I. Habitanl du Sous
I Trois is après i passage, Si Uni el Aziz Zenagui. qui se portail fi lîi
v • I • - M. île Segonzac alors prisonnier des Sektana, a failli payer de s;,
vie - ■ntrée dans la ville de Taroudant. La popul voulail le lyncher parce
quelle le iuviK.il pour un roumi déguisé en musulman, el cela en dépd de la vlé de - angage arabe el de sa connaissance parfaite des versets du i oran.
VOYAGE DANS LE surs. l-.-T
Nous faisons halle un instant auprès de Sidi el Ha si, sur la n\«' gauche de la rivière. Deux hommes se trouveni là qui recueillent l'offrande des passants pour l'entretien du modeste monumenl qui abrite les restes du marabout el aussi, je pense, pour le plus grand profil de ces fervents gardiens de sa mémoire. I ne prière esl dite pour la réussite de notre voyage «mi témoignage de reconnaissance
l'm. 80. - L'Atlas nié ri
de la plaine de ■ lloi ara
,,, iir ma générosité; je dois passer pour un personnage de marque, ;ar j'ai remis une pièce de 25 centimes.
Je suis frappé, depuis quelques jours, «le la fréquence de ces lieux saints où les caravanes les plus pauvres sonl moralemenl obligées de léposer leur obole. C'esl un signe 'lu fanatisme H de la superstition les populations de ce pays el cela contribue encore à le rendre inacsessible ;ni\ Européens' .
Nous de urons longtemps ensuite, dans la belle forèl d'arganiers
I II v a lieu j'etre surpris de celle impénétrabilité .In Sous, quand on pense [ue de très nombreux Soussi cmigrenl chaque année vers nos régions algéi
,M il- vonl travailler <-, terrassiers, moissi surs ri surtoul coin mineurs.
l'csl ainsi que l'importante exploitation des Mines de 1er de Béni Sut recrute la
dus grande partie 'I'- ses ouvriers parmi le- habilanls de cette rég inaro
aine, qui roui d'ailleurs d'excellents travailleurs. Il semblerail que ce conlacl avei es Européens doive rendre ces gens, I.' plus souvenl il.- llartani plus accueillants ..m du moins plus tolérants pour le roumi. Mais au contraire il- veulent que leur pays reste absolumenl fermé et,ayanl vécuavee des r >- 'I- sesonl faits ■■< leurs
l-js DANS // BLED ES SIBA.
,1,.-, Houara. Là, noire zettal mel pied à Lerrc pour nous servir ,1 Cclaireur; il courl à droite cl à gauche son fusil à la main. Le pays r>l, paraît-il, toujours infesté de brigands, el les meurtres \ sonl i ibreux. Notre guide prétend que les embuscades sonl particulièrement fréquentes, dans cette forèl assez épaisse, d'arganiersel de broussailles épineuses. Fort heureusement, nous ne rencontrons sur
nul re roule que des voyageurs comme nous ou de paisibles cull ivateurs occupés h leurs champs.
Nous traversons ainsi rapidemenl une région d'une dizaine de kilomèl res réputée dangereuse. J'ai pu, néanmoins, duranl cette course à travers les iïouara, relever mon itinéraire el prendre des clichés du flanc sud de 1 Allas. Nous laissons à notre gauche la dépression du col de Sidi Mohammed el Hoçaïn, dans les Ida ou Mahmoud; le Djebel Ifguig, situé un peu plus loin, se détache nettement avec son sommet couvert de neige.
La forêl est devenue plus claire el l'on commence à voir <!<• beaux champs, admirablemenl entretenus, el entourés d'épines de jujubier siiin âge.
Des r'dir1 sonl aménagés un peu partout.
inanimé el k-s roeonnaissenl plus facile ni. De fait, indépendamment ilu vilain
rôle joué | .:i i- doux I unes de mon escorte, j'ai souvent constaté, au cours de
ce voyage dans le Sous, que j'étais observé; tandis que dans les Ida ou Tanan el au Siroua j'ai presque toujours passé inaperçu.
