‹ Dans la ville eternelle pendant que se discutait au Canada la question des écoles du Manitoba. Journal de voyageChapitre 3 sur 76 · MES CHERS FRÈRES · texte numérisé non relu

MES CHERS FRÈRES

Quand cette lettre vous sera lue du haut de la chaire, je serai en mer déjà depuis plus d’une journée, Si je suis parti sans vous en donner avis dimanche dernier, ce n’était pas que je voulusse vous faire de mon départ un secret mystérieux à

cette réserve m'était dictée par la convenance et le devoir.

Je vous prie, mes chers frères, de ne pas prêter l'oreille aux

rumeurs et aux bruits étranges qui ont cireulé, et qui pourront circuler encore, au sujet de mon voyage. Rappelez-vous que j'ai été, au prix de grands sacrifices, le serviteur fidèle des Evéques ; toujours la volonté de mon Archevêque a guidé mà vie sacerdotale ; je sais, et jai toujours proclamé, que la première sauvegarde, non seulement de notre foi, mais «encore de notre

nationalité, est l’épiscopat. A Dieu ne plaise que, au midi de

ma carrière, je trahisse les convictions de toute ma vie. Dans

toutes questions religieuses, directement ou indirectement, je ne travaillerai jamais que sous la haute inspiration de mes premiers supérieurs et dans les vrais intérêts de ceux que le Saint- Esprit a établis pour régir l’Eglise de Dieu.

Ces voyages fréquents, à mon Âge et avec mes infirmités, me

dérangent beaucoup ; et ces «bsences prolongées, loin de ma chère paroïsse de St-Lin, croyez-moi, ne sont pas sans me causer de l’ennui. Mais ce qui contribue, je ne le cacherai pas, à me consoler un peu, c’est que la desserte du ministère parois-

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sial ne souffre pas de mon éloignement, comme il reste au milieu de vous deux prêtres zélés et dévoués, | En effet, il serait difficile, mes Frères, de trouver une paroïsse mieux desservie que la vôtre. Je ne Se que des Onze derniers mois, depuis que j'ai quitté l'Université pour revenir résider assidument à mon presbytère. Outre les prônes réguliers du dimanche, la présence habituelle d’un confesseur au tribunal de la pénitence, la régularité des offices sur semaine | et Le soin vigilant des malades, n’avez vous pas eu de nombreux exercises particuliers durant le mois des morts, la prière avec ‘instruction cinq fois par semaine pendant le carême, un sermon à chaque soir du mois de Marie, un grand déploiement de cérémonies aux principales fêtes de l’année ecclésiastique par lappel de secours étrancers, et, dans le cours de l’eté, une retraite pour les enfants, une pour les Demoiselles, une troisième pour les Dames : les secours de la religion et le pain de la parole de Dieu vous ont été distribués, je pourrais dire, avec surabondance, À % . D'un autre côté, ce m'est un plaisir de reconnaître que cette semence divine tombe en bonne terre. Je loue votre bon esprit de paroisse, votre piété, votre charité, votre fidélité à assister aux exercices religieux, votre amour ‘toujours croissant pour la Sainte Eucharistie.

C’est pourquoi je ne doute pas que vous serez fidèles, puis que le temps est arrivé, à vous acquitter de vos promesses envers Dieu qui, sur vos supplications, vous a délivrés du fléau des sauterelles, en particulier de celle que vous avez faite de remettre à la cure une aumône déterminée, ou proportionnée à vos moyens, pour être employée à une œuvre paroissiale, dont il vous sera rendu compte. Déjà Laplaine s'est exécutée : M.

