‹ Dans le Bled es Siba; explorations au Maroc. Ouvrage publié sous le patronage du Comité du MarocChapitre 2 sur 46 · VOYAGE · texte numérisé non relu

VOYAGE

DANS LE NORD DU MAROC

Echelle = 1:1.500.000

années au Maroc, où il consacre à notre influence toute son intelligente activité. On a bien vite fail connaissance avec lui, car il est difficile de rencontrer un caractère aussi transparent; son

concours m'a été extrêmemenl précieux, parce qu'il esl très c i

dans le pays, plus encore des indigènes que des Européens, pour

- lévoue ni el sa bonté. C'est là, i m sens, le plus bel éloge

qu'on puisse faire de lui.

M. Buchel a été chargé, depuis plusieurs années, de missions scientiliques par le Ministère de l'Instruction publique, puis par le

Comité du Maroc. Il ne s'esl pas seulemenl borné aux prograi -

officiels qui lui onl été soumis; car, tout en faisanl de la In

graphie, de la géologie, de la zoologie, de la botanique el de l'archéologie, il a l'ail aussi delà philanthropie.

Il esl parvenu à entretenir des relations à'omitié avec beaucoup d'indigènes, surtout avec ceux de la tribu de l'Àndjera. Sa maison csl ouverte à tous; il \ reçoit des indigents, des malades, el ceux — ils sont nombreux qui viennenl le consulter sur leurs intérêts, sur leurs litiges.

C'est ainsi que j'ai rencontré chez lui des Marocains de toutes conditions, venus de leur montagne pour recevoir l'accueil affectueux du roumi respecté. J'ai même vu, dans celle maison hospitalière, à coté d'hommes paisibles les pires brigands, le célèbre Validité entre autres. Mais, en ce cas, notre compatriote a |e mérite louchanl de ramener au calme un au bien ceux qui scraienl susccpl ibles de mal faire.

En un mot, M. Buchel collabore à l'œuvre de pénétration du Maroc, avec un cœur el une intelligence qu'on ne saurait trop louer. Il m'esl agréable de pouvoir, en celle occasion, exalter les mérites de ce savant, donl la modestie égale la générosité.

.le n'aurais pas osé demander à cel ami des Musulmans de m'emmener avec lui dans les régions agitées par le brigandage <>u la révolte, parce qu'il m'élail apparu comme un homme 1res prudent. Mais M. Buchel élail animé du désir de me faire, en quelque sorte, les honneurs des contrées <>ù. seul Européen, il élail admis : j'en ai été I rès louché.

Il voulut, au préalable, s'assurer de l'assentiment du Qaïd de I \udjer,i. I ne lettre fut écrite à ce dernier cl portée par uw reqqas1. La réponse ne se fil pas longtemps attendre.

Le Qaïd Doués déclarail qu'il sérail heureux de me voir accompagner son ami M. Buchel, el qu'une sécurité absolue me serait assu rée dans sa tribu.

M ilgré mon inexpérience des gens <\\\ Maroc, je connaissais

limer .-i |iie<

VOYAGE DANS LE NORD DU VTAROC

assez les Musulmans du Nord de l'Afrique pour savoir que l'hospitalité est, chez eux, chose sacrée. Le Qaïd de l'Andjera m'invilail :, V(,IH1. [e voir; il n'en fallail pas plus pour me convaincre qu'il ne me sérail fail aucun mal chez lui.

Aussi, el malgré l'avis d'amis prudents, je partis, bien persuadé ,|,. l'heureuse issue de notre voyage.

Page 1