Dans le Bled es Siba; explorations au Maroc. Ouvrage publié sous le patronage du Comité du Maroc
Ma participation ù la Mission de Segonzac mission du Comité du Maroc se traduil par quatre voyages effectués, en l'espace de sepl mois, l'un dans le Nord du Maroc, les autres dans le Haut-Atlas.
De retour de ce long séjour dans le Pays du Moghreb, alors que de multiples souvenirs se heurtenl dans mon esprit, une idée dominante plane au-dessus de toutes les autres : l'idée de reconnaissance.
Je remercie loul d'abord M. de Segonzac de l'honneur qu'il m'a l'ail en m'attachanl à l'importante mission qui lui était confiée. Il fallail un géologue comme il fallait un topographe el des arabisants, el je suis très reconnaissanl à l'éminenl explorateur marocain de m'avoir appelé auprès de lui.
J'ai ('•!('• 1res ho 'é de l'accueil qui m'a été l'ail an Comité du
Main,- par ses illuslres présidents: M. Eugène Etienne, ministre de l'Intérieur, el M. Guillain, ancien ministre des Colonies, ainsi que par tous ses membres, '■! je n'oublierai pas le dévouemenl affectueux de son secrétaire général, M. Auguste l'errier.
Dan- l'Université, M. Liard, vice-recteur >]>■ I académie de l'an-. el M. Bayet, directeur de l'Enseignemenl supérieur, m'onl donné les plus précieux encouragements; tandisque M. Paul Appell, doyen delà Faculté des Sciences, el M. E. Haug, professeur de géologie
vin AVANT-PROPOS.
■' I • niversilé, me permeltaienl avec bienveillance de m'éloigner
mentanémenl de la Sorbonne.
Enfin, j'ai reçu de la pari de mes confrères français des témoignages de sympathie donl je garderai le meilleur souvenir. La Société de Géographie de Paris a très généreusemenl subventionné i Mission de Segonzac, el ce n'es! pas sans en être profondément
touché que j'ai vu de hautes institutions scientifiques <•< e la
Société Géologique de France, l'Association Française pour l'Avancemenl des Sciences et l'École d'Anthropologie «le Paris, affecter à mes recherches personnelles au Maroc, des sommes prélevées sur des legs ou des fonds, qui sonl ordinairemenl disputés par des travaux de grand mérite.
Je ne puis donner ici la longue liste th^ confrères qui m'onl obligé; mais je croirais manquer à lous mes devoirs si je n'inscri- N;||S en lr|r de ces pages, un nom que connaissenl lous ceux qui, de près ou de loin, s'inléressenl aux sciences géographiques et géologiques. M. Emmanuel de Margerie a l'ail plus que de mettre libéralemenl à ma disposition, en celle circonstance, la science el 1:1 vaste érudition que nous avons lous mises à contribution ; il m'a témoigné, un dévouemenl affectueux que je considère comme un gage précieux de la plus précieuse des amitiés.
Combien de noms je voudrais écrire encore qui évoquent en moi
"" sentimenl de vive gratitude; mais ils sonl trop n breux ! Je
liens cependant à citer MM. Victor el Henry Klotz qui, par leur
généreuse ; nlion, onl aplani bien des difficultés de mes explora-
lions' el ,n"M excellenl ami le docteur Breton, si au couranl de la médecine coloniale, qui m'a obligeamment initié au traitement sommaire des principales maladies que je pourrais rencontrer.
A" '' 's de mes voyages, j'ai contracté encore de nombreuses
dettes de reconnaissance, el je n'aurais garde d'oublier l'obligeant •'"'"cil ,|c M. Sainl René Taillandier, de MM. de Saint-Aulaire, de
AVANT-PROPOS. m
Cherisev, le capitaine Jouinot-Gambella , MM. Olié-Laprunc, Gaston Buchct, Daniel Saurin, Vilarcm, le capitaine La iras, etc., à Tanger : de M. Jeannier, vice-consul de France, el de son personnel, du chancelier Si Allai Àbdi; de MM. Roberl Boulle, Ancelin, Jacquély, etc., à Mogador; enfin, je garde le meilleur souvenir de |a collaboration des professeurs de l'Ecole de l'Alliance Israélite universelle à Marrakech, <le M. et Mme Falcon et de M. Souessia, ainsi que de nombreux membres de la Communauté israélite de la capitale marocaine, présidée par M. Corcos. J'adresse ;'i tous l'hommage de ma profonde gratitude.