Théodule Corbeil, père, m’a remis entre les mains $58.05 ; il ne reste plus à rentrer que $6.50, pour que tous les engagements pris par cette concession ne soient rachetés. Je prie les différents collecteurs de vouloir bien marquer fidèlement sur leur liste et le nom du donateur et le montant de son offrande,

En terminant, je ne saurais mieux faire que de citer ces paroles de Saint Paul, extraites presque mot à mot, de l’épitre de ce seizième dimanche après la Pentecôte, lesquelles peuvent s'appliquer avec convenance à la circonstance présente :

“Je vous prie de ne pas vous décourager à la vue des tribu- “ Jations que je supporte pour la vérités cest votre gloire. « Je prie le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appar- “ tient toute paternité dans le ciel et sur la terre, de vous « accorder, selon les trésors de sa miséricorde, de fortifier en “vous par son Esprit l’homme intérieur. Que Jésus habite “ dans vos cœurs par sa foi, afin qu’enracinés dans la charité, “ vous puissiez comprendre, avec les saints, quelle est la gran- “ deur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l'amour « divin, Je vous souhaite de connaître la charité de Jésus- & Christ, qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez “ remplis de la plénitude de Dieu. Amen, ainsi soit-il.”

Enfin, je vous demande de réciter aujourd’hui, après la messe, les prières de l’Itinéraire à mou intention, afin qu’il ne m’arrive aucun accident dans le cours du voyage ; et j'espère que chaque dimanche, d'ici à ce que je revienne, lorsque vous prierez pour votre évêque en voyage, à son souvenir vous ajouterez aussi celui de votre curé.

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De Plattsburg à New-York

11 septembre, 1896.

Je viens d'être victime du plus joli Ya nkee trick que l’on l’on puisse imaginer. A Plattsburg, nous avons cinq minutes d'arrêt, J'en profite pour acheter quelques sandwiches, quelques œufs durs, des gâteaux. L'unique servante servait ses clients avec un flegme et une lenteur imperturbables. Je lui passe un cinq piastres, elle n’a pas de change, elle entre dans la maison, revient en me disant avec un sourire d'attendre un peu. Le train n'attend pas du tout. Poup! all aboard. “ M., retirez ce qui m’appartient, et bonjour.” Je n’eus que le temps de sauter à bord du train déjà en marche. Si M. n’était pas restée en arrière pour collecter mon dû, j'aurais Saisi, je crois, trois ou quatre huiliers d'argent et me serais sauvé dans le wagon. Pendant ce temps, sans doute, ma coquine d’américaine riait sous cape dusuccès de son industrie. Arrivé à ma place, à mon tour, je riais tout seul à la pensée que sa ruse ne lui réussirait pas. La première conclusion de cette aventure, c'est que notre séparation a été très prosaïque, faite à la vapeur, bonjour, bonjour !

Revenons à la pratique: quand bien même mon cinq dollars serait perdu pour toujours, il ne faut pas pour si peu se

teindre l’âme de noir, se couvrir l'imagination de nuages, et se rendre malheureux, Jouissons du paysage. Il y a un mois,

par le Vermont Central, je longeais la rive est du Lac

= Champlain; j'en longe aujourd’hui la rive ouest par le

Delaware et Hudson. Je traverse le pays des Iroquois, et

encore d’une de leurs tribus les plus cruelles, les Agniers. 11

n’y a plus de guerriers à plumes pour nous scalper, le seul danger actuel”est de nous casser le cou au fond des précipices sur le bord desquels nous courons d’une course effrénée. |

On se fatigue de toujours regarder, lisons ; maintenant que

la gazette qui parle à cessé de se faire entendre, lisons les cinq gazettes que jai achetées à Montréal, le Star, la Montreal : Gazette et le Herald ; lisons le Samedi et le Truth, Fort Ticonderogæ. — Une demi-heure d'arrêt. Bon, je … 4 vais avoir le temps de prendre une tasse de thé. Je monte à

la maison, c’est la seule de la ville, une vieille fée court, va et | “vient ; rien sur la table, cela n’a pas bonne mine. Je nc { voulus pas risquer un autre cinq piastres Je vais me con. 4 tenter des sandwiches qui me restent de Plattsburg. ! Pour dessert, je regarderai le paysage, qui est incomparable de : rives sauvages, de monts dentelés, de sommets verts, de baies profondes, de pointes hardies : l'Ouest du lac l'emporte sur | VEst, du moins vu d’un wagon de chemin de fer. J’ajouterai | les souvenirs historiques, des échos de batailles passées, des 3 ombres de héros se levant dans leurs tombeaux, les grandes | figures de Tracy, de Jogues, de Montcalm, de Lévis : repas de È

gloire, diner d’orgueil patriotique. L Saratoga.—Le Vichy américain : richesse de résidences et 1

de végétation ; les villages voisins se ressentent de cet air ‘! $

d’aisance, Il fait chaud, les éventails jouent autour de moi ; elles nous donne la seule brise qui vienne tempérer une atmos- * * phère lourde. FR % FFRÈSE Albany.—5 heures. Madenoiselté M. Harvey se prépare à à aller prendre le train de St-Lin ; je soupe avec une sandwich à la langue, deux bananes et une orange.

