I.,(, h i \ s LE BLED ES SJB l
Ueiila»<i esl bâti à la limite des alluvions de la plaine contre des grès on des argiles jaunes qui l'appellent, par leur aspect, certaines
couches crétacées d'Imi n Tanout. Ces terrains, forte ni relevés,
reposcnl sur un banc épais d'un calcaire massif rose ou rougeàlre, el la rivière, pour franchir cette barre calcaire, a creusé une petite gorge qui n'a pas plus de 20 mètres de largeur. Au delà la dépression esl entaillée dans des schistes noirâtres ou
Fig. 86. — Vallée de Mentaga dans les schistes dévoniens.
des o-rès bruns, qui formenl le prolongemenl delabande dévonienne (.ue ;'ai recoupée à la descente duTizi Jerba, el l'ouad serpente dans un thalweg assez étroit. Les pentes sonl couronnées par des calcaires roses qui conslituenl partoul une falaise à pic d'une quarantaine de mètres et, au-dessous, les sédiments crétacés de Mentaga se dévcloppenl en un plateau incliné sur le versanl de l'Atlas.
Nous remontons encore le cours de la rivière le long de laquelle |c chemin esl tracé el il nous faut constamment en recouper le lit, ce qui rend la marche assez pénible.
M;,is quel dédommagemenl j'éprouve à loul moment, dans cette vallée profondémenl creusée, où l'abondance de l'eau el la richesse
d'une végétation, curieuse par l'association constante du pah r-
daltier el de l'olivier, rappcllenl \\ la fois un régime de montagne ej de nlainc, un rlimal lellien el désertique.
Les lianes schisteux de In dépression ne sont jamais complèlcmenl dénudés; mais, étanl donné l'a bru pi des escarpements, on n'a pu songer à tirer le moindre parti du sol,
Il en esl loul aulremenl du thalweg, quand il esl assez lar»e ainsi que drs terrasses formées par des allu\ ions anciennes ou des éboulis de pentes. Alors I indigène ;i parcimonieusemenl aménagé Ions ces petits lambeaux de terre, un \ illage s'esl construit au milieu de
cultures soigneu- Fig. 87. — Ail Ouadjès, dans la vallée de ad Mentaga
semenl enlrclenues
par une main-d'œuvre opiniâtre, el la rivière, qui coule en lorrcnl entre ces jardins ombragés, ajoute encore à l'aspecl de fraîcheur de ce pelil coin de VOuad Mentaga.
Les villages àlmin Ourenchouch , de Tassedoun, d'£7 Hassouan el de Timimoun se trouvenl placés dans ces sortes d'oasis.
Nous nous arrêtons à Timimoun, el il nous faul traverser, pour arriver au cœur de l'agglomérai ion, trois à quatre cents mètres de plantations superbes. Non- y recevons excellenl accueil, cl Dous dressons notre tente sur une petite place carrée de 2.1 mètres
[)cs assas' sonl préposés à notre garde pendanl la nuil el le Chikh, avec quelques autres, accepte de partager notre dîner. Au cours du repas un taleb vienl de la Zanuïa Sidi Abd er Ra/iman nous lire une prière nu'il a écrite sur un morceau de papier d'épi-
158 DANS I I BLk D ES SIBA.
cerie, d'ailleurs rorl sale. Mais l'intention esl bonne ei mes hommes sonl liers de cetlc aubade marocaine, ordinairement réservée aux gens de marque.
Je finis ainsi sous d'heureux auspices cette journée qui me rail
oublier c plètement celle si triste de la veille. A.vec elle je vois
disparaître l'année 1904, non sans songer au lendemain et aux souhaits que j'aurais exprimés ce jour-là aux miens et à tanl d'autres, si une chaîne gigantesque, des plaines, la mer, ne m'avaient séparé d'eux.
