‹ Dans la ville eternelle pendant que se discutait au Canada la question des écoles du Manitoba. Journal de voyageChapitre 76 sur 76 · RUES · texte numérisé non relu

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tations, d’insinuations, d’accusations plus ou moins gracieuses. J'ai gardé le silence le plus complet en public, et-je ne me suis L pas défendu, ne voulant pas m’exposer à faire tort à des intérêts que je respecte à l’égal de ma vie. | Une de ces accusations allait à dire que j'étais allé combattre les évêques auprès du Saint-Siège : la chose aurait été étrange,

comme j'ai passé ma vie au service direct et actif de mon supérieur ecclésiastique et de l’épiscopat en général. Pour repousser une telle accusation, je n’aurais eu qu’à publier ce que j'ai écrit à mes paroissiens avant mon départ pour Rome, pen- . dant mon séjour à Rome, après mon retour de Rome, déclara- -tions dont je me permets de vous envoyer ci-jointe une copie. En terminant, je dois dire que ces nuages qu’on a essayé d’accumuler sur ma tête vont se dissipant de jour en jour, et le temps pourrait bien redevenir plus beau qu'auparavant: la réaction est en proportion de l’action, le reflux en proportion du flux sur les grèves de l'Océan. Cette petite tempête ne m'a pas effrayé, j'ai confiance dans l'étoile du devoir. Les bonnes actions, surtout une suite de bonnes actions, ne restent pas toujours inconnues, même sur la terre. ne |

Juin, 15.—A M J. P. D.—Il y en a qui veulent absolu- : 4 ment être humiliés. Dans cette abstination, il est difficile de trouver le souffle de l'esprit de Dieu. L'esprit de parti, l’orgueil froissé et la recherche de soi-même semblent y avoir plus de part que les intérêts de la religion et la gloire de Dieu. Je ne mets pas en doute la sincérité. Mais l'expérience des hommes nous prouve que bien des sincérités sont le fruit de motifs humains et de poursuites passionnées. De ce vertige, & tem-

pestate libera nos, Domine.

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Vous savez que les paroissiens l’année dernière avaient promis, s'ils étaient délivrés du fléau des sauterelles, de faire une aumône pour élever un ex-voto en mémoire de cette faveur. L'aumône a été collectée à la fin du mois de mai par des

| hommes de bonne volonté qui ont passé dans les différentes

côtes, et a praduit une somme de plus de 400.00. Dimanche | dernier nous fimes une procession autour du cimetière, venant nous arrêter au pied de la grande croix à l'endroit même où douze mois passés, les sauterelles avaient été conjurées. Je dis aux paroissiens que l'argent m'avait été donné pour en faire ce que je voudrais ; mais je voulais consulter, sur l’usage auquel

il serait destiné, les donateurs eux-mêmes. On pourrait élever

un monument en pierre dans le cimetière, ou construire une petite chapelle, ou doter l’hospice ‘d’un second étage. De là nous nous rendîmes devant la porte de l’église, et il fut décidé à l’unanimité que l’on bâtirait une chapelle sous le vocable de Notre-Dame des Sepps Douleurs de Campocavello. Elle s’élevera à 15 pieds du cimetière, à 25 pieds de la rue Morin, sur

mon terrain, près du hangar qui devra partir de là. J'étais

fier, Déjà, j'ai fait demander un architecte. Je voudrais bâtir un octogone surmonté d’une coupole.

* Juin 29.—A. M. J. D.—Ce que vous dites de son Excellence le Délégué Apostolique me va parfaitement. Sa résever

etsa prudence feront plus pour le redressement de nos droits

que les discours les plus éloquents, mais dont l'effet, pour être trop fréquemment répété, ne fonttrembler personne. Rome nous

sauvera par une action lente, uniforme, persévérente et sûre, Je

* ris quand je vois les uns dire que le délégué fermera les écoles catholiques et forcera les évêques à accepter, tel quel, le règle-

respect et de leur soumission, dire tout bas que cest un mal

° ses résultats de bénédiction, mais ils en seront diminués en Re

ment de l’automne dernier. Je m'afflige dans mon cœur quand : j'entends les autres dire, tout en protestant tout haut de leur

heur que le Pape ait envoyé un délégué, que c’est une humilia- AP

tion, que ce sera un coup manqué, etc, etc. Non, le coup aura

proportion de la défiance qu ’on apportera dans l’obéissance. PE Je puis dire qu'ici l'opinion change beaucoup sur la manière d'interpréter mon voyage à Rome, mes actes et mes paroles, : non, pas mes paroles, puisque je ne parle pas, je veux dire mon silence. Cependant je ne me cache pas que, par des supposi-

tions et des interprétations moins que bienveillantes, on m'a

fait un tort qui, en certains quartiers, durera longtemps. Peu 554 importe, j'ai voulu travailler pour Dieu, et la vie n’est pas lon- :

gue Tout pour la religion et pour la patrie.

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