UNIVERSITY OF VICTORIA
LIBRARY Victoria, B. C.
NÉE dUlee
J’allais dire : assez pour aujourd’hui, lorsque, M. Desrosiers qui pense à tout, pensa aux Quarante-Heures de Saint-Lin. Il est six heures à Rome, par conséquent midi aux Laurentides. Tout le monde est à la table, les noix et les biscuits de Collin passent, les souris circulent sans bruit autour des convives, les
‘ paroles se croisent, les rires se succèdent, le desservant offre à
droite et à gauche, etc., etc., enfin nous voyons cela d'ici.
A huit heures du soir, M. Ferland prend la parole : “ Or ça, je pars demain, c'est ma dernière veillée, je veux en avoir le cœur net du journal de Mademoiselle Philomène. ” Alors, M. Desrosiers, d’une voix claire et lente, nous promène de Saint-Boniface à travers limmensité des prairies, le merveil- - Jeux des Rocheuses, les grâces du détroit de Fulca, jusqu’à la ville de Victoria, habillée de rosiers. Puis, comme c'était la soirée d'adieu, onze heures nous susprirent jasant,
Samedi, 14 novembre. — Donc, à midi, M. Ferland prenait le train pour Lorette, Venise, Milan, le Saint-Gothard, la Suisse, Lyons, Paris, probablement la Belgique, et Liverpool. M. Desrosiers, que tous ces débarquements et embarquements auraient fatigué, a préféré jouir encore quelques jours de Rome qu'il aime autant que moi, et ne partir que pour aller rencontrer son compagnon à Liverpool : ce qui lui donne encore dans la Ville Eternelle envhon une couple de semaines.
J'ai passé une assez bonne nuit. La nécessité est la mère de l'industrie. Aussitôt que je me réveillais, je me levais et me promenais dans ma chambre ; puis reposé, je retournais à mon lit. Je fis ce manège cinq ou six fois, de minuit à huit heures, et pus goûter assez de sommeil pour réparer mes forces démantibulées.
Visite de M. L, grouillante de nouvelles, pleine d'intérêt.
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Intéressant, en effet, il est de ce temps-ci de suivre les variations du baromêtre,
Je sonne l'infirmière, C’est la sœur Colombe qui apparait, j'eus le loisir de lui passer les compliments de mademoiselle P., elle s’informa de la voyageuse au long, en fit de grands compliments, et termina en disant : ‘“ elle est bonne, elle est sérieuse, elle est pieuse, mais pas bigote. ”
Nous sommes à la porte d’un tournant plein de conséquences, à la veille d’un incident gros de futur, au climax d’une question mûre d’études, et, selon son habitude, l'infernal ennemi Astaroth fait des siennes, et me tape sur le dos. Rira bien qui rira le dernier.
Dimanche, 15 novembre. e pourrais écrire mon journal moi-même, M. Desrosiers ne le veut pas, il me faut bien obéir.
Nuit passée à me lever, à me coucher, à dormir une demiheure, à me relever, à me recoucher et à ne pas dormir.
Après dîner, M. Desrosiers part pour aller passer la grande demi-journée au Collège Canadien. Je lui dis que je n’irais le rejoindre qu’à quatre heures ; seul, assis dans mon grand fauteuil, sans pouvoir lire, je commençais à m’ennuyer, lors-
que la muse bienfaisante vint me faire visite, et m'inspira de
chanter les trois poulets de Malvina, enlevés à la fleur de leur âge, par une mort violente, au grand chagrin de leur mère nourricière. La même poste vous portera cette nouvelle page ajoutée à notre chansonnier laurentidien.
A quatre heures, j'étais au Canada, -rencontrant en même temps ou successivement Mgr Gravel, M. le Grand-Vicaire Thibaudier, M. le chanoine Archambault, M. le Principal Rouleau, M. le curé Lizotte et, he last but not the least, Mgr
Die ta La
Tarnassi.
Comme la nuit se présentait encore sous des couleurs qui n'étaient pas roses pour moi, nous ne la commençâmes qu'à minuit, passant la veillée en douce jasette. Le chapelain, M. « Carozzi, qui avait coutume de venir de temps en temps passer quelques quarts d’heure avec nous, les pieds sur les chenets, viut ce soir nous faire ses adieux. Il part demain matin, après un séjour de six ans. à Rome, Docteur en Lettres et en Philosophie, pour son pays, Ascoli Latriano, où il sera Professeur au petit Séminaire épiscopal. Son départ créera un vide, nous l'aimions beaucoup, prêtre dans toute la force du mot. Les vides se multiplient ; après M. Ferland, partait M. Lefay” chapelain à Tours. Il ne reste plus à notre table, à part nous, ‘que M. Urdineta, le brésilien, M. Fereira da Ponte, caractère paisible et tranquille, uu ecclésiastique d’Algers, d’un nom allemand qui ne se retient pas, lequel vient à Rome suivre les cours des uuiversités, et M. Pouan, chanoine de la cathédrale de Tours, homme instruit, original, puits d’anecdotes et de ren-, seignements, exposés de la manière la plus intéressante et quelques fois la plus comique, grande source de distraction et d’'amusements pendant nos repas, qui dépassent souvent une heure entière.