El ce qui augmente encore la distance dans des proportions formidables c'est que, si je me trouve dans un éden, je n'en suis pas in- complèlemenl isolé «les mondes civilisés.
r janvier 1905. — La levée du camp se l'ail au milieu d'une aflluence assez considérable. Des gens du village, y compris des femmes et îles enfants, viennent en nombre assistera noire
Je suis dévisagé par beaucoup d'entre eux; mais je ne vois rien
d'hostile dans tousces regards ; et en partant, une dizaine d'hommes
nous accompagnent un instant et tous viennent m 'embrasser la
main ou le manteau,
me témoignanl ainsi
les égards dus aux
chérifs.
\Tous éprouvons
d'abord quelques ennuis pour sort ir de ce dédale de rue-, parfois 1res étroites et distribuées sansordre. Tins loin le chemin esl encore plein de difficul-
1 l-ïg. 88.
lés. Timimou/l, en Vall le l'O. Menlaga. près île l'Agadir Oussedrer
effet, esl situé sur la rive gauche de YOuad Menlaga el au sud le
flanc de la vallée se montre très escarpé; aussi ne | vons-nous
avancer que lentement.
Nous passons auprès de V Agadir Oussedrem et, après avoir traversé Tizgui, nous atteignons un petit col du haut duquel la vue s étend sur la vallée, aussi bien en .-1111(1111 qu'en aval.
Le coup d'oeil est ravissant du côté de Tim i> muni . qui apparaît
***J4P<mh&&&*
1 ie R9 Vkhentrir, dans la valide de l'O. Mi
noyé dans une oasis de verdure qui s'étend sur les deux versants jusqu'à une certaine hauteur.
\ ers le nord la dépression esl plus étalée et, à nos pieds, \khennir. avec son agadir aux tourelles crénelées, esl bâti au bord de la ri\ ière.
Nous avons quitté les Ait Ouadjès à Timimoun, nous sommes maintenant dans !<■> AïtelHadj. Mais le chemin esl difficile, il se trouve sur des pentes escarpées et, pour comble de malheur, notre trop fameux zettat, qui disait connaître le pays dans ses moindres détails, ne peul nous servir de guide. Nous sommes dans l'obligation de demander à chaque instant notre route.
Nous avons abandonné les schistes bruns dévoniens en quittant notre gîte, pour pénétrer dans les terrains crétacés, et je retrouve la
I ill
Pig. go. Assakn, dans la vallée de l'O. Mentag.i
série des couches que j'ai traversées en enlranl dans la vallée de Menlaga, mais en sens inverse. C'est ainsi que je recoupe le calcaire rosé, pins une succession de gypse et de grès jaunâtres.
Tous ces terrains, qui étaient d'abord penchés vers le sud, s'ont maintenant régulièrement inclinés vers le nord. Quelques fossiles, malheureusement peu nombreux, me permettront probablement de préciser l'âge, d'i partie du moins de ces sédiments.
Le village à'Akhentrir repose sur des calcaires à silex. A partir de là notre chemin se poursuil longtemps tantôt sur la rive droite, tantôt sur la rive gauche de la rivière, el partout, dans les parties les plus profondes de la vallée, ce ne s.. ni que champs de culture cl beaux oliviers toujours accompagnés d'arganiers.
Celle région esl très peuplée. Nous laissons un peu à l'ouesl Afensou, siège du ChiUh El lloçaïn, el nous passons auprès d'.l.vsakn.
Je profile d'une halte dans le thalweg pour faire chercher un guide par noire zellat, auquel je reproche sou ignorance parfaite du pays. Bien m'en a pris, car la roule devient de plus en plus difficile.
WOund Mentaga coule ici, dans un lil de I mètre de largeur sur 10 centimètres do profondeur el ses eaux sonl assez rapides. Nous
VOYAGE DANS LE SOI s
ne Lardons pas. en remontanl son cours, à qui lier les couches crétacées pour voir réapparaître les schistes siluriens cl la limite des terrains secondaires ei primaires semble formée par une cassure remarquable auprès du village àïArmgan. A partir de là le chemin esl 1res Fréquenté, parce que des gens des tribus voisines reviennent d'un marché important où nous allons nous arrêter pour faire quelques achats.
