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spectacle, aller par l’intérieur de la campagne et revenir par le bord de la mer. Nous entrâmes dans des champs de vignes qui poussent d’une bautenr et d'une exubérance extraordinaires dans cette terre brune, légère, profonde, rien autre chose que la lave des volcans pulvérisée, sol d’une fécondité inépuisable, C’est dans ces vallons, sur ces côteaux qu’on cueille les raisins renommés, dont ont fait les vins du “ Lacryma Christi ”, et du “ Falerne ” si souvent chanté par Horace. “ Vous êtes ici, me dit mon guide, au milieu de ce qu’on est convenu d’appeler les Délices des Romains. Nous marchons sur des ruines ; ces collines, au temps ancien, étaient toutes couvertes de villes florissantes. Chaque coup de pioche se heurte à la pierre d’une fondation. ”
Nous arrivons à la Sulfutare, cratère d’un volcan éteint, bassin ovale entouré de collines de pierre ponce. Le sol en est creux ; pour un sou, un homme soulève dix fois un caillou qui, en tombant, ébranle la terre sous nos pieds et produit un bruit de tonnerre sourd. De distance en distance, s’entr'ouvrent des ouvertures appelées fumarolles, d’où s’échappent de la fumée et des évaporations suffureuses. Mettez-y un œuf, en moins de trente secondes il est cuit. 11 y a ici des cavernes où les poitrinaires viennent prendre une suerie de vapeurs de souffre. Je pénétrai assez avant dans nne de ces gueules béantes : quand j'en fus sorti, un gardien y promena une torche allumée, il s’en échappa de longs tourbillons de flamme, on aurait dit une incendie. Ce cratère presque entièrement éteint a-t-il des communications souterraines avec les entrailles enflammées du Vésuve ? plusieurs le croient. Ce spectacle était pour moi plein d’un vif intérêt, d'autant plus que je n'avais pas, une heure auparavant, l’idée de l'existence de pareille chose. Je préfère réellement cette visite à celle du Vésuve, où vous ne
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. pouvez impunément approcher de trop près du cratère en éruption, où vous ne voyez après tout que noirs tourbilions de fumée et de cendre qui, à la fin, vous aveuglent et vous suffoquent.
De là, nous montâmes sur les hauteurs en arrière de Pouzzoles. “Voyez, disait mon guide avec enthousiasme, voyez le paradis de l'Italie, cette baie incomparable, ce golfe qu'on dirait fermé de tous côtés, tellement que vous vous croiriez en présence d’un systême compliqué de langues de terre, de détroits, de baies, de lacs, de promontoires. Ici, à droite le Cap Misène, Vile Prosida, Ischia, à vos pieds le rivage de Pouzzoles et l'ile de Nisita, sur notre gauche’ le Cap Pausilipe, Naples la ville reine, le Vésuve avec sa colonne de fumée, en face Castellamare et les montagnes de Sorrente aux sommets
* enuverts de neige, Capri, l'île de Tibère, aux gréttes d'azur.
Voyez! Voyez !”
A A Pouzzoles, (la vraie Naples du temps des Romains) je me rappelai que St-Paul y passa sept jours, dans son voyage de Jérusalem à Rome, lorsqu'il én appela de la poursuite des Juifs à César. En effit, au dernier-chapitre des Actes des Apôtres, il est dit:” (De Règhes) nous arrivâmes le second jour à Pouszoles. Nous y trouvâmes des frères, ils désirèrent
® nous garder avec eux sept jours, après quoi nous partimes pour Rome.”
Pour nous, nous y restàmes qu'une demie-heure, juste le temps de voir les ruines du temple de Sérapis et de lamphithéâtre. Allons vite; de ces choses, tous les livres en parlent; vite, vite, en route pour les Enfers, suivant la belle route au bord de la mer, passaut devant la manufacture de canons d'Armstrong (où ne trouve-t-0n pas ces Anglais? ) longeant sur notre droite le lac Lucrin, réservoir de poissons pour
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