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aveugler ; mais ce journal est imprimé à Montréal et appartient à un parti politique. Va-t-on être assez aveugle pour dire :
il est bien vrai que celui qui est à ia tête de ce journal, est un ennemi de l’église catholique, mais si je ne soutiens pas ce journal je fais dommage à mon parti ?
Sont-ce les intérêts de l'Eglise catholique que j'ai le plus à cœur, ou ceux de mon parti politique ?
Amis lecteurs, notre Mère l'Eglise catholique vous regarde. Artisans des villes et habitants de la campagne, vous qui appartenez au parti quin’aime pas monsieur X., pour chef, vous êtes pleinement dans l'exercice de votre droit, jouissez de votre liberté; votre mère l'Eglise vous le permet, de même qu'elle permet à vos opposants de soutenir leurs vues, mais elle ne vous permet pas de vous laisser mener par le bout du nez par le rédacteur dela “Canada-Revue,” par un français
NOS ENNEMIS . POLITICIENS 139 que la vague libre penseuse a jeté sur nos rives, et qui vient nous demander du pain pour avoir la force de répandre ses mauvaises doctrines.
On se demande ce que vont faire les catholiques ; ceux qui sont allés acclamer Monseigneur l'Archevêque le premier mai, vont-ils acclamer celui qui les injuriait et se moquait d'eux la semaine suivante ?
Que vont faire les chefs des différentes nuances ? Re
Que va faire l'Hon. F. G. Marchand ?
Quelle ligne de conduite va suivre l'Hon. M. Mercier ?
Quelle attitude va prendre l'Hon. W.
Laurier ?
La question est grave et mérite beaucoup de réflexion ; elle exige beaucoup de prières à Dieu, qui peut nous éclairer et qui nous jugera un Jour.
Il y a quelques années, l'Honorable Holton, député de Châteauguay mourut ;
son fils se présenta candidat pour recevoir l'héritage de son père en arborant les mêmes couleurs. M. Thomas White, plus tard ministre, était dans le camp opposé. Eh bien, écoutez, compatriotes ; malgré tous les efforts tentés par les conservateurs canadiens, il n'a jamais voulu descendre dans le comté pour combattre avec un catholique, contre un confrère anglais et protestant, il savait que s’il différait d'opinion avec lui sur les questions secondaires, c'est-à-dire, sur les moyens à prendre pour faire de l'argent et le dépenser pour la prospérité du pays, il se rencontrerait toujours tous deux, toutes les fois au’il s'agirait des droits d’un anglais et d’un protestant. Voilà pourquoi White le protestant aimait mieux un anglais libéral qu'un catholique conservateur.
Les catholiques sont en minorité au parlement d'Ottawa, et il me fait toujours peine de constater au lendemain des élec-
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tions générales, la défaite d'un catholique contre un protestant. Dans les provinces maritimes et dans l'Ontario, les catholiques font une lutte de géant; à quelque parti qu'ils appartiennent, libéraux et conservateurs se rencontrant sur le terrain religieux et sont une force dans les moments de grand danger. Cependant presque
tous les journaux, quelque soit le parti ”
qu'ils représentent, se réjouissent de la défaite d’un catholiquecontre un orangriste, pourvu que celui-ci pense comme eux en politique. Il n'y a que l'esprit de parti qui puisse porter un journaliste soi-disant catholique, à pousser ces cris de joie délirante sur le cadavre politique d’un catholique piétiné par un orangiste ou un francmaçon.
La joie de nos adversaires est de voir les catholiques divisés. Or l'esprit de parti est ce qui nous divise dans les moments de lutte, quand notre Mère la Sainte