Le Sourj el lldd Mentaga se trouve dans un site pittoresque, au milieu d'un bois épais de beaux oliviers, encadré au nord par de hautes montagnes presque dénudées parmi lesquelles, à mi-côte, le Djebel Roulim.
Je m'informe s il n esl pas possible dallerplus loindans la haute vallée que
nOUS avons remon- |-'ig, 91. - La vallée de l'O. Menlaga près de Souq el llml.
tée depuis la plaine :
mais, indépendamment du mauvais étal des chemins, j'apprends qu'un col très praticable en été, le Tizi n Tafîlelt, ne peul être franchi en ce moment, à cause de l'abondance des neiges sur les crêtes du Haut-Atlas, du moins sur le liane septentrional de la chaîne, D'ailleurs, une tentative de ce genre attirerail singulièrement l'attention sur moi, car cette roule n'est jamais suivie qu'aux plus fortes chaleurs de l'année.
J'éprouve une déception parce que j'aurais voulu relever une
coupe complète de l'Atlas, jusqu'à la vallée de l'< luad es Seqssi a :
tandis que je vais me trouver dans la nécessité d'arrêter mes investigations a peu près à la limite des terrains primaires.
DA \'S LE BLED ES SIB l.
Haute vallée de PO. Mentaga el Djebel Rouli
Je tlôcidc alors do me diriger droil vers l'osl en suivanl une piste j peu près parallèle aux crêtes.
Nous restons quelque temps dans le massif de verdure du Soug cl Ildd, puis nous traversons le village de Tirekht où se trouve
la qoubba cl araboul réputé de Sidi Abdallah ben Yagoub. A
partir de là nous remontons an ravin, sur la gauche de 1 Ouad Mentaga, jusqu'au petil col de Tizi el Qadi.
La montagne devienl aride; nous sommes sur îles schistes verts ou sur des schistes noirs siluriens où ne croissenl que quelques arganiers el des genêts sauvages.
Nous laissons sur la droite le Djebel Fgroumellal, couronné par le- calcaires crétacés, pour descendre une vallée à peu près dirigée est-ouesl el qui appartienl à un autre réseau Hydrographique que celui de VOuad Mentaga.
Celle partie de notre éta] si pénible, parce que nous recoupons
fréquemmenl ww<- rivière ayanl un forl couranl d'eau et donl le lil altcinl 3 mèlres de largeur sur lô centimètres de profondeur.
Ce qui complique encore notre marche, c'csl que la nuil vienl nous surprendre; aussi avons- s quelque peine à trouver la Zaottïa Sidi Abd El Hoçaïn, où noire zettal vcul nous conduire.
VOYAGE DA VS LE Sois. H.-,
1 ne discussion assez vive s'esl même élevée, à ce suiel, entre ce dernier cl le Chérif qui voulait s'arrêter une heure plus lût. Mais notre mauvais guide lienl visiblemenl à nous faire camper on cel endroit.
Nous nous installons en dehors du village cl nous avons la visite d'un chérif venu, paraît-il, solliciter une offrande pour la zaouïa el auquel le Souéri donne la somme, par trop modique, de cinquante cenl imes.
Cette maladresse d'un de mes hommes el aussi, je crois, la trahison de mon zellat, onl failli nous mettre en fâcheuse situation le lendemain malin, au moment du départ.
2 janvier. — De bonne lieure, au lever du jour, le chérif de Sidi Abd El lloraïn vienl nous voir et, sous prétexte de nous souhaiter
le bonjour, entre brusquemenl sous notre lente. Je suis, ''"111
(I habitude, assis au fond surma couverture, occupéà prendre quelques notes pendant qu'on prépare le déjeuner.
Notre visiteur sorl presque immédiatement en disanl : ■ Je savais bien que c était un roumi .
La réflexion était pour le moins malveillante.
