‹ Dans la ville eternelle pendant que se discutait au Canada la question des écoles du Manitoba. Journal de voyageChapitre 17 sur 76 · PE · texte numérisé non relu

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sirs innocents, frais comme le parterre, doux comme la galerie à la lumière des étoiles, graves comme le salon, rafraîchissants comme les joies du home,

Mardi, 6 octobre. — Réponse à M. P. “Je vous remercie des détails que vous me donnez sur le développement de votre

entreprise. Vous ne doutez pas de l'intérêt que j'y prends.

J'espère que, à votre loisir, vous me continuerez l'historique de

vos travaux. Je sais que vous réussirez facilement, malgré

les petits obstaclès que vous devez vous attendre à rencontrer

dans nne affaire de cette délicatesse, et les craintes excessives de responsabilité monétaire qui existent en certains quartiers.”

Réponse à Madame Rameau, à propos de ses lettres dont je cite quelques extraits dans la préface du journal de Saint Lin à San Franeisco : “Vous pouvez compter que je ne ferai pas paraître les quelques lignes que vous avez retranchées de ma préface. Soyez sans inquiétude. Ce livre, de sa nature, est destiné à ne point sortir du Canada, bien plus du cercle de mes connaissances. Votre plume, alors même qu’elle a la bride sur le cou, trotte encore aussi bien que les mieux guidées

de notre pays. Vous comprenez quelle porte d'entrée ce sera

auprès du lecteur que votre appréciation, tout en admettant

qu’elle a été dictée plutôt par ia bienveillance amicale que par le j ugement sévère du critique.”

Cette après midi, avec M. Desrosiers, je fis ma promenade à la Porte Latine, chez St-Jean qui y fut jeté dans une chaudière d'huile bouillante, à St-Etienne-le-Rond où se déroule sur les murs d’une vaste rotonde l’histoire des supplices qu’ont

-endurés les Martyrs, à St-Pierre-aux-Liens où siège le gros

Moïse de Michel-Ange.

Je rentre pour lire les journaux. On ne parle en France

EU ea

du

de que la visite actuelle du Czar, en Italie que des noces prochaines du Prince de Naples, l’héritier de la couronne d’Humbert, si couronne d'Italie il y a encore dans quelques années, Toutes les têtes sont tournées.

Mercredi, 7 octobre.—Je commençais à écrire ce matin, lorsque Sr Albert m’apporta une lettre de M. Payette, le journal de Philomène du 21 et 22 septembre, le Star du 24, trois paquets de journaux comprenant respectivement les numéros d’une semaine, La Presse, Le Monde et La Patrie

Les nouvelles de Saint Lin ne sont pas mauvaises, les santés reviennent, les jours sont beaux, les travaux avancent, Deo gratias ! |

Je me mets à parcourir cet amas de gazettes la plume à la main, pour y marquer les articles à découper. Le Star m’arrive chaque jour, pour me tenir au courant des nouvelles ; il ne me reste plus qu’à jeter un coup d'œil rapide sur les autres joarnaux, ce qui se fait encore assez vite. Mais M. Desrosiers, lui, par exemple, dans son obligeance bien connue, en a pour une grande partie de l’après-midi à jouer des ciseaux, achetés à Montréal chez M. L. : oui, … non, … vingt cents.

De vingt articles sur mon compte que j'ai mis de côté, un seul a du bon sens, quand même il ne dirait pas la vérité, celui qui est paru dans “La Presse du 24 septembre”, et qui se lit comme suit : |

“Un Chanoïne du chapitre de Mgr Fabre, causant hier avec “un représentant de la “Presse”, a'dit qu’il ne croit pas que “ M. l'abbé Proulx soit allé à Rome pour règler certaines diffi- “cultées survenues à l’Université Laval de cette ville, ni pour ‘“ prendre la défense des Canadiens-Français de Danielsonville, ‘“ encore moins pour solliciter une mître d’évêque. M. l'abbé “ Proulx, a-t-il ajouté, est à mou avis chargé d’une mission de

“ M. Laurier, concernant la question des Ecoles. Oette mis- “ sion, qu'est-elle ? Très difficile à dire. Dans tous les cas, il “ est un fait certain, c’est que M. l'abbé Proulx ne fera rien “ qui soit de nature à lui attirer la disgrâce des Evêques et du “ clergé en général. M. Proulx est un homme trop habile et “trop prudent pour s'engager dans de faux sentiers.”

= Au moins, voilà un homme qui pense, “Avant que d'écrire, apprenez à penser.” Aussi, c’est un chanoine !

Jeudi, 8 octobre. —Hier, après le départ de ma lettre, j'allai, en l’inséparable compagnie de M. Desrosiers qui s’est attaché à mon flanc comme un Sosie, à Ste-Agnès-hors-les-murs, la Sainte aux blancs agneaux. En revenant, nous rencontrâmes le Cardinal Ledochowski en voiture, qui nous tira un coup de chapeau de grand Seigneur, Mgr Baroncini, connaissance de vieille date, chanoine du chapitre de Ste-Marie Majeure, et une connaissance de date récente, Yuseppe, caractère comique qui nous avait beaucoup amusé pendant la traversée, sur le Kaiser Wilhelm II. A propos de Kaiser, je vois par les journaux que le Cardinal Satolli reviendra à Rome, le 23 du présent mois, sur ce bâteau, arrêtant, lui, à Algers.