Bien que je me sois astreint, dans les pages qui vonl suivre, à ne
rien conclure de s observations au poinl de vue de la sociologie
musulmane, je demanderai la permission de me départirun instant, en faveur du caractère des Marocains, de la règle rigoureuse que je me suis ;iinsi imposée.
J'ai rapporté de mes voyages, dans le Pays du Moghreb, le meilleur souvenir de ses habitants.
Ma surprise ;i été grande, je l'avoue, lorsque je me suis trouvé en face de ces musulmans, autanl en Bled es siba qu'en Bled maUhzen', de rencontrer chez eux, d'une manière générale, des sentiments de générosité el de reconnaissance auxquels je ne pouvins m attendre.
Durani plusieurs années, en effet, j'ai fréquenté la frontière en Algérie; j'y ai été peu à peu habitué au spectre de la férocité des Marocains el les méfaits commis sur notre territoire, par des bandits donl les crimes demeuraienl presque toujours impuni-, confirmaient, à mes veux, la prétendue impénétrabilité «le leur pays.
S;uiv doute le brigandage existe un peu partoul en Bled es siba, il est assez fréquenl en Bled makhzen; mais il ne faul pas oublier que le Maroc esl avanl toul le pays de l'anarchie cl l'on peul
I. Dans jagemenl sur les Maroc s. je n'implique pas les gens du
Makhzen, donl la mentalité esl toute spéciale
« AVANT-PROPOS
s'étonner que les crimes n'y soienl pas plus nombreux. Je crois, pour ma pari, qu'il sérail à donner comme exemple de calme à l'un ou l'autre de nos pays civilisas, que l'on abandonnerai! seulement pendanl vingt-quatre heures à une anarchie aussi complète. Comme l'onl remarqué de précédents explorateurs, notammenl I'' vicomte île Koucauld ', les Marocains onl l'horreur du « roumi ■>. non par fanatisme, mais parce qu'ils voient en lui l'usurpateur.
I»'' là la difficulté de pénétrer les Pays siba parce que l'Européen qui ose s'y hasarder s'expose à être pris pour un espion el traité comme tel. Mais je crois qu'il sérail possible d'y circuler librement el d'y faire des observations de toutes sortes, à la condition d'inspirer à ces braves gens u Certaine confiance el d'opposer à
leurs protestations le calme el la douceur.
Je n'en veux coin preuves que le respect dont se I rouve entouré
M . Gaston Buchel dans les tribus du .Maroc septentrional, pourtant réputées pour leurs actes de brigandage; et aussi certaines émotions éprouvées au cours de mes voyages.
N ai-je p;is vu, dans le Sous, des gens qui, après avoir harcelé
mes hommes de questions insolentes, — parce que j'avais été trahi el qu'ils ne voulaienl pas de roumi chez eux, — exprimaient ensuite des regrets pour l'offense qu'ils m'avaient faite en me soupçonnant ainsi ?
Dan- les Ail Tameldou, le bon Si Abdallal m'a-t-il pas donné
des gages de sou amitié, parce que je lui «'dais sympathique el que je m étais montré généreux, moi pauvre hère, qui lui avais laissé en ,''"l,'; bol 'I'' quelques sous, notre unique ustensile de cuisine?
Je citerai encore, eu laveur du caractère des Marocains, ce Irait qui le dépeint.