I. I n r'dir esl une dépression naturelle o\ ■ cuvelle, creusée danslesol, dont
V01 AGE DA \.s LE SOI S.
l iu 82.— I ne halte dans la plai le
1 M \ illageapparail de temps en lemps dans li' lointain ri nous traversons celui d'Aït Herroum .
Nous Faisons halte pour déjeuner, à 1 ou •") kilomètres d.' Taroudant, Cette \ ille, complèlemenl entourée d'arbres, est très peu visible de la plaine.
/:'/ II,, mu constitue une agglomération importante, située non loin il'' l'Ouad Sous, sur la rive droite de ce fleuve. C'csl là que nous allons demander l'hospitalité. Ses maisons sont en pisé, comme toutes celles du S(»u-: elles sonl hasses, composées seulemcnl 'I un rez-de-chaussée et, sur leurs terrasses, -oui maçonnées de grandes jarres dans lesquelles i''-- indigènes conservenl leur grain. Fréquemment, dans l'épaisseur des murs sonl aménagées
des cavités, fermées par une pli he percée d'un petit tr I
recouverte d'un crépi de terre. Ces niches servenl de ruches à des essaims d'abeilles.
Comme tous les villages de la plaine 'lu Sous, El Uoura esl entouré de jardins, plantés d'amandiers, de grenadiers, ri tous ces vergers sonl protégés contre les animaux par des haies d'épines généralemenl faites de jujubier sauvage.
Notre zettal nous conduit chez son ami, le maalem'. El Bachir. Nous suivons, des rues étroites el un passage couvert, tellemenl resserré qu'il faut décharger !<■> botes el porter le bagage à la main.
I'' lonil ,'~| rendu imperméable avec de l'argile el où s'accumulent I'-- eaux pluviales qui servenl à abreuver les animaux. I. vrtisan.
L(. maalem esl assez pauvre el n'a pas un 1res grand logemenl : resl un harlani1, comme il en existe beaucoup dans ces régions. Il esl jeune, sa physionomie esl intelligente el douce. Nous planions noire Lenlc au milieu de la cour formée par l'encadrement de plusieurs maison-.
\ous avons là une sécurité relative, car nous som s un peu à
['abri des regards indiscrets, quoique notre hôte reçoive pas mal de visites ce soir-là. Toul irail pour le mieux si nous partions le lendemain malin.
30 décembre. - Le zellal el le Souéri prélendenl qu'il nous r.lUl ,;,,,,. de grosses provisions en thé, en sucre el en comestibles
du toutes sortes, afin de | voir régaler 1rs gens que nous rencon-
Irei-ons sur notre route. Cette thèse esl tout à fail invraisemblable, car elle est en contradiction absolue avec l'hospitalité musulmane. Uissi je ne me laisse pas prendre à cet artifice grossier el je suis |,ien persuadé que la véritable raison de ce nouveau procédé de pénétration, de mes peu scrupuleux compagnons, esl qu'ils veulenl prélever à leur profit, une bonne partie des sommes .pic je mettrai à leur disposition. Quoique je me rende bien compte de leur intention, je ne puis leur refuser ce qu'ils demandent : le Chénl el Alulaliali estimenl qu'il vaul mieux avoir l'air de ne pas comprendre ,,| faire ce petil sacrifice d'argent.
Mes deux chenapans v loue, avec douze douros à Taroudant,
d'où ils ne reviennenl que le soir; el au c »te d'apothicaire que
,nc faii [c Souéri. il est clair qu'il me demande plus de deux fois la valeur de chaque chose.
Cette journée passée sous la lenlc esl i 'telle. J'ai d'abord le
regret de demeurer ainsi inactif; de plus, les deux seuls hommes sm. lesquels je peux compter sont quelque peu démoralisés. Ils
, vu sud de l'Atlas listingue du type blanc le hartani qui esl noir ou brun.
VOYAGE DA VS LE su/s. i:,l
viennent d'apprendre que la région que nous allons traversera la sortie A' El Hou m esl dangereuse, au même titre que la plaine des Ilouara : ils onl peur aussi de s'aventurer sur les pentes de l'Atlas.
[ls me proposenl ;ili>r~- de retourner sur nos pas pour gagner l'embouchure de l'Ouad Sous vers Agadir el de prendre, à partir de là, la route makhzen jusqu'à Mogador.