Mes deux fidèles compagnons se précipitenl ;'i sa poursuite, en lui demandant pourquoi il me prend pour un roumi. alors que je suis un chérif venu de Marrakech. ■< Parce que répond-il — un chérif n'écril jamais, il laisse ce soin à son taleb.
Mes hommes insistent, soutenanl qu'il se trompe; il- désignenl même la grande famille de cheurfa à laquelle j'appartiens el ra conlenl que je fais toujours du bien sur mon passage. Il- feignent d ignorer la trop modeste offrande du Souéri el disenl cju il- sonl chargés de déposer de ma part, un douro dans la caisse de la zaouïa.
Notre interlocuteur demande alors mon nom et annonce qu il va revenir bientôt. In quarl d'heure après il arrive, en effet, rant, ;'i noire grande satisfaction, une le nom de Si Allai ligure bien
/M \.s LE BLED ES SIBA.
dans |;| famille de cheurfa qu'où lui a indiquée. Il se cl i I mainlonanl convaincu de mon origine mahométane el maraboulique.
\Tous voici à peu près rassurés et, pour donner le change à noire visiteur quelque peu indiscret, nous l'invitons à déjeuner, ce qu il paraîl accepter de 1res bonne grâce.
|.(. dépari esl néanmoins un peu inquiétant, car une vingtaine d'hommes assistenl au chargemenl de nos bètes. Je suis insolemini'iil observé, mes moindres mouvements sonl épiés.
\ul doute que lous ces gens onl sur moi plus que des soupçons : ,,,, [em- a dil que j'étais un roumi. Mais je ne crois pas leur laisser entrevoir d'inquiétude; je m'efforce, autan) que possible <lc revêtir le visage impassible el calme des musulmans. J'observe mes fidèles
c pagnons, qui pâlissent à plusieurs reprises en enlendanl cer-
taines réflexions faites autour d'eux.
Enfin nous partons et, malgré ma prétendue filiation à l'une des plus grandes familles de cheurfa du Maroc, personne ne vienl me donner l'accolade «lue à un chérif respecté !
Nous sommes déjà .i u ;erlaine dislance de la zaouïa q :eux
qui onl assisté à notre dépari nous suivenl encore des yeux.
Vprès avoir remonté lentement le ravin de Vlrzer ent Frent, en allanl toujours vers l'est, nous atteignons un col.
Je commence à me croire en sécurité, lorsque nous sommes
rejoints par un jeune I ime de la zaouïa, à l'air déluré, qui se
dispose .:i non- accompagner jusqu'au soir. Sa présence inquiète
visible ni le Chérif el Si Abdallah qui me recommandenl la
plus grande circonspection.
i >uanl au zctlat, il conserve ses allures louches d'hier; il semble vouloir accaparer noire nouveau compagnon de roule, mais Si Uxlallah l'en sépare autant que possible, en témoignant à ce dernier la plus grande fraternité.
NTous ne sommes pas, hélas! au boni de nos peines. Le chemin devicnl difficile parce que nous suivons la limite escarpée du massij primaire el des terrains secondaires. Et, comme pour mettre un
VOYAGE 1, i \> / / SOUS. |.43
comble à notre situation < pliquée, notre mule qui avail déjà eu
de la peine à suivre des pistes moins mauvaises, fait unechute d'une
einquantai le mètres en roulant sur la pente abrupte d'un ravin.
Il nous faul sortir la pauvre béte de celte fâcheuse position el nous sommes aidés dans ce sauvetage, par un harlani qui vienl de nous rejoindre. ; tandis que le zeltal ne bouge pas el que le Souéri ne montre pas beaucoup d'empressement. Forl lieureusement, la mule n'a que des blessures sans gra's ilé : notre bagage, par contre, esl forl endommagé. Nous pouvons cependant, après une demiheure, reprendre lentement notre route.
Nous s !S dans une vallée parallèle à relie de l'Ouad Men-
taga, dans les Ait ) ous Oumhend . Je ne puis songer à me servir de mes appareils photographiques, mais je n'ai |>;is interrompu le relevé de mon itinéraire el j'ai toujours continué mes observations géologiques.
