‹ Dans le Bled es Siba; explorations au Maroc. Ouvrage publié sous le patronage du Comité du MarocChapitre 3 sur 46 · DE TANGER A TÉTOUAN PAR L'ANDJERA ET LE HAOIZ · texte numérisé non relu

DE TANGER A TÉTOUAN PAR L'ANDJERA ET LE HAOIZ

Nous quittons Tanger un beau matin. Il esl déjà 7 heures, bien que nous soyions sur pied depuis longtemps; nos muletiers n'onl

pas mis moins de trois heures pour charger leurs bêtes. Je c -

menceà faire n expérience: il faul avoir beaucoup de patience

au Maroc, el surtout ne jamais se inouï rer pressé.

Nous sommes accompagnés du khodja' de M. Buchet, du kha lilV du Qaïd de l'Andjera, venu

pour is escorter, el de trois

hommes.

Nous représentons en toul sepl fusils. Dans les régions que nous allons parcourir, l'arme fail partie intégrante du costume. < >n porte

un fusil de guerre, de mê qu'en

Euro] sorl avec une canne : H

l'on s'en serl de temps en temps

pour s'exercer ou pour jouir du plaisir de faire parler la poudre

Je suis juché sur ma mule, déjà chargée de deux cantines, <• mêlé ù nos hommes donl j'ai pris le costume. J'ai ainsi suivi le;

I Secrétaire.

■J. Suppléant.

D l VS LE BLED ES SIBA.

prescriptions de mon ami qui voyail dans le déguisemenl le plus >ùr moyen d'être à I abri il un coup de main. Sans doute, M. Buchel, qui n'a p;is crainl 'le conserver ses vêtements européens, esl très estimé des gens de l'Andjera ; mais quelque montagnard pourrai! trouver mauvais qu'il amenai avec lui un roumi étranger. I*i' plus, notre compatriote lient essentiellement ;'i ce que notre dépari de Tanger soil ignoré; certaine presse n'a-t-elle pas, à la

Pig. 5. Le départ, sur la dune de Tanger

suite de l'affaire Perdicaris, posé la question quelque peu malveillante : A quand le tour d'un Français?

De fait, M . Buchel me paraîl un peu nerveux au dépari et, lorsque, à nuh-e sortie de la tribu du Faç, nous pénétrons dans celle de I \nil|er,i, il ne me dissimule pas qu'il vienl d'éprouver la crainte 'le nous voir éniés.

< elle partie de notre première étape esl intéressante.

A la sortie de ranger, <>n traverse une dune produite par l'accumulation du -;A>\r d,. |;, belle plage de lu baie. Sous l'influence du \enl dominanl d'esl d se forme là un am :ellemenl donl on devra

1'""' compte un jour si, comme il \ ;i toul lieu de le supposer, lu

VOYAGE DANS LE XORD DU MAROC

Fïg. 0. - \ ue d'ensemble de la dune de i uni! ■!

ville .1 besoin de s'étendre de ce côlé. Déjà loul le quartier de Maadi repose sur la dune donl l'accroissemenl a pris, en certains points, les proportions inquiétantes. Il faudra bienlol enrayer mélhodimement, par des plantations de pins maritimes, la progression du ihénomène, el surtout, ne pas imiter l'initiative de ce propriétaire mi, pour proléger sa maison située près de la plage, a eu la âcheuse idée d'opposer une barricade à l'élémenl envahisseur; j ;ii vu cette maison entourée de hautes murailles de sable H comme descendue au fond d'un puits.

La baie de Tanger esl creusée 'Lui- des argiles crétacées qui s'étendenl assez loin vers le sud. Ces terrains argileux donnenl au pays un relief mamelonné qui contraste avec la rigidité des grès eocènes qui l'encadrenl ;i l'ouest, depuis Tanger jusqu'au cap Sparlel et, ;i l'est, depuis la pointe Malabala jusqu'au delà de Ksar i'- Sri r.

