LAC DES.DEUX MONTAGNES
Lac enchanteur, o lac des Deux Montagnes, Toi, sur les bords duquel je vis le jour ; Toujours j’aimai tes riantes campagnes,
Du toit natal le paisible séjour.
Que j'aime encore à revoir agréables
les rives, o Lac, pour moi pleines d’attraits, Tes bords vêtus de bocages d’érables,
Tes bois si verts, tes ombrages si frais.
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Aux jours d'antan, que d’heures enivrantes,
Tranquille, assis sur ton rivage heureux,
Je passai, Lac aux ondes miroitantes, À contempler tes grands horizons bleus. ; Les deux sommets de tes monts admirables
Encor couverts de leurs vieilles forêts ;
Tes bords vêtus de bocages d’érables,
Tes bois si verts, tes ombrages si frais. ;
Je contemplais, dans le miroir des ondes, Le firmament se reflétant d'azur,
Où le soleil s’éteignait sur le monde,
Le soir, dans un mystère clair-obscur ;
Ou, sous mes pieds, ondoyant sur les sables L’astre des nuits baignaït ses pâles traits ; Ces bords vêtus de bocages d’érables,
Ces bois si verts, ces ombrages si frais.
Les souvenirs d’un passé plein de gloire
Se réveillaient sur la grève endormis :
Les Iroquois, enivrés de victoire,
Comme des loups chassaientleurs ennemis ; L’apôtre, en ses courses infatigables, Sanctifiait, promenant ses bienfaits,
Ces bords vêtus de bocages d’érables,
Ces bois si verts, ces ombrages si frais.
Le grand Champlain, sur son canot d’écorces, D'un continent ouvrant les profondeurs,
Là, sous les pins, la nuit, refit ses forces
A la clarté de blafardes lueurs ;
. Nouveau héros des héroiques fables,
Joliet vit, salua, passant près, Ces bords vêtus de bocages d'érables, Ces bois si verts, ces ombrages si frais. ‘
RL
Beaux jours d'été, jours de fraiche jeunesse, Pourquoi couler vite comme ces flots ?
Arrêtez, jours de tranquille allégresse,
Trop tôt viendront les chagrins, les sanglots. Il fait si bon, jouissances délectables,
De parcourir sans soucis, sans regrets,
Ces bords vêtus de bocages d’érables,
Ces bois si verts, ces ombrages si frais.
Mais l'avenir, par derrière son voile, Apparaissait plein d'épouvantements :
Quelle sera là-haut pour moi l'étoile, Brillant au sein de tous mes errements ?
Sondant de l’œil les ondes insondables, Rêveur, cherchant la clef d’obscurs secrets, Je parcourais ces bocages d’érables, Ces bois si verts, ces ombrages si frais.
{ Soyez cet astre, Etoile bienfaisante Dont la lumière éclaire au paradis ; Toujours guidez, sur la mer inconstante, Ma frèle barque au milieu des roulis ; Et quelquefois, par des vents favorables ; Ramenez la vers ces rives de paix, Ces bords vêtus de bocages d’érables, Ces bois si verts, ces ombrages si frais.
PPPPR ETES
J'allai réciter bréviaire dans deux églises du voisinage, le Gesu et Saint Dominique. Le Gesu est éclatant de fresques de tableaux et de marbres, mais il est peut-être surchargé de
richesses et de splendeurs. Certainement Saint-Ignace est ici surpassé par le somptueux Saint Dominique, avec ses dorures, ses colonnes accouplées, ses nombreuses chapelles ornées de magnifiques tombeaux, ses madones richement habillées, ses statues de rois normands couchés dans leurs armures, et soi crucifix qui parla à Saint Thomas: “Bene scripsisti de me Thoma, quam ergo mercedein recepies ? — Non aliam nisi te
Je ne pouvais quitter Naples sans faire une visite à son pa-
tron, Saint Janvier. de laissai de côté l'examen de ce que
j'avais déjà vu plusicurs fois, ses hautes tours, son gothique dans le style français, ses voûtes en ogives, et je me bornai à du nouveau : la chapelle de Saint Janvier, croix grecque SUTmontée d’une coupole, portique en marbre verdâtre, 8 autels, 42 colonnes de brocatel, tabernacle avec bas relief d'argent qui renferme le sang de St-Janvier; 2e la-confession de St-Janvier, avec colonnes antiques, où se trouve le tombeau du Saint ; ‘3e Ste Restituta, chapelle sur la gauche, qui fut l'ancienne cathédrale ; 4e enfin la chapelle Minutolo, que me fit visiter un sacristain, parlant avec une volubilité de pie un français rococo, c'était à crever de rire. Jugez-en vous- mêmes. Ce sacristain a eu l'audace d'imprimer s6n style baroque, et il à le toupet de vous le vendre un franc. Ci-annexée la petite brochure, dont j'ai collectionné ici les principales perles.
«Le but auquel mire cette écrit n’est pas de donner une his- “ toire complète, ni de faire une description détaillée de la Cha- # pelle, mais seulement de donner une touche en passant de ce “ qu'il y a de plus remarquable...Devant elle a une espace, qui “ Jui appartient, où à droite de l'entrée il y avait une autre cha-
— 174 — si | “ pelle annexée, dédiée au Saint-Esprit, construite dans ce lieu-là “ dès l'an 1405, laquelle à instance de l’Eminentissime Cardinal “ Archevêque Philippe Giudice Caracciolo (qui vers l'an 1841 en- ‘ treprit le magnifique ouvrage du raccommodage et de l’ornement “ de toute la Cathédrale) fut pour nécessité de l’eurythmie d’ar-
‘ chitecture, avec le consentement du Prince de Canosa Fabrise
‘ Capece Minutolo, unique patron, remuée de ce lieu-là et trans- “ portée dans la Sacristie de la Chapelle, où présentement se trouve. “ Aux deux côtés du tombeau on voit en haut deux peintures à la “ fresque représentantes Jésus Christ ressuscité qui parait aux ‘ pieuses femmes, de Jésus crucifié avec les abois de la passion et ‘“ mort... Furent à ro octobre 1721 ouverts les cercueils et parmi “ eux celui-là de l'archevêque Philippe Minutolo pour en extraire “la dépouille mortelle et la transporter, comme ïil le fut, dans “ l'hypogée de la Chapelle, c’est-à-dire dans la chambre souterraine # de la sacristie. C'étaient passés 420'ans de la mort, et en sont pas- ‘ sés encore 162 de l’exhumation jusqu’aujourd’hui, en tout 582, où “peu moins de six siècles, et malgré cela le cadavre de l’archevé-