CHAPITRE VI
A franc-maçonnerie est-elle une ar- 1 mée ennemie ? 2.
5 Il est facile de répondre à cette :
question par les paroles des chefs maçon- | niques eux-mêmes. D'ailleurs le Vicaire É de Jésus-Christ a parlé.
“Les francs-maçons constituent, dit Léon XIIT (dans l'encyclique Æumanum Genus) une société dont les membres, liés par des serments secrets, entreprennent de détruire l'Église, afin d'arriver à dépouiller complètement les nations chré-
tiennes des bienfaits dont elles sont redevables à Jésus-Christ ”; et encore : “les affiliés promettent d'obéir aveuglément et sans discussion aux injonctions des chefs, de se tenir toujours prêts, sur la moindre notification, a exécuter les ordres donnés, se vouant d'avance, en cas contraire, aux traitements les plus rigoureux et même à la mort.... La franc-maçonnerie est destructive de la famille, ne considérant le mariage que comme ur contrat résiliable, et confiant.à l'Etat l'éducation des enfants, dont elle exclut toute influence religieuse.”
Voiciles paroles bien claires du Vicaire de Jésus-Christ, paroles écrites avec l'assistance de l'Esprit-Saint. La franc-maçonnerie est mauvaise en Canada comme elle l'est ailleurs, mais elle se cache plus, voilà la différence. Tout le monde connaît le fait suivant.
. Quand les francs-maçons élevèrent à
ma
moc posé prin
la fr
-ede- «es ment , des ur la rdres conureux
icaire
'assis-
plus,
nnaît
ent à
NOS ENNEMIS FRANCS—-MACÇONS 67 Rome en face du Vatican, une statue à un moine apostat, nommé Bruno, les frères-maçons du Canada ont tenu à être représentés au pied de ce monument par le frère Murray, dit un journal, organe de la franc-maçonnerie universelle. Un officier de l’armée anglaise, un certain monsieur Hall, je crois, disait dans un discours à Kingston, Ontario, que pour lui, il ne pouvait blâmer les catholiques d’être opposés à la secte maçonnique, parce que, dit-il, nous sommes unis à la maçonnerie continentale qui, elle, est opposée à l'église catholique et veut la détruire. Je sais que ces paroles ont soulevé dans le temps une discussion parmi les frèresmaçons de Kingston.
D'ailleurs les francs-maçons les plus modérés, qui soutiennent n'être pas opposés à l'Eglise, mettent de l'avant ce principe-ci : l'Eglise n'a rien à voir dans la franc-maçonnerie ; principe faux, car
ne
ie
Dieu a quelque chose à voir partout où il y a de ses créatures.
La franc-maçonnerie, comme on vient de le voir, est une société secrète dont les membres vouent obéissanee à des chefs dont souvent ils ne connaissent pasles intentions. Ces chefs, z/s le savent, sont les ennemis des prêtres, des évêques et du pape. Comment se jast-1l qu'ils ne soient pas complices de tout le mal que font leurs chefs ?
La franc-maçonnerie est constituée hiérarchiquement. Il y a d'abord la francmaçonnerie extérieure. Elle comprend les dupes, les nigauds qui ne sont pas initiés aux secrets de la secte et n’en sont que les instruments aveugles. On y distingue les grades inférieurs d’apprenti, de compagnon, de maître-maçon. La très grande majorité ne monte pas plus haut, mais ils obéissent à des chefs dont ils reçoivent le mot d'ordre. Ces chefs ap-
out où
n vient e dont >s chefs s les insont les s et du Le soient ue font
stituée a francprend pnt pas en sont y disenti, de a très is haut, lont ils efs ap-
partiennent à la haute franc:maçonnerie secrète, dite des arrière-loges.
Les arrière-loges se composent du souverain tribunal, qui exerce la suprématie judiciaire ; du consistoire exerçant la suprématie exécutive et du suprême conserl, gouvernant secrètement toute la société.
\ J'ai dit que la franc-maçonnerie était une armée. Dans une armée, amis lecteurs, il y a le conseil des généraux qui décide telle et telle manœuvre : ils sont peut-être cinq ou six ; ils donnent aux soldats l’ordre de partir, les soldats, au nombre de cent mille partent. où vontils ? ils ne le savent pas, mais il faut qu'ils marchent. Il en est ainsi dans la société maçonnique : ils reçoivent des ordres, il faut obéir.
Monsieur Rameau de Saint- Père, français sympathique au Canada, lors de sa dernière visite, il y a quelques :nnées, nous a dit de nous mettre en garde ; qu'il
avait appris que la franc-maçonnerie devait tenter un grand coup en Canada en 1893.