Mon projet, au contraire, esl de parcourir l«' plus loin possible le revers méridional de l'Atlas el de recouper la chaîne ;'i l'un de-; cols praticables en cette mauvaise saison, le Tizi n Test, par exemple.
Ma résolution reste d'ailleurs inébranlable el j'oppose aux protestations de mes hommes une volonté absolue. Je Unis par avoir raison de leurs dernières hésitations en leur disant que je vais partir seul, ou accompagné du zetlal el du Souéri, vers les régions que je veux explorer. .!<• suis vivemenl touché de voir mes compagnons m'exprimer .-dors des regrets pour leurs craintes qu'ils reconnaissenl exagérées : « Nous ne te quitterons pas — me disentils — car avec ces deux bandits ta vie serait gravement exposée; il- l'assassineraient pour te dépouiller
Indépendamment de l'inquiétude causée par le découragement du Chérif et de Si Abdallah, il me faul supporter, enfermé dans celte cour, une température réellement surprenante à relie époque de l'année. A 1<> heures. j'ai noté 26° au thermomètre fronde el à midi, sous la tente, jusqu'à 32°, el cela le 30 décembre !
A ce sujet je ferai, sur le climat du Sous, une remarque générale qui ne fait que confirmer d'ailleurs les observations de la plupart des explorateurs qui m'ont précédé.
On est très frappé, après avoir passé l'Atlas, de se trouver dans une atmosphère toute différente. La température ici esl beaucoup
plus élevée qu'au nord de la monlagi I le sirocco souffle fréquem
ment, lundis que la région située en deçà esl protégée des vents chauds par la puissante el froide barrière de la haute chaîne, avec ses crêtes neigeuses. On senl ici l'approche du désert, el l'Anli-
DANS LE BLED ES SIB l.
I i„. 83. — L 'Anti-Atlas vu d'El Boura.
Allas est trop peu élevé pour jouer, par rapporl au Sous, le rôle du Haut-Atlas par rapport au Ilaouz. Aussi la limite des neiges reste beaucoup plus élevée sur le revers méridional que sur le flanc septentrional. C'esl ainsi que le capuchon blanc que j'observe il /:/ Boura ne descend pas au-dessous de l'altitude de 3000 mètres el demeure même, le plus souvent, au-dessus de 3500; tandis que sur
le versant nord les neiges, à celle époque, recouvrenl 1; itagne
jusqu'à 1500 mètres, dans 1rs vallées profondes; ailleurs, elles se mainliennenl à 2000.
( in peu! voir encore, du côté du Sous, certaines crêtes complètement découvertes, alors que la neige forme un très léger liseré sur leur arête, ce qui témoigne de son abondance sur le revers opposé.
Il est très naturel d'admettre que cette température moyenne de
la vallée oi is nous trouvons esl due à l'influence des vents
chauds du Sud.
A son retour de Taroudant, le zettal m'offre de sortir un peu du village, ce que je m'empresse d'accepter. Nous allons dans uii champ nous mettre à l'abri d'un petil palmier, d'où je puis obser^ver les environs el prendre quelques clichés.
La plaine du Sous esl presque liorizontale depuis le pied du
VOYAGE DANS LE Surs. l.-,r,
ttaut-Atlas jusqu'à celui de l'Anti-Atlas, el les derniers contreforts de ces deux chaînes sonl assez abrupts au-dessus des alluvions quaternaires. La carte au millionième semble devoir subir ici une modification importante, eu ce qui concerne le pied sud du Haut-Atlas.
La plaine affecte la forme d'une vaste gouttière donl le fond, occupé par le lil de l'Ouad Sous, n'esl pas à plus de 80 mètres audessous du niveau des extrêmes bords. Elle esl constituée par des alluvions que traversent, de loin en loin, des rivières il" ni le lil desséché m' trouve entre des berges généralemenl très peu élevées.
L'Anti-Atlas apparaîl comme un plalcan régulier, s'élevanl île quelques centaines de mètres au-dessus île [a plaine et derrière lequel apparaîl une chaînedonl les points culminants ne .-ont pas très élevés.
Vers l'est, l'horizon esl borné par un massif important, couverl de neige, qui semble établir une liaison entre le llaul-Allas cl l'Anti- Atlas : e'esl le Djebel S iroua du vicomte de Foucauld.