L'érosion ancienne d'un pelil fleuve, actuellemcnl représenté par |i luad Sarf, ;i contribué au cr iusemenl 'le la baie en affouillanl les argiles; tandis que les falaises gréseuses, 'lu plateau du Marchan

'■I de la pointe Malabata, opposaienl à l'action de la mer ■ assez

grande résistance.

L'I luad Sarf serpente enlre des témoins 'lu lerrain crétacé, parmi

lesquels on peul ciler le Monl de Direction el le mamelon qui supporte Tandja el Balia1. Ces monticules arrondis encadrenl le fond de la baie el ils (brmenl comme une sorte de remparl qui limite une pelite plaine produite par l'alluvionnemenl de la rivière.

Le chemin que nous suivons traverse relie plaine, à la limite occidentale de laquelle commencenl les terrains éocènes. Des argiles bariolées aux couleurs assez vives, unies Leintes rouge, lie de \in el verte dominent, se montrenl intercalées «le bancs de grès bruns donl les tranches apparaissenl souvenl en saillie. Ces grès sonl de plus en |>lu> fréquents ;'i mesure qu'on s'élève dans la série des couches superposées, el ils donnenl au relief la rigidité donl je parlais loul à l'heure.

Le contraste frappa ni qui existe entre les argiles crétacées el les grès éocènes esl encore accentué par la végétation. Tandis que les premiers sonl uns el se prêtent admirablemenl à la culture des céréales, du in;iïs, du sorgho, les grès éocènes sonl recouverts par une végétation broussailleuse où dominent le lenlisque, le palmier nain, la grande bruyère.

Nous sommes, depuis une demi-heure à peine, engagés dans une

I Ouad Sarf, Tançi

La \ ieille Tanjrer,

'OYAGE DANS LE XORD 1)1' M [ROi

I ig. 8. Baie de Tanger.

vallée non encaissée lorsque, au confluenl d'un ravin descendanl y noire droite, M. Buchel me montre, à moins de Irois kilomètres, un plateau rocheux, dont le bord escarpé qui nous rail face esl taillé à pic dans les grès tertiaires. Il y a là une coupe naturelle qu'il sérail très intéressant d'examiner, mais nous devons \ renoncer parce que les rochers de Zinal abrilenl la demeure du chérif

kr Raïs Ouli. El nous nous éloig s de la falaise, non sans avoir

son^é encore à cel homme qui, par son audace, a su atlirer un momenl sur lui l'attention du monde entier.

Le seul ici- que nous suivons esl accidenté; nous chemi s dans

des ravins d'où non- n'avons pas une vue bien étendue. M. Buchel

nui s'esl chargé de relever complète ni nos itinéraires pendanl

le cours de ce voyage, esl bienlôl gêné dans son travail par une assez forte pluie: je suis de mon côté incommodé par le froid,

étanl insuffisammcnl couvert. Lne chemiseel u :uIolle de coton,

recouvertes par une djellaba composenl loul mon vêtemenl ci je me fais une idée de ce que l'on peul avoir a supporter, dans ce costume, sur les hautes montagnes au mois de janvier.

\>rs I heures, la pluie cesse : nous descendons dans la vallée

VQuari l ii >// ra m . affluenl de Y Ou ml . I lia ne, au pied dune montagne qu'il nous faul contourner pour gagner la vallée où se trouve Bciii Aleiib, résidence du Qaïd de l'Andjera.

\ partir de ce point je suis frappé par certains traits de l'orographie el 'li' lh\ drographic du pays. Les chaînes de montagnes el les cours d'eaux onl une direction sensiblemenl parallèle à la méridienne. Nous verrons plus tard commenl ces caractères géophysioues de l'Andjera s'acccnluenl en avançanl vers l'est.

.Te constate, en nuire, une relation entre la géologie du pays el la situation des villages. Ceux-ci se trouvent invariablemenl au pied de falaises gréseuses importantes. Il faul chercher la raison de cette répartition des agglomérations humaines dans la position des sources principales du pays. Les grès éocènes, «'ii effet, forment, h leur contact avec les argiles crétacées ou les argiles bariolées sur lesquelles ils reposent, un remarquable niveau d'eau d<>nl les poinls d'émergence peuvenl être ;iinsi prévus par la stratigraphie. 1 ne carte géologique bien faite el suffisamment détaillée de la région aurail une importance capitale au poinl de vue hvdrologique.