Quand il prononça ces paroles plusieurs des auditeurs se sont regardés en signe d'incrédulité.
Pourquoi 93 plus qu'une autre année ?
Les événements ne lui donnent-ils pas raison ?
Je parle ici pour ceux de mes compatriotes qui disent que les francs-maçons du Canada ne sont nullement à craindre. Ils sont à redouter comme tous les autres, car ils appartiennent à une société qui a juré la mort à l'Eglise catholique, à l'Eglise catholique qui les enterrera tous. Ceux de nos compatriotes qui se joignent à la franc-maçonnerie sont de grands criminels qu'il faut dénoncer partout et qu'il faut fuir. On ne peut entrer dans cette société sans apostasier sa religion, car il n’y a pas un catholique qui ignore que la franc-
l'esp n'au il ne
onnerie Canada
lusieurs n signe
année ?
-ils pas
compa- Lçons du dre. Ils res, Car i a juré l'Eglise Ceux ent à la iminels l faut société y a pas
franc-
maçonnerie soit l'Eglise de Satan, qui ne veut pour serviteurs que des esclaves, oui, des esclaves !
Il est étonnant en effet de voir que des.
hommes qui se piquent d'indépendance, quine veulent pas, disent-ils, se laisser mener par le bout du nez, aillent promettre de suivre dans les ténèbres, un chef quine veut pas leur dire où il les mène. Vils esclaves qu'ils sont, ils se laissent attacher la corde au cou, et pieds et poings liés, ils se mettent à la disposition d'un général qu'ils n’on jamais vu, et dont ils ne connaissent bien souvent pas même le nom.
On parle des esclaves d'Afrique ; les esclaves d'Afrique, sont des modèles de liberté comparés à un franc-maçon qui promet obéissance sans connaître le premier mot de ce qu'il aura à faire. Mais l'esprit de ténèbre veut des serviteurs qui n'auront d'autre volonté que la sienne et il ne prend à son service que ceux qui
72 DANS LE CAMP ]} [ savent ployer leurs épaules sous le joug de la tyrannie.
Un homme qui a été catholique et qui se fait franc-maçon, change son beau titre d'enfant libre de Dieu en celui d’esclave de Satan.
Examinons maintenant quel est le plus grand danger dont la franc-maçonnerie menace l’église du Canada.
Comme on vient de le dire, la francmaçonnerie est hypocrite et cache son but ; elle veut ruiner l'Église de Dieu, mais ce n'est pas par les moyens violents de l'épée ni des boulets de canon; elle sait que le sang des martyrs fait germer des milliers de chrétiens. Elle veut employer des moyens plus détournés : s'emparer des enfants qui dans dix ans seront des hommes, et les former d'après ses doctrines. Pour en arriver là : s'emparer de la presse, des journaux du pays, former les opinions du peuple dans le sens voulu
le joug
e et qui au titre esclave
t le plus çonnerie
la franciche son ieu, mais lents de elle sait mer des mployer emparer ont des ses docparer de , former ns voulu
par les loges, puis faire passer des lois en conséquence; voilà le but de tous ses efforts, si elle réussit à l’atteindre, le tour est joué : l’église catholique n’a plus d'empire sur les écoles primaires, et le règne de Satan s'établit dans les familles d’abord, puis dans la société tout entière.
Emparons-nous du sol, crient en chœur tous ceux qui aiment la patrie ; emparonsnous des enfants catholiques, disent les chefs des loges, nous en ferons des ennemis de la cause catholique.
Mes chers compatriotes, inutile de se le cacher, on veut vous persuader que la religion catholique n’a pas mission d’instruire vos enfants. On ne veut pas commencer par des mesures trop radicales, mais ça viendra bientôt. Pour le moment contentons-nons, disent nos ennemis, de faire croire aux gens que ceux que l'Église catholique prépare pour l’enseignement par des études suivies, des prières cons-
tantes et par la réception des Sacrements, ne valent pas ceux que forme le pouvoir civil. Leur maxime est celle-ci : les grâces de l'Église de Dieu ne valent pas “celles” de l'État.
Les journaux, rédigés par des francsmaçons connus ou des francs-maçons qui se cachent, se font l'écho de tout ce qui a retenti dans les loges. Les prêtres enseignants, les frères, les sœurs ont des règles approuvées par l’Église, ces règles rentrent dans les plus petits détails pour ne rien laisser au caprice des individus :
tout, jusqu'aux corrections, est prévu. Ceci ne suffit plus même pour ceux qui se disent catholiques ; il faut appeler le roi Hérode pour que de son bras levé, il puisse punir non pas les enfants, on ne veut plus de punition pour ceux-ci, mais les instituteurs que Jésus lui-même, par ne vocation divine, a délégués auprès de ceux qu'il a rachetés de son sang.
nents, ouvoir races celles”
rancsns qui equia prêtres ont des règles s pour ividus :
u. Ceci qui se le roi puisse
ut plus instiune e ceux
Voilà où l'on en est rendu. Qu'il est triste de voir des catholiques proposer des mesures qui reçoivent les applaudissements frénétiques de tous les ennemis de l’Église, sans en excepter #x seul!