Au retour de la promenade, poussant une pointe sur la rue nationale jusque chez M. Chiesa, je m'achetai une petite balance de précision, pour peser mes lettres. Après avoir fait son service à Rome, elle ira s'installer au petit bureau du presbytère de Saint-Lin, pour y continuer sa carrière littéraire : délicate, gentille et piccola.

Mgr Gravel et Mgr Labrecque sont arrivés hier au Collège Canadien. Nous dînons ici à midi ; au Canada, ils dînent à midi et demi, En sortant de table, nous prîmes le chemin des Quatre Fontaines, nous arrivâmes pour le café, Mgr Gravel

est toujours le causeur que l’on connaît, Mgr Labrecque est plus réticent. Le Grand-Vicaire Thibaudier accompagne son évêque ; Mgr l’évêque de Chicoutimi est accompagné de M. Lizotte, curé de Roberval, que je connais bien. M. Archambault est dans l'ouvrage par dessus la tête. 11 fait réimprimer le Concile de Montréal, quelque ‘those comme trois cents pages en latin.

À. M. G. D.—“Mon cher Monsieur,vous vous rappelez que dans le passé des gens intéressés m'ont dit coulé bien souvent; et personne n'était plus surpris qu'eux de me voir, un instant après, voguant à pleines voiles sur la mer du succès. Ils prenaïent leurs désirs pour des réalités. L'histoire se répète.

Coulent ceux qui se hasardent dans des doctrines nouvelles, se lancent dans des sentiers peu surs, se laissent emporter trop loin par leur goût ou leur intérêt ; jamais ceux qui vivent de sacrifices, de vérité, quoiqu'il en coûte. Le terrain du vral est solide. On peut essayer de vous écraser sous une avalanche quelconque, mais jamais le sol sur lequel vous marchez ne croulera ; et, après que vous aurez secoué la neige ou la boue dont on vous aura couvert, vous serez plus fort qu’auparavant..….?

Vendredi, 9 octobre.—Avant-midi de travail.

Après le diner, en arrivant dans ma chambre, je trouvai sur ma table trois Stars, une lettre de M. Payette, et deux grandes enveloppes de Philomène, Je commençai par celles-ci. Je

lus en grande partie le journal à mes deux compagnons. :

Quand jeus fini la tirade où il est parlé de Naples, M. Desrosiers, les larmes aux yeux, s’écria : “Cette finotte de P. écrit-elle bien, un peu !”

Il ne faut pas que j'oublie de dire que j'ai recu plusieurs grandes visites aujourd’hui : M. Garretson, de Brantford, On-

eye : ; tario, qui m’annonce l’arrivée du cinquième volume du “Canadien Album” ; M. O. Reclus, de Ste-Foye-la-Grande, Garonne, France. Le troisième visiteur, en chair et en os, celui-là, est M. le Chevalier Gustave Drolet, de Montréal. Ancien zouave, il vient revoir, paraît.il, les lieux où se rattachent pour lui tant de souvenirs de jeunesse. Il m’invite À aller dîner avec lui à sept heures à l’hôtel du Quirinal, ce que j'accepte. Après souper, causerie sur les affaires du pays, café, cigare, il était dix heures quand je rentrai. M. Desrosiers m’attendait, à ma chambre, pour continuer la veillée jusqu’à minuit. Sumeui, 10 Octobre.— Beau, frais, bonne journée pour travail. ler, ce que je ferai du'matin au soir, si rien ne vient me déran- ger.

Pauvre Ulbald ! je lui offre l’ expression de ma sympathie

et l'assurance de ma prière. J'espère que cette chute n'aura pas de conséquence fatale.

Je réponds à M. G. Reelus, qui, entr'autres choses, me disait :

“Jugez de ma surprise quand, le matin du même jour où j'avais décidé de vous écrire, entre ici le curé d’une commune voisine, Razac, un bon homme qui a dit quelques années la messe par là-bas, à Rigaud, si je me rappelle bien, puis qui est rentré en France parce que votre climat le fatiguait. Ce curé de Razac était flanqué de deux ecclésiastiques canadiens, l’un officiant à Saint-Louis du Mile-End, et l’autre, incredibile, vicaire de Jean-Baptiste Proulx, à Saint Lin des Laurentides ! Oh là, là! rien que ça de chic! comme dit le voyou parisien. J'ai pu montrer à votre jeune homme, à la barbe fleurie, “) la trompine” sympatique, étalée sur ma table, la lettre à 3 laquelle j'allais répondre, une typographie à l'américaine, avec votre griffe impérieuse au bas. Puis les trois sont partis

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