Des schiste sprimaires, parfois très noir- el brillants, affleuraienl auprès de la Zaoiïia Sidi . [bd el Uoçaïn : nous nous trouvons maintenant sur le-, terrains crétacés dont nous longeons, depuis quelque temps, la limite conl re le massif ancien .
Ce contact semble bien se faire par une cassure importante, vraisemblablemcnl dans le prolongement de celle que j'ai constatée auprès «lu Souq el Had Mentaga; mais il m'est impossible, étant donnée la direction que nous suivons, de vérifier ce fait intéressant pour la structure de la chaîne.
.1 observe encore une traînée d une roche verte, sorte de brèche volcanique dont j ;ii vu des cailloux roulés, ile-.Tn.lu~ des crêtes, dans le lit de I Ouad Mentaga, q\ des blocs énormes, atteignant jusqu'à 20mèlres de diamètre, dans celle même rn ière auprès du Souq el Had.
.1 aperçois, à quelques centaines de mètres de nous, une longue bande de celte roche, paraissanl intercalée dans des grès rouges permiens el sur l'identité de laquelle je ne puis me méprendre, à cause «le- fragments éboulés qui se trouvent sous nos pas. Je pense
que ces brèches peuvenl appartenir à des éruptions volcaniques, contemporaines des dépôts de grès rouges; mais ce l'ail mériterail continuation, étanl données 1rs conditions | récaires dans lesquelles j'ai pu l'observer.
Nous sommes maintenanl dans les Ait )on.s.
[ndépendammenl des vallées importantes dirigées suivanl la ligne Je plus grande pente du flanc de l'Atlas, c'est-à-dire avec unedirec
FiL'.
•Iski [felilis el le TamjouU1, vus d'Ir'il I uli
h, ,11 sensiblemenl nord-sud, d'autres dépressions sonl creusées à peu près csl-ouesl à la limite du massif ancien. Sur \<- liane sud de chacune d'elles les bancs crétacés apparaissent forlemenl inclinés vers l'axe central de la chaîne. -Nous arrivons ainsi an poinl culmin.-ml de notre chemin, à lril Imoula, où se trouvenl des maisons abandonnées, entourées d'arganiers. \<>us faisons halte pour déjeuner.
frit [moula esl admirablemenl placé pour permettre un coup d'œîj d'ensemble sur le revers méridional du Haut-Atlas el la grande plaine du lias el < luad.
La coupure profonde de l'Ouâd Talekj I esl à nos pieds; elle
I. J'orthographie TamjouU le nom du Djebel Tamjourl de la carte, d'après 15 prononciation que j'ai entendue dans les Ail Tameldou.
Fig. Of. - Flnnc méridional ilu llaut-AIlns ol pic d'Iski [felilis
descend des crèles les plus élevées, dominée sur la gauche par le pic imposanl d'As/,/ Ifelilis.
La haute chaîne se montre escarpée au delà de la limite des terrains crétacés, tandis que ceux ci constituenl une sorte de pla teau i|iii. légèremenl incliné vers la plaine, arrête brusquemenl les pentes d'abord très raides de la montagne.
La plaine du Ras el < > 1 1; i < I apparaîl beaucoup plu- étroite que celle lu Sous, donl elle n'esl d'ailleurs que le prolongement. Elle esl ■essefrée entre l'Anti-Atlas el le Haut-Atlas; mais, tandis que ce lernier se termine en pente douce, comme je viens de le dire, la ■ha fnc méridionale débute encore, comme au sud de raroudant, par m brusque ressautderrière lequel se profilenl des sommets élevés.