Est-ce que cela n’est pas de nature à leur faire craindre qu'ils ne reçoivent aussi les applaudissements de l'enfer ?
Les idées conçues par les loges maçonniques ont été tellement répandues par la mauvaise presse, que des journaux destinés à des catholiques, ont pu reprocher à l'Honorable Thomas Chapais et à Monsieur Crépeau, membres du Conseil de l’Instruction publique, de s'être rangés du côté des Évêques, sans soulever à Montréal ni à Québec d’autres protestations que celles de “la Croix, ” du ‘“ Courrier du Canada” et “de la Vérité.”
Voici ce que l’on disait dans les clubs où l'on prépare les idées qui doivent
ne | “éclairer” l'opinion publique : “ Dites-moi | ol donc, ce Chapais et ce Crépeau, deux q EU | hommes pourtant intelligents, avoir fait wl ‘1 |) jl | une bêtise pareille ! se ranger du côté des la tt Evêques, contre le peuple !” Ça vous sur- m j prend peut-être, mes chers amis, cepen- Nc |, | dant, non seulement on l’a dit, mais on à (ll | \ l'a écrit. au ll Faire croire aux populations que la ve
| cause des évêques et des prêtres est une {. cause personnelle, distincte, séparée de tes | celle du peuple, c’est l'œuvre par excel- tot | lence de la franc-maçonnerie. Persuader le qu à monde qu’en travaillant pour la cause des À a | évêques et des prêtres, on travaille contre idé les laïques, c'est l'œuvre que ie diable aime Æ une 4 le plus. Aigrir le pauvre peuple contre À lise | les ministres de Jésus-Christ, voilà le tra- par vail auquel se livre la mauvaise presse, RW Car E
qui ne manque jamais de leur donner un coup d'épingle ou un coup de poignard quand l'occasion s’en présente.
tes-moi , deux oir fait ôté des ous Surcepenmais on
que la est une arée de r excelsuader le ause des le contre ble aime e contre à le trapresse, nner un poignard
La lutte est engagée dans la Province, quelques-uns ont jeté bas les masques et veulent par tous les moyens, séparer les laïques des prêtres ; et c'est dans un moment aussi critique qu'on voit des catholiques pratiquants, venir faire des misères à nos évêques. Amis! Attendez donc au moins que l'orage soit passé avant de venir nous Ôter nos parapluies.
Ces catholiques soutiennent qu'ils détestent la franc-maçonnerie; je le crois de tout mon cœur, mais comment se fait-il qu'ils soient acclamés par elle ? Le démon a le nez long, il flaire de loin l'odeur des idées dont la semence doit lui rapporter
une belle récolte pour l'enfer. D'ailleurs
lisez attentivement la lettre suivante écrite par un des prêtres les plus distingués dù Canada.
Elle est écrite de France.
“ À ce propos, laissez-moi vous faire part d'une intéressante conversation que
j'ai eue, il y a deux ou trois jours, avec un homme fort intelligent que j'ai rencontré en voyageant de St. Malo à Cherbourg.
Je voyage volontiers detemps entemps, en troisième classe, ou en deuxième. Cela va bien aux proportions de ma bourse de séminariste. Mon accoutrement me fait assez facilement passer pour un Américain ou un Anglais.
Or, j'avais pour vis-à-vis le monsieur en question. Nous causions. Il m'adresse la parole en anglais, en fort bon anglais, mais avec un certain quelque chose qui me fit juger qu'il était français.
Bientôt il apprend que je suis Américain ; que je connais le Canada ; que je n'ai pas de préjugés, etc., etc.
Ce monsieur est très content de la tournure que va prendre la question scolaire aux Etats-Unis. Le Canada français
est encore fort arriéré, mais patience,
5, avec ‘encon-
Cher-
temps, e. Cela urse de me fait Améri-
nonsieur
tion SCOfrançais patience,
NOS ENNEMIS FRANOS-MAUONS 79
cela viendra, “ Vous, dit-il, sous travaillons là-bas, non sans succès.”
Mais, lui dis-je, comment l'entendezvous ? Il y a beau temps que je n'ai plus de nouvelles de ces pays-là, et je ne vois pas ce que vous voulez dire.
