‹ Dans la ville eternelle pendant que se discutait au Canada la question des écoles du Manitoba. Journal de voyageChapitre 72 sur 76 · PT PE AE · texte numérisé non relu

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missions, et à s’appercevoir que mon voyage n’est pas sans résultat. Tout a été suspendu, afin, sans doute, de laisser le temps au calme de rentrer dans les esprits. Grandes inquiétudes dans certaines sphèrés ; le pays ressemble au fumoir du Collège Canadien, lorsque nous y allions tâter le pouls de l'opinion, et constater les variations des espérances. Aujourd’hui comme avec alors, je file mon chemin tranquille, sachant

parfaitement ce qui va arriver. Mais nous parlerons de ces

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choses plus au long, lorsque vous viendrez nous voir. Votre serviteur dévoué.

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15 février, — À M. J. G. P. — … Le malheur est que probablement, avant coup, on essaie de préjuger l'opinion ; que, après coup, on essaiera de tourner de hauts et nobles enseignements au profit de causes plus ou moins avariées, Le danger est que ceux que l’on dira visés et condamnés, finissent par le

“croire, et murmurent contre des principes indiscutables auxquels leur conduite échappe par plus d’un côté, et qui ne les visent pas plus que les politiciens qui trouvent bon d'utiliser

Le sentiment religieux à leur profit.

Pour ma part, je crois voir à travers tout cela comme à tra-

vers une glace limpide. Rome nous donnera le calme, la modération, le juste milieu ; ‘et la bonne Providence nous sauvera

encore une fois. Attendant votre visite pour bientôt, je demeure, avec beaucoup d’amitié, votre tout dévoué serviteur. Février, 17.—A M. J. D.— Votre lettre du 10 janvier, après être allée se promener sur les sept collines de la Ville Eternelle, est venue me rejoindre dans la plaine de St-Lin. Elle m'a fait tant plaisir que je veux y répondre de suite, Vous avez écrit une page de philosophie : “On dirait ‘“ que le feu est la mêche, et que la mine va éclater. Qu'en résultera-t-il ? Dieu seul le sait, Les fragments de l’explo- “ sion produiront probablement des désartres en certains quar- “tiers. Tant pis pour ceux qui se seront exposés téméraire- “ ment. Il y aura des déceptions imprévues, des prétentions “ rabattues, des ambitions contrariées, des personnalités amoin- “ dries, des droits méconnus, des succès temporaires qui ne réus- “ siront plus, des étoiles qui fileront, des hommes qui passeront ; “ mais la vérité et la justice de Dieu resteront, du moins en “ principe d’abord, puis en pratique par la suite. ?

LONOERRE L:

Ce que je regrette en tout cela, c’est que des influences véné-

rables auront peut-être à souffrir momentanément, à raison de

paroles et d'actes, inspirés sans doute par Le zèle, mais non pas pénétrés de prudence, de calme, de calcul, de sang-froïd, de cette conduite dont la vérité elle-même a besoin pour son triom-

phe complet au milieu des tiraillements humains. Saint Paul le dit: Non plus sapere, quam oportet sapere, sed sapere ad

sobrietatem. L’imprudence chez le sage retarde la victoire du

vrai plus que la malveillance de l’adversaire.

Vous ajoutez : “ Il paraît que l’épiscopat de la Province

de Québec va parler et agir. ” Je l’espère bien, en son temps.

Peut-être avez-vous cru qu’il le ferait plutôt, renseigné à distance par des empressés qui gâtent tout. Je vous avoue que

je préfère la conduite de nos évêques qui semblent vouloir y

aller lentement, mais sûrement. En définitive, le salut nous :

viendra de Rome qui nous prêchera en même temps l’obéissance à l’autorité, le respect des opinions libres, la modération dans la force, la force dans le calme, le devoir qu'il y a pour les catholiques de ne pas combattre le sentiment religieux, ni non plus de ne pas l'utiliser comme un moyen humain dans la

poursuite d'intérêts douteux.

De ce brohaha malheureux, de ce gâchis, de ce cahos où s’agitent toutes les passions, il finira, par un effet de la miséricordieuse Providence, par sortir un bien, l’élucidation dans la pratique d’un principe .jusqu’ici trop incompris dans notre monde politico-religieux :. pour plusieurs, trop entiers dans

leurs idées nées d’études ex parte, d’un côté comme de l’autre,

il faudra mettre de l’eau dans leur vin. Après quelques années, nous admirerons les voies par lesquelles le bon Dieu nous

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