Après avoir recoupé par un col assez élevé la chaîne qui se trouvai! devanl nous, nous foulons des grès jaunâtres donl l'épaisseur esl considérable. Ces grès sonl friables, donnanl par leur désagrégation un sol sableux, recouverl d'une broussaille touffue composée de grandes bruyères el de lenlisques d'où se détachent quelques chênes.

Nous n'arrivons qu'à la nuit à Béni Ateub.

•I a\ ■ avoir éprouvé une certaine surprise en faisant la connais-

sance du Qaïd Doués. Ce dernier, un bel homme à l'aspect énergique, esl venu nous voir sous notre tente au milieu du village, el

j ai été frappé i\\\ ton de sincérité avec lequel il is a souhaité la

bienvenue.

Je dois rappeler, pour justifier mon élonnement, que le Qaïd de I Vndjera était à la tête des tribus révoltées qui onl assiégé la \ ille

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- Dj. Stitouïra el Dj. N'djarich. vus de Béni Ateub

deTélouanel rju'il a fail imposer au Sultan la ratification du choix d'un chef, fail par sa tribu.

Ould Si Abdallah Doués re rcie M. Bucbel de m'avoir amené.

\',. is voyanl pas arriver assez vite, il se disposail à venir nous

chercher à Tanger. Je m'excuse de mon déguise ni. mais il

l'approuve parce qu'il estii [ue, par ces temps d'anarchie, le

passage d'une tribu dans une autre peul soulever des difficultés.

J'ai été vivement intéressé par sa conversation.

La tribu de l'Andjera s'administre elle-même c reconnafl

aucune autre autorité que celle de sa djemaa : son Qaïd - efforce cl \ maintenir l'ordre.

Nous avons essayé, M. Buchel et moi, de hasarder quelques

, s sur la question brûlante de l'influencé française Sur ce point,

Ould Si Abdallah Doues s'esl déclaré franchement. Sans doute il reconnaît que la France pourrait, de par sa réputation de jrénéro-

site, grandcmenl améliorer le sorl de ses coreligionnaires en faisanl des roules, en favorisanl l'agriculture, de: mais, dil-il, il faudrail agir avec tael el ne rien brusquer. La Iribu est, par-dessus lout, jalouse de son indépendance; elle subira difficilemenl le joug d'une autorité autre que celle île ses élus, ei ce n'est qu'avec lenteur, en gagnanl peu ;'i peu -;i confiance, qu'on pourra lui apporter la civilisation qu'elle esl 1res susceptible de s'assimiler, mais dont elle redoute une atteinte ;'i s;i liberté.

Le village de Béni A/en/' esl situé dans un bouquel de verdure ; les bruyères arborescentes, qui sont répandues a profusion sur les grès éocènes, sonl ici très serrées, mêlées de lentisques el de grands arbres comme I olivier, le cbêne, le peuplier.

\olre li nie esl plantée sm- nue petite place encadrée de maisons el d'où la vue s'élend au nord, sur un ensemble de collines nue nous allons voir demain.

que

Sous faisons l'ascension du Djebel Stitouïra et, tandis que M. Ruchel l'.iii. avec -mi théodolite, un tour complel d'horizon, je

puis observer à loisir le beau panorama qui is entoure. Le Djebel

Stitouïra, en ,e les Djebel Ndjarich, Fahmi el el Hamra, silués

plus au nord, l'uni partie d'un plissemenl anticlinal .-issez accentué des terrains éocènes. Les grès, parfois micacés, dominent, intercalés aussi île bancs de calcaires ;'i nummulites, donl je prélève 'le- échantillons qui permet tronl une détermination précise île l'horizon géologique.

Non- nous trouvons ici ;'i un niveau slraligraphique moins élevé que celui des grès, avec argiles bariolées, que nous avons vus hier, car nous sommes dans la région centrale du pli qui affecte les sédiments éocènes. Ce- Lerrains dessinent, dans leur ensemble, île- crêtes orientées ;i peu près nord-sud.