—Comment vous ne savez pas ‘that the ball has been set rolling ” au Conseil de l’Instruction publique, par une proposition qui tend à exiger l'examen pour tous et toutes les instituteurs et institutrices, même appartenant à des ordres religieux ? Il est vrai que nous laissons l'examen aux évêques, mais, patience, ce n’est qu'un premier pas.
“__Et, dis-je, la proposition a-t-elle été acceptée ?
“__Non ; tous les évêques ont voté contre ; tous les laïques, moins deux, ont voté pour.
“__ Ainsi elle est perdue ?
“__Oui ; mais pour renaître. Car, M.
EE
= page
RE
Mason ou Masson, je ne sais plus qui, aurait dit ; Vous voulez la guerre, vous l'aurez.
“ Certes, dis-je, voilà vraiment x rex departure. C'est toute une révéiation. Et, en parlant de cela, j'ai remarqué que vous disiez : #ous—Est-ce que vous seriez canadien-français ? Ou bien, avez-vous avec eux des relations qui expliquent ce nous ?”
Mon interlocuteur sourit. “ N'ayant pas l'honneur de savoir dans quelles eaux vous nagez, me dit-il, je ne puis que vous répondre ceci : mes amis et moi, nous nous réjouissons de tout mouvement dont le résultat nnal est de mettre l'éducation sous le contrôle de l'Etat. Nous avons obtenu cela en France ; nous y arriverons au Canada.”
“ Je vous avoue que je fus surpris et effrayé. On m'avait dit à Paris, que la maçonnerie européenne avait au Canada
1S qui, , VOUS d new on. Et, 1é que s seriez ez-VOUS xent ce
ayant les eaux ue vous 1, nous nt dont [ucation
avons Hverons
pris et que la Canada
NOS ENNEMIS FKANUS-MAÇONS êt
ses agents qui travaillaient plus ou moins ouvertement à arracher l'enfance et la jeunesse à l'Eglise pour réaliser le plan des loges : l'Etat éducateur, afin d'arriver à l'éducation laïque et sans religion. On me l'avait dit, mais je ne le croyais pas.
Aujourd'hui, je crains beaucoup...
“ L'Université francaise, laïque, toute puissante, incroyante, est, aux mains de l'Etat, le plus puissant engin de destruction religieuse. Pour s'en assurer, il suffit de voir les résultats pratiques de cette éducation sur les 500 jeunes gens du Lycée de Cherbourg, et ab uno disce omnes.
‘ Mon compagnon de route me raconta aussi avec 1ne satisfactiou évidente, parce qu'il v voyait un bon signe, qu'à Montréal, on venait de célébrer la St. Jean- Baptiste, et qu'au Banquet il n'avait pas été question de la santé du Pape, ni des Evêques, ni de l'Eglise. Est-ce vrai ? Une pareille omission dans un banquet de
Es
D nn 2
RO
rt
Canadiens-français ! Je vous avoue que je ne l'ai pas cru.
‘“ Ici, en France, les catholiques savent maintenant à quoi s'en tenir. Ils voient le mal, ils en gémissent. Ils déplorent la facilité avec laquelle autrefois ils ont fait le jeu des loges, sans s’en douter. Puisse leur exemple nousinstruire et nous mettre en garde contre des théories dangereuses par le fait même de leur origine !
‘ F'aurais, sur cette question de l'éducation, et sur l’état de la France au point de vue religieux, des détails intéressants à vous donner. Mais je n'ai pas le temps d'écrire. Je pars ce matin même pour Caen, avec l'intention de visiter une bonne partie de la Normrndie. J'espère pourtant rentrer tôt ou tard au Canada.
En attendant l’heureux jour où je remettrai le pied sur le sol natal, croyez- OI.”
Votre bien dévoué,
e que
savent
ent le
ent la nt fait Puisse mettre reuses
éduca-
Permettez-moi de corroborer le témoignage précédent par le fait suivant qui vous sera de nouveau raconté à l'heure du jugement général. Un Canadien-français croyant que les prêtres calomniaient la franc-maçonnerie, alla demander son entrée à cette secte condamnée par l'Église.
Pendant vingt-sept ans, une mère, agenouillée au pied des autels, priait pour la conversion d'un fils qui avait abandonné sa religion.
Vingt-sept ans après que celui dont je vous parle, se fut joint à la franc-maçonnerie, un prêtre misssionnaire reçut la visite d'un homme qui lui dit : Mon père, je suis frano-maçon et veux abandonner cette société secrète ; je sais ce que j'ai à faire ; voici ma rétractation que vous donnerez à l'Evêque.
Comme le bon Dieu est plus fort que le diable, cet homme redevint catholique.
en
ES