Dans la partie du Ras el Ouad située le plus près de nous, la plaine alluvionnaire forme une large langue qui pénètre assez profondémenl dans les terrains crétacés et semble témoigner d'un ancien trajet de l'Ouad Talekjount, qui devail se jeter dans l'Ouad Sou^. plus loin vers l'est. Son cours serait maintenant dévié, car l'importante rivière recoupe l'éperon des terrains secondaires compris entre Tallemt >'i les Menahba ,
\ous descendons la montagne, formée ici de calcaires, de
I ,s DANS LE BLED ES SI HA.
gypses el d'argiles, le long d'une arête comprise enlre l'Ouad Talekjounl el un autre cours d'eau situé plus à l'ouest. Le sol esl recouverl d'arganiers, généralemenl petits el donnanl deloin, l'impression détaches noires mu- un sol blanchâtre. Nous demeurons jusqu'aux abords de la plaine dans les Ida ou Belloul.
Des indigènes qui se dirigenl vers El Khemis, où nous allons chercher un gîte, se joignenl à notre caravane. Celle intrusion d'étrangers dans mon escorte me gêne beaucoup dans mes observations, surtout au point de vue du relevé démon itinéraire.
L'un d'eux paraîl me surveiller ; j'ai bien peur qu'il m ail vu regarder sous
nia djellaba . ma boussole el mon baromètre. Eorl heureusement le < Ihérif s'en aperçoit, il marche alors à côté de lui pour le distraire, mais il ne peut éviter une question indiscrète: - One !'ail doue Ion camarade à regarder si souvenl dans sa chemise .'
Tu le sais aussi bien que moi, il cherche ses poux. »
Comi >n le voil cette situation, quoique un peu difficile, ne
manquai! pas d'un certain côté amusant.
En arrivanl au bord de la plaine, à ['Agadir Ait Bezzi, je constate que, de même qu'à l'entrée de la vallée de VOuad Mentaga, les couches crétacées représentées ici par des calcaires, son! fortemcnl rele- \ ées el inclinées vers le sud.
Nous campons à Touzou/tita/i, village entouré de verdure, el sil ué non loin de l'agadir.
Fis. 95. - Un village des [da ou Belloul.
VOYAGE DA VS LE Si I m
Le jeune homme qui nous a accompagnés depuis la Zaouïa Sidi Abd El Hoçaïn el qui se dil chérif esl là, ainsi que le harlani
qui m >ns ,-i aidé à sortir notre mule du fond d' avin. Des «^ens iln
voisinage viennent se joindre à eux, el mes deux dévoués compagnons, visiblement inquiets, s'empressenl autour de loul ce m le.
L'un d'eux n'abandonne pas notre unique fusil, tandis que l'autre me demande de lui prêter mon revolver.
On mange, on boit, on chante la plus grande partie de la nuit, si bien que je ne puis fermer l'œil qu'a une heure I rès avancée.
3 janvier. — Je suis réveillé avant le jour el le Chérif, auquel je demande la raison d'un départ aussi matinal, me répond par le mol elkhouf1.
Cet excellent homme el Abdallah n'ont pas cessé de veiller, dans la crainte de se laisser enlever leurs armes. Il- ont entendu longtemps discuter sur moi el ils savent que le zeltal a dil, au jeune In un me de la zaouïa, que j'étais roumi et que j'avais de l'argent . Ce bruit s'esl \ile répandu el mes pauvres compagnons onl fait leur possible pour persuader ;'i lous que j'étais un docteur musulman.
Le Chérif estime que non- n'avons été respectés que grâce à notre
fusil à cartouches » donl chacun voulait voir le maniement, mais qui n esl pas sorti un seul instant de -es mains.
En quittant Touzoumtan non- traversons le thalweg do l'Ouad Talekjount, large d'une centaine de mètres el formé de cailloux roi ili''> appartenanl pour la plupart, à des roches granitiques entraînées depuis l'axe de la chaîne du Haut-Atlas. La rivière coule, avec un couranl très rapide, dans un lit de I mètres de largeur sur 50 centimètres de profondeur.
Sur la rive gauche se trouve le Souq el Khemis . placé au bord de la plaine sur les alluvions quaternaires les plus anciennes.
L'Ouad Talekjount reçoil en ce point, un autre cours d'eau à