Avec le soir, la fraîcheur revint ; À Poskepsee je pris une : L

tasse de thé bouillant, cela rachève de me rafraîchir. Nousanrri-

per”

3 Ares

verons à New-York vers 9 heures. Il est 74 heures, aux Laurentides, on parle du voyageur. Le voyageur va cesser

d'écrire, se coucher un peu sur son siège, et songer à St-Lin, à sa vie errante, à ce que Dieu demande de lui, en particulier dans les poursuites présentes. Bon soir !

À 9 heures, New-York. “Voici: mon chèque, donnez-moi ma valise.”--Pas arrivée.” Quoi ! Astaroth serait-il lA:dessous ? 95 h., elle arrive par un autre train, celui de l’Ange Gardien. Je descends au Grand Union Hôtel. Chaud à ne pas dormir.

Le sommeil ne vint qu’à une heure, et à einq heures il s'était envolé.

Hier soir, au dépot, je rencontrai Mer Gravel, il était venu

audevant de Mor Bégin qu’il ne put trouver dans la foule. Ils

traversent par la ligne française. Tout le Canada va se ren-

contrer à Rome.

12 septembre.—Ce matin, à 5 heures, lève, A 6 heures en

route pour le bateau. Je m'installe dans une belle grande chambre : deux lits, j'ignore si j'ai un compagnon, deux guéridons, une grande armoire pour pendre le linge, un large sofa, un œil de bœuf sur l’extérieur.

Je vais déjeûner dans un hôtel. J'écris trois lettres. Maintenant J'attends que nous partions. Je n'ai pas vu encore M. le chanoïne Archambault à bord. Sans le savoir, nous étions au même hôtel. Ce matin, comme je règlais ma note, une main amie me frappa sur l'épaule, Mer Emard, Surprise. Est-il venu ici seulement pour accompagner ou rencontrer M. Archambault ? Je l’ignore, je ne lui ai pas demandé,

Donc, encore une fois, avant de quitter la terre d'Amérique,

avant de lancer nos existences aux hasards des flots, adieu. Si

notre canot de fer allait prendre eau, nous n’en serions pas quitte

— 10 eut "

comme dans le canot d’écorce pour un bain de siège: c’est

pourquoi priez, priez pour nous. Oremus pro invicem.

De New-York à Gibraltar

12 septembre 1896 —Encore sur mer. Dans ma jeunesse j'ai parcouru en bateau le fleuve St-Laurent qui éloigne ses rives l’une de l’autre jusqu’à trente lieues de distance, et le Golfe du même nom aux vagues brisées, traîtresses. Plus tard, j'ai navigué sur les grands lacs du Canada qui s'étendent comme des mers. Plus tard encore, mon canot d’écorce s’est promené sur maints lacs et rivières du nord de la Province de Québec et de la terre de Rupert, il a longé les rivages de la

Baie d'Hudson. Sans parler de ces courses, pour la dixième

fois aujourd’hui je confie mon errante existence aux flots du.

vaste océan, vraiment “voyageur sur la mer de ce monde.”