Nous sommes séparés par une vallée assez large el peu profonde, 'lune chaîne importante offrant, vue de loin, une arête calcaire blanche; c'esl ce que j'appellerai In chaîne rie l'Andjernàonl l'impor-

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tance géographique, aussi l>i<'ii que géologique, ne peut échapper. A.ussi, est-ce du côté de cette chaîne que je vais maintenanl diriger mes recherches.

Notre deuxième campement esl celui de Dar ellladjav. Nous devons, pour y arriver, traverser la vallée de VOuad es Saheldonl la direction esl parallèle à celle de la chaîne, c'est-à-dire sensiblemenl

I ij,. |0. \ nlli c tic lOuacl es Sahol.

nord-sud. Elle esl large, étalée, el constitue la partie supérieure de la vallée de l'Ouad Bon Sfiha, qui passe à Tétouan; elle esl, en grande partie, creusée dans des schistes noirs intercalés di durs, siliceux, en lits minces; des remplissages d'oxyde de fer ou de manganèse forment, dans cel ensemble, des pierres d'aigle ren fermant, emprisonné dans nue cavité, un noyau d'argile métal

Cel ensemble schisteux fail inc islablemenl partie de la série

primaire el, sauf preuve paléonlologique du contraire, je serais tout disposé à le rapprocher des schistes des Trara qui se pour-

suivenl loul le long tic la côlc algérienne, depuis les montagnes il Ai'/i'ii jusqu à la l'ronlièrc marocaine.

Nous cherchons avec -i>in dans ces schistes mais, malgré l<>u> nos efforts, nous n'\ Lrouvons pas le moindre fossile;de même on n'en a jamais rencontré dans les terrains analogues des côtes il Algérie.

Nous avons quitté les grès éocènes sur le flanc droil de la vallée. Il- rcposenl sur des calcaires marneux, grisâtres, qui paraissenl identiques ;'i ceux, avec nombreuses empreintes végétales, i|iii se trouvenl dans la même situation slratigraphiquc auprès de Tanger calcaires à fucoïdcs . M;iis. à partir de l'Ouad, nous pénétrons dans la chaîne de VAndjera <lmil la structure esl toute différente.

Aux schistes noirs succède, en effet, une série puissante de conglomérats, degrés rougeatr.es el d'argiles colorées formant des couches généralemenl très redressées el donl l'ensemble rappelle, ;'i s j méprendre, le terrain îles Béni Menir, auprès de Nédroma Algérie . que l'on considère comme le représentanl «lu permien dans le Nord de l'Afrique.

Nous demeurons longtemps sur le sol ferrugineux de celle formation el le chemin de VOuad es Sahel, jusqu'à Dar el Hadjar, esl assez piltoresque. Il esl 1res élroil el laisse parfois à peine le passage d'une mule chargée, entre deux haies d'une végétation épaisse de grandes bruyères, de lentisques ei de chênes, forma ni

I '■■ il i lii l'Andjcra, * le son (lanc occidental.

VOYAGE DANS LE NORD DC MAROC

Fig. 12. — Vallée de Dar el ll.ulj.n-.

une broussaille de trois à quatre mètres de hauteur. Le chemin esl d'autant plus encaissé <]ifil esl généralement creusé dans le sol, à une profondeur d'un mètre environ. I ne embuscade sérail facile le long dune telle piste, mais nous n'avons rien ;'i craindre; notre sécurité esl assurée dans la tribu de l'Andjera.

Nous arrivons de nuil à Dar el Hadjar, où nous avons le plaisir d'être reçus par le fils d'un chérif qui nous a fail préparer deux belles chambres dans une maison très propre; il s'esl opposé .:i ce que nos hommes, qui nous avaienl précédés avec notre campement, plantassent notre tenir.

Grande esl ma surprise le lendemain, lorsqu'il m'esl permis de contempler le site pittoresque dans lequel nous nous trouvons.

