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regarde, je crois devoir protester auprès de vous. J’enverrais bien cette protestation au journal, mais l'expérience m'a prouvé que c’est inutile : ou on ne publie pas l'explication ; ou, si on la publie, on la fait suivre de commentaires qui rendent le remède pire que le mal.
Done, entr'autres choses, la Presse dit : “Nous savons que î Sala requête des 45 députés et sénateurs catholiques libéraux, “ appuyés à Rome par M. l'abbé Proulx et par M. Drolet, a
« été accueillie par un refus péremptoire. Ceux de nos évê-
“ ques qui étaient encore à Rome à ce moment, reçurent l’as-
« surance formelle que le Saint-Siège n’enverrait pas d'ablégat “ au Canada, pour faire une enquête sur leur conduite pendant “ ]es élections.” ;
D'abord, je n’ai rien eu à faire avec la requête des 45, et par conséquent je n’ai pu l'appuyer à Rome.
Ensuite si cette requête a été accueillie par un refus, supposé à que ce soit le cas, il est inexact de dire “ ceux de nos évêques
qui étaient encore à Rome en ce moment >’ car des trois
. évêques canadiens qui sont allés à Rome l’automne dernier,
Mor Gravel est parti de la Ville Eternelle le 18 de novembre, Mer Labrecque le 23, et Mer Bégin le 24. Or, à ma connaissance personnelle, certainement, rés certainement, la requête des 45 députés et sénateurs n’était pas encore arrivée à Rome le 18 de décembre, c'est-à-dire vingt-cinq jours après le départ de Mer Bégin. Comment aurait-il pu y être au moment qu’elle aurait été refusée ! |
Après cela, et je n’ai pas besoin de relever autre chose dans Particle qui ne me regarde plus, n est-il pas comique de voir le
ton d'assurance que prend le journal, de l’entendre dire :
« nous allons dire carrément ce que nous savons... nous Sa VOnS
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que... la logique des faits est d'accord avec nos informa-
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Son Excellence Mer Merry del Val doit être surpris d'apprendre dans la gazette quelle est sa mission au Canada, aussi - surpris que j'aurais pu l’être à Rome d'apprendre par la même voie qu’elles y étaient mes missions multiples, changeantes, contradictoires. Mais non, il n’est pas surpris, comme son séjour au milieu de nous a dû lui montrer comment sont rédigés bon nombre de nos journaux, inspirés par l'esprit de parti ou le besoin du moment,
Mai, 10, AM. JG, P=Dénan la votation, Tout est: on ne peut plus calme. Impossible de moins s’en mêler que | je ne le fais. Comme il ne m’en coûte pas de me comproiettre d’avance, mon opinion est que le candidat qui gagnera. dans le Comté de l’Assomption, n’aura pas une majorité très
considérable. La présence du Délévué à été un calmant sur. les Adour électorales,
Vous dites, dans votre lettre du 4, à propos de la fête ° (ee aisée en l'honneur de M. l’Académicien Brunetière : J'est le développement du programme conçu au principe, faisant des bâtisses actuelles le centre intellectuel de la ville et des
grandes réceptions.” Parfaitement dit. J’é éprouve du succès de l’entreprise universitaire une grande joie, douce et calme, aussi profonde que profond est mon isolement, Je bénis le bon Dieu d’avoir permis cette solitude, cette retraite et ce silence. Non seulement je l’accepte avec reconnaissance, mais
au besoin jy donne et y donnerai volontiers les mains,
Mai, 12.—A. M.9.P. D.—Iis savent bien matrice que le Délégué Apostolique est venu pour autre chose que ce
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qu'ils disent. Si c’était seulement pour la question des écoles, comme ils affirment qu’il a manqué son coup sur ce point, comment se plaindraient-ils que sa venue est préjudiciable à l’autorité des Evêques.
Ils disent que le Cardinal T, a été blâmé. Par qui? Pas par le Pape, sans l'autorisation duquel rien n’a été fait ? I1 l'a été par leurs amis et par eux, voilà tout.
Ils ont été scandalisés de ce que M. X. a dit du Cardinal M. Les voici qu'ils parlent du Cardinal T. avec la
même lécèreté. Ils ne veulent pas voir que celui-ci n’a
fait que continuer et compléter la conduite de celui-là.
Juin, 4—A. M. T.F.—J'ai reçu le premier de ce mois votre honoré lettre, datée du 15 mai dernier.