On s’accoutume à tout, La première fois que je vis la terre ferme disparaître derrière moi, un énorme poids d’immensité semblait m'écraser. D’autres fois, j'ai ressenti les peines de la séparation et de l'éloignement soit pour moi-même, soit pour les autres que je voyais cachant leurs larmes autour de moi. Ce matin d’un œil assez stoïque, je regardais le mouvement qui s’agitait sur le pont et sur le quai, les adieux, les poignées de main, les longs embrassements. Je n’éprouvai que deux émotions d’attendrissement : la première, lorsque la fanfare fit entendre ses sons bruyants, pendant que les uns riaient, et que les autres pleuraient, Ces cuivres ne respectent rien, ni ‘joie ni douleur, Ainsi en est-il de l’homme égoïste. La seconde, lorsque la foule, après avoir suivi jusqu’au bout du quai notre vaisseau qui s’ébranlait, enfin, ne pouvant aller

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- plus loin, s'arrêta, agitant mouchoirs, chapeaux, et poussant

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une vaste clameur, Puis elle se dispersa pour ne plus penser au Kaiser Wilhelm. N'est-ce pas là ce que nous faisons chaque jour ? nous reconduisons en procession silencieuse nos parents et nôs amis au cimetière jusque sur le bord de leur

tombe. Tout se termine par uue clameur de prières funéraires,

puis vient la merde l'oubli.

. Il y a quatre ans anjourd’ui que ma pauvre mère, après avoir dormi quatre jours au salon du presbytère, est allée prendre son sommeil éternel près de la grande croix du cimetière, La tristesse accablante est passée, l'impression reste, le souvenir vivra toujours. Est-elle heureuse ? je le crois. Est-elle réellement absente ? je ne le crois pas, J’ai senti souvent sa présence, je lui ai parlé souvent, et souvent elle m'a donné, il me semble, avec cette sagesse pratique qui lui était propre, des conseils lumineux, non pas pour les agissements de ma vie sacerdotale ou de ma vie publique; (elle ne s'était jamais aveuturée sur ce terrain) mais dans la sphère de mes intérêts domestiques. | 4 Puisque nous avons à nous seul une si belle chambre, mettons-nous à l’aise. Surles tabletttes du premier guéridon je mets brosse à linge, brosse de soie, brosse à dent, peigne, éponge, razoir et pierre à aiguiser. Le second reçoit bréviaire dictionnaire, Écriture Sainte, Jésus-Christ médité, l’Imitation, et un livre profane que je me propose de lire pendant la traversée.

. Dans l'armoire, je pends capot, devants de chemise, soutanelle, et mon chapeau de feutre afin de le rendre à sa forme première, injurié qu'il est par un long séjour au fond de ma . valise trop étroite. Le lit supérieur me sert de décharge pour mes planchettes, mes cahiers et mes brochures, et sous le lit inférieur se logent mes petits souliers et mes valises, légères,

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grandement soulagées. Il n’y a qu’une chose à craindre, cest,

que le gros vent ne vienne porter dans ce bel arrangement le désordre.

Pour le moment, la mer est calme, pas de soleil, les nuages nous laisse voir des morceaux de ciel bleu, Ni chaud, ni froid, une petite brise alisée. Le haut bonnet sur la tête, les lunettes bleues sur le nez, assis sur la chaise longue que j'ai louée, je fais face au pôle nord, j'écris et je regarde du côté de St-Lin, Par l'imagination, je vois dans le lointain le clocher de l’église, la galerie du presbytère, et mes petits lacs sans eau, Vivez heureux, en paix, dans la maison que je vous ai faite belle, Mais assez, il ne faut pas en tarir la source aujourd’hui, si je veux que cette conversation écrite puisse couler tout le

long du voyage.

13 septembre, Dimanche.—Je me réveillai au bruit d:s cuivres qui jouaient un air religieux, solennel et mélancolique, Ces sons lointains, m’arrivant par le mystérieux des corridors me semblaient comme l'écho de voix angéliques qui m'invitaient à la prière et à la méditation dominicales. Sans me lever, je pris mon livre, et derrière mes rideaux, comme dans une cellule d’anachorête, je lus et méditai. Je m’unis aux diocésains de Montréal pour fêter la fête patronale de l’archidiocèse de Marie.

Et momen Virginis Maria, Luc 1. 27.—Le Seigneur a rendu votre nom si gloriex que la bouche des hommes ue cessera de vous louer. Judith, XIII, 25. Maria exaltata. Excellente, transcendante, élevée, supérieure à quiconque n’est pas Dieu.— Maria Domina. Maitresse et souveraine..— Maria amaritudinis mare, Mer d’amertume, océan de douleurs,

confluent de toutes les désolations,— Maria, stella maris

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Etoile de la mer, astre qui luit sur le monde, qui rend lespérance à ceux qui naviguent dans la sombre nuit, Protégez votre navigateur !