Dar el Hadjar esl formé de plusieurs groupes de maisons, bâties au pied d'un escarpement imposant. On se trouve ici à la limite des grès el argiles permiens el de la zone calcaire de la chaîne >/<■ VAndjera. I)c> eaux, descendues en cascade de la montagne,

|S DA \ s / ./■ BLED ES SIBA.

semblcMil té igner encore, par leurs dépôls, de l'origine des

li-averlins qui constilne.nl de petites plates-formes, sur lesquelles ,.„! |,.-||| |e village. De nombreux bouquets d'arbres, où domine l'olivier, ajoutenl encore à l'aspecl rianl du paysage. I ne djemaa importante renferme les restes d'un maraboul vénéré.

Nous employons l'or! utilement [ajournée du lendemain à explorer les crêtes. M. Buchel se propose d'aller planter son théodolite sur

lui, des -on, Is. le Ha fat el Kebira, lundis que je jetterai un coup

d'oeil sur l'ensemble de la chaîne.

A partir de Dar el Hadjar la montagne esl constituée par une série puissante de calcaires, d'abord bréchoïdes el conglomérés, puis formés de bancs massifs d'une roche grise ou jaunâtre, à cassure cireuse. Cette série rappelle à s'y méprendre celle du lias de la côte occidentale de l'Algérie.

La montagne calcaire esl d'abord recouverte de broussailles de

ig 13 Dai el Hadjar.

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Fie. li. — Les crêtes calcaires de la chaîne de l'Andjera.

lenlisques, de bruyères el de Ihuyas d'où émergent, çà el là, des rochers nus; puis, en se rapprochant des hauteurs, celle végétation se raréfie pour disparaître complètemenl aux sommets cl laisser voir des pics el des arêtes d'une blancheur éclatante, rappelanl les montagnes des environs de Marseille cl de la Basse Provence

Du poinl culminanl du Hafat el Kebira onjouil d'un panoram; superbe. On ;i -on s les yeux la créle calcaire qui paraîl s'abaisser du côté de Tétouan, dans la vallée de l'Ouad Bou Sfiha el qui s< prolonge, au nord, jusqu'au bord delà mer, au-dessus de Ceula parle Djebel Mouça.

On est, de plus, frappé de la proéminence de certains sommets

alteignanl de H à 901 Hres, comme le Djebel Mouça, le Hafat el

Kebira et, au sud, le Djebel Tserents. Enfin le Bocherde Gibraltar, donl on aperçoil la pointe dans le lointain, paraîl se trouver sur le prolorçgemenl de la chaîne <!<■ l'Andjera.

Fig. i:>. — Tolouan cl la v

Fig. 10. - Chaîne de l'Andjï

Celte longue traînée calcaire se montre encadrée, à l'ouesl cou nue a l'est, par les grés cl argiles colorés iln permien cl. pln^ loin, par les schistes noirs primaires. I . éocène vicnl les recouvrir dans l'ouest, depuis le cap Spartel el Tanger jusqu'à Béni Ateub; tandis que

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e ['( luad Bou Sflha.

i Hafal •■! Keliira direction nord

dans l'esl les terrains primaires se superposent, dans les petites presqu'îles de Ceula el de Ras Tarf, sur h- terrains plus anciens, représentés par des schistes cristallins.

I.,. Haouz forme, entre la chaîne de l'Andjera el la côte méditer-

ranéenne, un plateau < ndulé où apparaissenl des mamelons assez peu élevés, comme le Djebel Zemzem1. Vers le sud, nous voyons en enfilade la chaîne du Rif cl les montagnes des Béni Hassan et, clans l'ouest, le Djebel Ahd es Slam.

Nous stationnons pendanl plus de trois heures au somme) du lln/ai el Kebira. M. Buchel fait, au théodolite, un tour d'horizon qui lui permettra de recouper les principaux sommets de la presqu'île nord-marocaine el de rattacher sa station à Gibraltar et à la côte d'Espagne.

Des indigènes du Haouz, nous apercevanl de très loin au sommel de la montagne, viennent s'asseoir paisiblement auprès de nous el manifestenl leur sympathie à l'égard de mon ami.

