: histoire ancienne que tout cela. Je n'aurais pas cru alors devoir y revenir si tôt : qui peut sonder les profondeurs de l'avenir ?
Tout sent la fin d’un voyage, les passagers sont en mouvement, il règne une sorte d'inquiétude, Je viens de replacer mes effets dans mes valises, ce travail m’a été moins pénible que d'habitude, soit que l'on finisse par s’accoutumer à tout, soit que ma boutique fût moins compliquée que d'ordinaire,