•' ;|i été, dan- mon voyage dans le Sous, accompagné par trois hommes. Deux d'entre eux savaient forl bien qui j'étais, car je les
1 ' '■ grand de Foucauld >. comme l'a désigne .-'i juste tilre notre illustre colonial. M Eug. Etienne, dans mm exposé magistral de l'œuvre de notre expansion '■m Afrique Banque! du Maroc, I juin 1904
AVANT-PROPOS. *'
avais engagés h Mogador où ils m'avaienl connu sous le costume européen; j'avais fail la connaissance du troisième, fortuitement, sur ma route. Ce dernier ne pouvait se méprendre sur mou origine à la nature de mes occupations; mais il n'eu disail rien, faisanl mémo semblanl de ne pas comprendre. A notre retour, au momenl de nous séparer, je voulus savoirce qu'il pensait de moi : « Je ne crois pas que tu sois musulman, me dit-il, parce que je ne connais pas de musulman qui puisse se donner autant de mal dans I unique but de s'instruire ; mais j'ai vu que lu étais bon avec moi, avec mes coreligionnaires; je ne me souviendrai que de cela et te considérerai dans l'avenir comme le meilleur de mes amis. »
Que pensera-t-on «le mou fidèle Moulai Ibrahim ? Le récil «le mon dernier voyage esl rempli de témoignages éclatants de son dévoue ment; mais, parmi les actes de générosité de cet homme, il en est un qui mérite d'être souligné.
Nous revenions du Djebel Siroua. très fatigués par des marches
ininterr pues et aussi par le manque de nourriture. Pour comble
de malheur, nous n'a\ioiis pu nous procurer, eu entrant en Pays makhzen, que quelques œufs durs qu'on se partagea le soir. Le lendemain malin, mon dévoué compagnon vinl me dire timidement : « Mange, Si Allai, car tu es fatigué. J'ai pensé hier soir que tu ne pourrais pas arriver à Marrakech, alors je t'ai gardé mon dîner.... »
Je pourrais ainsi multiplier les exemples de reconnaissance et de générosité des Marocains.
Aussi ai-je éprouvé un réel plaisir lorsque j'ai recueilli de la bouche même de chefs du Sud de l'Atlas, l'aveu spontané de la
réputation de I lé et de désintéresse ni >\<- la France à l'égard
des Musulmans du Nord de l'Afrique. J'ai entendu également
exprimer le désir de voir les Français ttre un peu d'ordre et
entretenir des relations amicales dans ces pays de l'Anti-Atlas, de urés jusqu'ici absolumenl fermés.
J'avoue avoir ressenti, ce jour-là à Tikirt, une Lien douce émotion, parce que les I nés qui parlaient ainsi sont, de tout le
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Maroc, les plus indépendants peut-être el que, par suite, leur témoignage esl empreint de la plus absolue sincérité.
•Ir ""' v|"- alors demandé, non sans un certain sentiment de fierté, laquelle des Nations appelées à prendre part à la grande discussion qui va bientôt s'ouvrir pourrait apporter, comme la France (I aussi légitimes revendications morales sur un pays dont les habitants — pris en dehors de toute passion politiqui accepteraient
de s'unir à leurs frères d'Algérie !
Ce modeste ouvrage esl un simple récit de voyages.
J'avais pensé tout d'abord à séparer en deux publications distinctes l'exposé de mes pérégrinations et de mes impressions scientifiques, mais j'ai dû y renoncer el cela pour deux raisons.
La tâche que je m'étais imposée était, avant tout, une étude géologique; j'ai donc tout subordonné à ce but spécial, aussi bien dans l'ensemblede mon programme, que dans le détail .le mes journées de marche.
'"'' deuxiè raison, plus impérieuse encore que la précédente,
r esl 'I'"' "">" journal de route, ainsi présenté, permettra au lecteur de me suivre facilemenl dans 1rs pays que j'ai traversés. La géographie physiqi I la géologie sont intimemenl liées, el la géographie humaine aussi a ses liens étroits avec le sol ri le climat.
I!"'" T"' ce récit soit écrit plus spécialement pour des géogra- I'1""- Je ""' Sllis efforcé d'exposer, m langage ordinaire, mes
impressions scientifiques » de façon à pouvoir être lu de tout Ir monde. El si les termes de calcaire, de grès, de plissement, reviennent souvent sous ma plume, je prie ir lecteur .le m'en excuser H je pense qu'il trouvera de temps ru temps, dans quoique anecdote x '•'"''• le Pepos nécessaire à son esprit las de me suivre dans des descriptions un peu arides.
