‹ Dans la ville eternelle pendant que se discutait au Canada la question des écoles du Manitoba. Journal de voyageChapitre 18 sur 76 · DS LE · texte numérisé non relu

DS LE

après avoir visité mon palais, admiré la vue qu’on a du belvédè-

re, à 22 mêtres au-dessus du sol, sur la ville, sur les rivières, les côteaux, de Bergerac à Libourne, sur quinze bonnes lieues de longueur.” Et le reste,

Réponse : “Monsieur, le 13 de septembre, votre missive déployait ses ailes pour L'Amérique ; le 12, du port de New- York, je m’élançais sur Les flots de l’océan pour l’Europe. le 24, votre lettre à 74 heures du soir faisait son entrée à Saint Lin au fond d’un sac de malle ; ce qui est presquela même chose, au fond d’un train italien, le 24 à 8k heures, je faisais mon entrée à Rome, venant de Naples. Votre letttre, avec une intelligence qui ne m’a pas surpris, de suite a rebroussé chemin pour venir me parler de vous, et de votre château aux vastes horizons. Cependant elle n’a pas eu les prémisses de ma satisfaction à entendre parler de Ste-Foy-la-Grande : déjà mon vicaire à la barbe en broussailles m'avait relaté sa visite au pays du bon vin, chez ce bonnet de montagnard qui a porté dans ses vastes flancs les épreuves de la Terre à vol d'oiseau. Il arrivait à la Milazzo le 25,avec son compagnon, et nous avons constitué auprès de ma cheminée une famille canadienne, au milieu de nuages s’élevant d’un tabac délectable et des réminiscences du pays : on se croirait dans un campement de voyage sur les bords du Témiscamingue. Vous ne vieillissez pas, toujours la tête pleine d'informations à demander et à donner, de statistiques et de calculs patriotiques, le coeur débordant d'amour pour les jeunes populations d'avenir, et de mépris pour la politique desséchante et le commerce énervant. Je n'ai pas oublié les renseignements que je vous avais promis sur le Népissing; mais ne saurait croire, à moins qu’on essaie la chose soi-même, la difficulté que l’on a de se procurer

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des données justes dans un pays libre, libre jusqu’à l’extravagan-

ee, où n'existe pas la computation officielle ou règlementaire.

Vous dépendez de la bonne volonté de cinquante individus, dont plusieurs n’ent ont pas. Si ce n’était pas trop vous demander, vous pourriez me préparer une liste de questions que je passerais aux missionnaires de l'endroit, avec prière de

répondre, Peut-être auraient-ils plus d’égards pour votre

curiosité de savant que pour la mienne qui n’est que d’un

amateur. En attendant le plaisir de parler de ces choses plus au long, de vive voix j'espère, je me souscris avec beaucoup de considération, etc.” | Dimanche, 11 octobre. Hier après-midi, avec M. Desro-

siers, je fis ma promenade d'habitude, et, à Rome, de nécessité. Nous arrêtâmes de bouquiniste et bouquiniste. Il acheta la vie de Saïnt Benoit-Joseph Labre en italien, 3 sous ; le livre n'avait pas de couverture solide, étant brochure. A côté se trouvait un livre français relié, les “Enfants célèbres.” “Ce n’est pas cher, dit-il.— Oui, mais je vais en avoir un pour moins eucore.—Pas possible.— Garçon, combien ce livre ?—Un franc.— Deux sous.—Cinquante centimes.—Deux sous.— Vingt-cinq, vingt, quinze centimes.—Deux sous. ” Je partais, “C’est bon, prenez-le.”

Après souper, la petite Sœur Hervé apporta à M. Desrosiers età M. Ferland une lettre du Vâtican, leur annonçant qu'ils pouvaient assister ce matin à la messe du Pape. Emoi, tressaillement, émotions, L’un court se procurer un chapeau, l’autre un menteau de cérémonie : eela me rappelait Philomène au -oment de la bonne nouvelle, Donc, mon chapeau et mon manteau romain sont allés de nouveau chez Sa Sainteté.

A 10 heures et demie, nos Canadiens rentrent en joie : ïls

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