Nous comptions d'abord gagner Tétouan en descendant ÏOuad es Sahel . puis |'< >uad Hou Sfiha qui lui l'ail suite, mais nous sommes obligés, au momenl de nous mettre en route, de modifier notre itinéraire. I n chérif esl venu, pendanl la nuit, prévenir « le roumi » qu'il y aurail imprudence à suivre le chemin de la vallée. Il nous faudrail rejoindre la route de Tanger à Tétouan au coude de l'Ouad Bou Sfiha, à la limite des tribus de l'Andjera, du Haouz, 'I1'- Bcni Ider el des Ouad Ras. Or ç'esl là le poinl le [dus dangereux, parce que chaque tribu rejette sur les voisines les méfaits commis par ses habitants. Nier encore, dix-neuf mulets onl été razziés el un troupeau de boeufs, dirigé sur Ceuta, a été enlevé au passage. 1-e chérif, ami de .M. Buchet, crainl que nous ne soyons dépouillés sur noire chemin.

Noire décision esl bien vite prise : nous allons recouper la

1 itagne calcaire pour arriver à Tétouan par le Haouz. Person-

nellemenl je n y perdrai rien, parce que je vais pouvoir relever une coupe transversale complète de la chaîne. Jusqu'au poinl culminani de noire route, au col de M n h h nu I, h <■/ Teldja, nous remontons loiile la série de- terrains liasiques qui se termine, suivanl l'axe de l. M. -m Verl do lu Carte livdi-oerapliiruio.

OYAGE DANS LE NORD 1)1 MAROt

i isr. 17. - r.li

de l'Andji

.lu [Iafal el Kebira direction sui

la chaîne, par des calcaires bleuâtres intercalés de marnes, rappelanl ce que j'ai désigné sou-- le nom de « calcaires en dalles » dans les Trara, cl donl la présence complète l'analogie du lias de l'Andjera el de l'Ouesl algérien. Nous voyons défiler sur le revers

oriental de la montagne la même succession géologiq |ue sur

|(. flanc occidental. Les calcaires de l'Andjera reposent, au pied de l'escarpemenl rocheux de la chaîne, sur les schistes noirs primaires de la vallée de VOuad es Sahel; tandis que les conglomérats per miens affleurent plus au nord.

La disposition des calcaires liasiques montre que la chaîne de l'Andjera a, en ce point, une structure synclinalc.

Nous traversons le pittoresque village à'El Kouf el sa situation me suggère une remarque générale qui s'applique à la fois aux deux revers de la chaîne.

Des groupes de maisons sonl échelo :s de chaque

;, cheval sur la limite des calcaire- liasiques el des couches pri-

maires sous-jacenles. Il faut expliquer ce fait par l'existence d'un niveau d'eau important au conlacl des lerrains secondaires el primaires. Les agglomérations ainsi réparties, pour ne citer que Dar el Hadjar el Alonia sur le versanl ouest, EIKouf el Dar Zardjoun sur le versant est, sonl alimentées par des sources abondantes qui

lombenl en cascade sur les pentes escarpées de 1; itagne.

I h contraste exislc entre les deux côtés de la chaîne méridienne del'Andjera. Le versanl oriental, en effet, apparaîl beaucoup plus abrupt; à son pied s'étend le plateau mamelonné du Haouz, dont la hauteur ne dépasse guère 200 mètres. Au contraire, la partie

Fis. 18. - Chai !■■ l'Andiei-a

occidentale de la chaîne se relie insensiblement avec la série des montagnes qui s'étendent depuis Tanger, par les Béni Ateub; si bien qu'il y a abaissement graduel du relief jusqu'à l'extrémité ouest de la presqu'île nord-marocaine, au cap Spartel.

Le plateau du Haouz forme, au pied du massif que nous venons de traverser, nue longue bande littorale, large de 1 à 3 kilomètres seulement, qui offre deux petites presqu'îles : celle de Ceuta (pointe Almina el celle de lias Tarf cap Negro .

En approchant de I étouan, les lerrains primaires sont recouverts

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