Les résultats que j'ai rapportés sont de deux ordres : géographiques ri géologiques.
AVANT-PROPOS
Au |M.inl de vue géologique, j'ai recueilli de nombreux documents, notamment un profd de la parti.' la plus septentrionale de la chaîne du Rif, et dos coupes complètes du Haut-Atlas; j'ai rapporté plusieurs centaines de kilogrammes de fossiles el d'échantillons minéralogiques.
En ce qui concerne la géographie physique, j'ai vu des régions qui n'avaient jamais été, jusqu'ici, pénétrées par un Européen ; j'ai pu examiner des montagnes, comme le Djebel Siroua, qui n'avaient jamais été approchées : j'ai suivi des vallées, comme celles du Haut- Draa e| (ll. |()n;l,i Tifnout, qui n'avaient jamais été parcourues; j ai passé dos cols, comme le Tizi n Test el le Ti/i n [moudras, qui n'avaient jamais été franchis. El je me su, s efforcé de repérer ces cols, ces vallées, ors montagnes, bien qu'avec dos instruments assez
rudimentaires.
Pour la géographie humaine, j'ai dû me borner, le plus souvent, à observer les agglomérations que j'ai rencontrées sans pouvoir faire une enquête, pourtant si utile, sur les tribus avoisinantes ; eela ,„,„, ;m mode de déguisement que j'avais adopté. Je me suis attaché à présenter, avec le plus >\r précision possible, mes impressions sur les mœurs des indigènes, sans essayer de con-
' Je me suis imposé cette réserve parce que le Maroc esl demeuré, dans son ensemble, tellement fermé à la civilisation européenne qu'il y a au point de vue sociologique, des centaines ^ problèmes à étudier ou à résoudre dans ce pays, et que chacun de ces problèmes exigerait, le plus souvent, de très nombreuses données Je laisserai donc à des spécialistes, comme MM. Edmond Doutté, V Bernard, Salmon, etc., le soin >U- tirer parti de mes observations; m'estimant heureux si j'ai pu seulement apporter une pierre k l'édifice déjà considérable élevé par les éminents explorateurs qui
m'ont précédé.
Je ne parlerai qu'incidemment des villes; je ferai exce, epen-
dant pour les Écoles de l'Alliance Israélite universelle, à Marrakech,
xn AVANT-PROPOS.
car j'ai été frappé de leur importance au poinl de vue de notre influence au Mann-.
De même, je passerai rapidemenl sur les régions makhzen que j ai traversées el qui onl été étudiées, beaucoup plus à loisir, par des géographes el des géologues comme flookcr, Thomson, Fischer, \- Bernard. Brives, Lemoine, etc.
route mon attention sYsl portée sur le Bled es siba : encore me suis-je appliqué à éviter les itinéraires suivis par des explorateurs, tels que le vicomte de Foueauld cl le marquis de Segonzac.
Les conditions dans lesquelles je me suis placé, pour effectuer la traversée de régions inconnues, m'onl empêché d'informer à mon a,sei e| c'esl au prix d'artifices sans nombre que je suis arrivé, parfois, à me procurer les renseignements indispensables pour continuer mon chemin de façon profitable. Heureusement, le naturaliste n'a pas souvent besoin de questionner. Aussi ai-je pu rapporter Ions les documents exigés pour mes recherches géographiques el géologiques.
•''' reconnais que le procédé de M. de F sauld, qui a adopté
dans ses voyages le costume israélite, avail d'immenses avantages; de même que celui de M. de Segonzac, qui consiste à se dissimuler dans ''escorte d'un chérif respecté. Mais je ne pouvais songer ni à l'un nia l'autre de ces artifices; je n'étais pas prêl pour le premier el je n avais pas à ma disposition le chérif rêvé.
<;,'sl I ''I'""' je "n- suis présenté comme un musulman modeste qui se transporte, toujours sous un motif plausible, d'un poinl à \\w autre.
Je me suis efforcé de rester inaperçu cl j'ai ainsi été amené à réduire progressivemenl ma caravane pour voyager, finalement, sac au dos, en •■ reqqas » ou en n mesquine ».