Marie nous donne un bien beau jour, Le soleil éclaire, tempéré par les flocons de laine blanche,et les éponges moël-

leuses qui se promènent dans l’espace. La mer est calme, pas

de ce calme plat qu’elle avait hier, mais avec des ondulations

longues et mollement sinueuses. Le vaisseau à des airs de cheval fringant qui s’ambitionne au trot, en secouant sa cri- . nière. | #

À 9% heures, je me transportai à à l’église de St-Lin par limagination et le cœur. dJ'’entendis la masse flottante des voix roulant sous les voûtes. Je vis M. Martel montér en chaire

pour faire ses annonces ; la foule dressa les oreilles, lorsqu'il

se mit à déployer une certaine lettre, Il y eut euriosité, mais

pas de surprise, car la nouvelle était eonnue depuis la veille.

Un nouveau prêtre officiait à l'autel, il avait les cheveux roux, fluet, grand: ai-je bien vu? de lui souhaite la bienvenue sous mon toît et dans ma paroisse, J'espère qu’il y sera heu-

reux, et que, quand il en devra partir, il en emportera les

meilleurs souvenirs.

Comme instruction, je lus l’évangile du jour. “J ésus vint « dans la maison d’un des principaux Pharisiens pour manger ‘]e pain avec lui le jour du Sabath, et les Pharisiens l'obser- “ vaient. Ilse trouvait à avoir devant lui un paralytique. “ Jésus dit aux pharisiens et aux docteurs de la loi: “Est-il “ permis de guérir le jour du Sabath ?” Ils ne répondaient “ pas. Pour lui, prenant le malade par la main, il le guérit et “ le renvoya. Puis, répondant à leur pensée, il leur dit : “Qui « de vous verrait son âne ou son bœuf tombé dans un puits, et

“ ne le retirerait pas immédiatement le jour du Sabath ?” Et

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“ ils ne pouvaient lui répondre.”

Et j'admirais la bonté et la charité du Sauveur qui gnérit le corps du paralytique et voulait guérir l'âme des Pharisiens. Puis revenant à moi, je me disais: “La fortune du Canada est tombée dans un puits, pour aider à l’en tirer je peux sans scrupule manquer la messe aujourd’hui et dimanche prochain.”

“C'est une pensée d’orgueil, me direz-vous, pourquoi Dieu vous aurait-il choisi pour cette besogne ?” Parce que, pour

faire ses œuvres, il a toujours recours à ce qu'il y à de plus.

petit et de plus faible: Elegit ignominia mundi. David

n'avait qu'une fronde, Le reste de l’évangile me dit quoi

faire. ‘

“Il rapporta une parabole à ceux qui étaient invités, remar- “quant comme ïls choisissaient les premières places à table. “ Lorsque vous aurez été invité aux noces, ne vous asseyez pas ‘“ à la première place, de peur qu’un autre, plus honorable que “ vous, n'ait été invité aussi ; et que celui qui Vous a invités “ tous deux, ne vienne et ne vous dise : faites place à celui-ci. “ Alors vous descenderiez à la place la plus basse avec honte. “ Mais, lorsque vous aurez été invité, allez vous asseoir À Ia “ dernière place, en sorte que, quand celui qui vous aura invité “arrivera, il puisse vous dire :, mon ami, montez plus haut, “ Alors vous aurez de l'honneur devant ceux qui seront assis à “ la table avec vous. En effet, celui qui s’élèvera sera abaissé,

“et celui qui s’abaïssera sera élevé.” |

Je récite les premières Vêpres et les Matines de la fête de demain, l’Exaltation de la Sainte-Croix : rien de plus beau que les antiennes et les capitules de ces différentes heures ; les hymnes en sont incomparables. Je fais, tant bien que mal, du “Vexilla Regis”, une traduction qui va sur l'air de “O Crux ave spes unica.”

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