\ ik.Iiv retour à El Boura, il esl décidé que nous partirons demain malin pour aller droil vers les crêtes. Le Chérif el Si Abdallah y sonl décidés et les deux autre-, que je m'efforce de traiter avec douceur, approuvenl mes projets, avec l'arrière-pensée sans doute, de continuer à m'exploiter méthodiquement.
M décembre. — du ne se presse pas île lever le camp, car le zetial el le Souéri nul toujours quelque prétexte pour différer le moment du départ.
Enfin à 9 heures nous sortons le- bagages de la cour pour les charger et je dois demeurer ainsi exposé à la curiosité des gens • lu village, venu- en assez grand nombre pour is voir partir.
Le zeltal circule au milieu de toul le monde avec île- allure- suspectes. Il parle à l'un, répond à l'autre, el l'un Je no- compagnons entend un hartani prononcer cette phrase : C'esl vrai, ça doil bien être un roumi
Il n'\ a plu- île doute, j'ai ('■lé' trahi par notre misérable -unie.
I e Chérit el Si Abdallah sonl atterrés; néanmoins, ce dernier, questionné à mon sujet, riposte avec énergie. Mes dévoués compagnons précipitenl loul à coup le dépari el nous attendons liors du village les deux autres, i|tii prétendenl avoir encore quoique chose à l'aire.
[\s vicnnenl enfin nous rejoindre, accompagnés du maalem E] Bachir armé d'un Fusil. Notre hôte vcul bien nous escorter dans
la plus mauvaise partie <ln chemin i|iii s'étend entre /:'/ lioura r\ I,. pied de l'Atlas.
( lellc région, couverte d'arganiers, Forme le prolongemenl de la plaine des Houara cl tous mes hommes la disenl également in-
I ia s-, |,:, plaine au sorlii d'EI 13
festéede bandils. C'esl pourquoi j'avais demandé, pour traverser sans
incidenl celte z dangereuse, à partir de très bonne heure dès la
pointe du jour. Mais le Chérif el Abdallah s'y sonl opposés : ils prétendenl que, ma qualité de roumi étanl au moins soupçonnée par suite de l'attitude de notre zettat, nous aurions l'air de prendre la fuite el que des gens du village pourraienl nous poursuivre, voyanl clans notre dépari précipité une confirmation de leurs doutes.
t, || ne faut pas - me disent-ils — laisser entrevoir la moindre crainte; car la peur est, pour le Marocain, la preuve de la culpabilité».
Nous marchons bon train à travers la plaine tandis que le zettal el El Bachir battenl les abords du chemin.
La Forêl d'arganiers est assez toufî I les clairières sonl utilisées comme pAlurages el champs de culture.
()) AGE DANS Ll: SOI S
I iii 83 Uébotic
illéo de Mentaga dans la ] > I . ■ ■ i ■
A partit' cl Emchereh, entouré de jardins bordés de haies d'épines, 1rs alluvions (juaternaires, jusqu'ici 1res argileuses cl sableuses, renfermeni de gros cailloux roulés, pour la pluparl d'origine granitique el qui proviennenl des crêtes de l'Atlas.
Nous arrivons niiisi au pied de la chaîne après avoir traversé une zone très fertile plantée d'oliviers, de caroubiers el de figuiers, qui s'étend toul autour de Mentaga, dans les Ait Taleb.
Ce village important, de plus de 150 feux, s'étend sur les deux rives il un cours d'eau descendu des sommets, VOuad Mentaga, qui, avanl de se jeter dans l'Ouad Sous, passe au Souq ed Djemaa'. Cette rivière, comme toutes celles que j'ai recoupées depuis El ll.nl Mneïzla a. clans la plaine, nu thalweg assez large entre des bords peu élevés. Elle rouir, près de Mentaga, beaucoup d'eau dans un hl île (î mètres de largeur sur 20 centimètres de profondeur avec un
couranl assez rapide. Les berges -uni ici hautes >l une diz.
'le mètres. Nous faisons halte pour déjeuner H y prolite de >-i-\ arrèl pour recueillir, dans le lil de l'Ouad, des cailloux de roches cristallines provenanl des régions élevées '!<• la chaîne.