De ce temps-ci, je vis au fond de ma solitude des Laurentides aussi heureux qu’on peut l'être, quand on est convaincu
d’être à la place où Dieu nous veut, Ma mission à Rome et ail-
| Jeurs a fini avec la vie de Mer Fabre. Il est mort le lende-
main de mon départ de Gênes. Actuellement, sur toutes les
questions publiques qui passionnent les esprits dans notre
pays, je ne dis rien, je ne fais rien. J'administre ma paroisse, avec le secours de deux bons vicaires qui font la plus grande partie du ministère actif ; je me suis réservé presqu’exclusivement la prédication. Outre les dimanches, pendant le carême je préchais quatre fois par semaine ; pendant le mois de Marie, tous les soirs. Le dimanche, j'explique l’évangile selon Saint Mathieu : la semaine, j'ai donné une cinquantaine d'instructions sur les moyens d'arriver à la perfection ; le désir qu'on doit en avoir, le choix d’un directeur, la lecture spirituelle, la médi-
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tation, la prière, la présence de Dieu, l'examen particulier, la confession et la communion fréquentes, la dévotion envers les Saints et surtout envers la Sainte Vierge. Après la vie de distractions extérieures, affaires contentieuses, affaires d'argent, affaires politico-religieuses, cette occupation m'était douce : j'avais l’occasion de repasser ce que j'ai appris, d'apprendre ce que je ne sais pas, et, à force de verser dans son âme tant de bonnes pensées, il en restera peut-être quelque chose,
Par manière de distraction, je cultive et j'améliore un jardin de plusieurs âcres qui entoure ma maison, j'y fait des plantations, pommiers, cerisiers, pruniers, gadeliers, groseilliers, des arbres d'agrément, ormes, érables, frênes, pins, sapins, cèdres, épinettes ; je sème des légumes, oignons, concombres, melons, laitues, cresson, rhubarbe, salsifis, céleris, radis, carottes, choux,
choux de Siam, navets, betteraves, poireaux, cumin, tomates,
baume, persil, cerfeuil, sans compter les fleurs aux espèces et
aux couleurs variées ; je ne n’églige pas la vigne, en ayant plus de cent pieds en plein épanouissement, dont bon nombre me donneront des fruits cette année. À quelques pas de ma porte, utilisant un ravin qui y passait, j'ai fait creuser deux étangs, l'un pour le plaisir de mon personnel, l’autre pour celui des habitants de ma basse-cour, poules, pigeons, canards, oies qui s’y baïgnent comme des cygnes, et qui crient de leur voix de clairon comme leurs frères classiqués du Capitole. Si à tout.
cela vous ajoutez la visite de mes amis qui viennent me voir.
de temps en temps, la causerie de chaque soir avec les person-
nes de ma maison sur le balcon sous le regard des étoiles, un
peu de chant, un peu de musique, vous admettrez que j'aurais
bien tort de me trouver malheureux, et de ne pas remercier le
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» » — 283 — bon Dieu des oasis de calme et de repos qu’il m'a ménagées à travers le désert d’occupations quelquefois sèches et arides.
Cependant, du fond de ma retraite, je ne me désintéresse pas de ce qui se passe dans le monde et dans notre pays, surtout en ce qui regarde les intérêts religieux ; je reçois cinq grands journaux quotidiens, sans compter une dizaine de revues heddomadaires ou mensuelles : ce qui me donne toutes les facilités de me tenir au courant des évènements qui se déroulent soit à Constantinople ou à Athènes, soit plus près de nous, à Ottawa ou à Winnipeg dans le Manitoba,
Vous n'avez pas oublié sans doute la longue conversation que nous eûmes, au commencement d'octobre dernier, dans ma. chambre de la rue Milazzo, au cours de laquelle je vous fis connaître l’objet de mon voyage à Rome, et je vous exprimai Vopinion que, selon moi, le moyen le plus efficace de rétablir la paix religieuse et les droits de la justice dans notre pays y était l'envoi d’un délégué apostolique. Or, il est au milieu de
nous depuis la fin du mois de mars, comme vous le savez ; ce
F que vous ignorez peut-être, c'est que sa venue n ’a pas été agréa-
ble à tout le monde. Mgr Merry del Val s’est montré d’une réserve, d’une prudence et d’une fermeté vraiment admirables.
En quelques mois, il a réussi à jeter de l’eau sur le feu, à apa:-
ser les esprits trop excités, à produire l’accalmie ; et, malgré
certains murmures secrets, je ne doute pas que ce soit l'avantcourreur d’un calme solide et durable, basé sur la justice et la modération.
Pour ma part, la nomination du dé'égué m'a rendu la paix. J usque 1à, certains journaux de parti, ignorant ce que j'étais allé faire à Rome, m’honoraient de temps en temps d’interpré-