J'avoue avoir éprouvé bien souvenl le regrel de tromper ces braves gens en me faisanl passer pour un vrai musulman. J'ai eu très rarement, d est vrai, l'occasion de pr ster moi-même de ma
AVANT-PROPOS
prétendue origine mahométane, car je laissais ce soin à mes hommes, qui le faisaienl d'ailleurs avec une conviction el une virtuosité que je n'aurais su atteindre; mais je n'en avais pas moins le remords de les tromper implicitement.
Aussi est-ce avec un certain soulagement que j'apprenais, plus lard, par une lettre de M. de Segonzac, datée du col du Glaoui, < |u<les populations du sud de l'Atlas demandaienl des nouvelles de Si ÀHal el réclamaient encore sa présence chez eux, car ils désiraienl solliciter le concours de sa science de roumi !
Paris, novembre 1 90b
Voyage
dans
le Nord du Maroc
Voyage dans le Nord du Maroc
v durée de mon séjour au Maroc devail forcément être limitée en rais le mes fonctions universitaires. Aussi avais-je toul
avantage à mettre a pr<
e dernier mois des vacances de la
Faculté. Dans ce but, j'ai précédé de cinq semaines M. de Segonzac el ses autres collaborateurs, le chef de la Mission étant retenu à Paris par les préparatifs du départ.
Parti le 28 septembre 19 »4, j'ai eu le vif plaisir d'effectuer le vovage, à travers l'Espagne jusqu'au détroit de Gibraltar, en
compagnie de M. Paul Lemoine, préparateur à la Suri ne,
chargé°par le Comité du Maroc, d'une mission géologi. spéciale
en Bled makhzen.
Nous avons reçu tous deux, à notre débarquement à Tanger, le plus chaud accueil de la part de nombreux Européens, notamment ,1,. la Légation de France el de la Colonie française; je me rais un devoir d'adresser à tous l'expression de ma vive grat.tude.
Nous avons profilé 'I'- deux jours de loisir pour (aire, M. Lemoine ri moi, dos excursions forl instructives aux environs de la ville el dans la direction du cap Spartel; nous avons étudié ainsi les terrains éocènes ri crétacés ;iinsi que les grès pliocènes dans lesquels se trouve creusée la ( rrotle d'J lercule.
Nous nous proposions d'abord d'aller explorer, m (-(,1111111111, le versa ni septentrional du Haut-Atlas, entre Mogador el Marrakech;
mais la rareté des courriers, par ces temps de grève maritime, la nécessité
SlirlOUt (le llic ll'oll-
ver ;'i date fixe à Tanger, où devail se faire la concentralion de la Mission, m' m'ont pas permis de réaliser ce projel .
Force me fui donc
Fig. -1. Tanger, le grand sokko.
ni éloigner
de laisser partir M- Lemoine pour le Sud et d'utiliser mon temps s;ms de la ville à plus de huil journées de marche.
Il n'élail pas très facile de circuler dans \r Maroc septentrional,
& celle époq j I,- habitants de Tanger ne | vaienl s'écartera
quelques kilomètres sans avoir ;i craindre d'être pillés ou capturés.
La grande presqu'île marocaine qui s'avance vers le détroit de Gibraltar, élail agitée en effet, depuis quelque temps déjà, H il suffil l|'' rappeler le siège de Tétouan par les tribus de l'Andjera rl ,|r- Boni Ider, la captivité du journaliste anglais Marris, chez les
v IS '''• cel ouvrage j'écrirai en caractères italiques Ion- Les noms
i,f' ' ^caux, c'esl à dire le- noms de rivières, de montagnes, de vil
| dc lr'b»s, de régions, ele inconnus avanl mes voyages, ou sur lesquels on navail que très peu dc 1 en scignemenls.
VOYAGE DANS LE NORD DU MAROC
Andjera el l'enlèvement, |>lu> récenl encore, de M. Perdicaris, par le chérif Er Raïs Ouli, pour qu'il soil inutile d'insister -iules précautions à prendre pour circuler dans ces contrées.
J'ai pu, néanmoins, mettre ;'i profil le temps donl je disposais, grâce à M. Gaston Buchel, un Français installé depuis plusieurs
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