‹ Dans le camp ennemi [microforme]Chapitre 15 sur 22 · RL NP DR DR D RSS CS OS ON OS AS OST OASONCS BARS AA DA RAS · texte numérisé non relu

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Mis lecteurs, faisons un grand signe de croix et entrons résolument dans le domaine brûlant de la politique. Que mes compatriotes qui lisent ceci ne craignent rien : s'ils mettent la religion avant la politique, les principes de Jésus-Christ avant ceux d’un parti politique, pour une fois du moins, ils vont tous être contents de moi.

Bien des personnes sages, qui ne se montent pas la tête pour des riens, qui pèsent le pour et le contre de chaque

question, qui n'ont aucun intérêt personnel en jeu, pressentent un grand danger pour notre avenir national et religieux, dans l’acrimonie de nos luttes politiques. Ne mettons-nous pas les intérêts du parti avant ceux de la religion ; ne transigeonsnous pas avec un principe, ne faisons-nous pas taire notre conscience en bien des circonstances pour ne pas faire de do mage à notre parti ? N'avons-nous “A dit bien souvent dans le secret de notre cabinet : je ne devrais pourtant pas faire cela, mais que va dire mon parti ?

Je ne devrais pas acheter les électeurs comme je le fais....mais mon parti !

Je n'aurais pas dû donner mille piastres à ce cabaleur qui va s’en servir pour aller soûler les électeurs et acheter les consciences... mais mon parti ||

Je ne devrais pas voter dans tel sens. .… mais mon parti | Je ne devrais pas dire tant de calomnies

nt | re ———— —— NOS ENNEMIS POLITICIENS 133 ii #41 1 gs | F4 el sur mes adversaires politiques ...mais FL AA ID AN l ARE ur mon partf! lof ns Je ne devrais pas exercer telle ven- LM \ 7 . ARC Ne geance à l'égard de tel homme.... mais RE rti mon parti | ai e 4 Et ns- Je ne devrais pas donner tel contrat à aq jus un tel... mais mon parti | +: jet des Je ne devrais pas recevoir l'appui de Aa on | ce voltairien, qui n'a qu'un but : détruire ei A, l'Eglise catholique. ..mais mon parti ! if tre Je ne devrais pas envoyer ce polisson cl 2 2 19 A aire éhonté parler en ma faveur dans telle ji) . . . mitditl paroisse...mais mon parti | A urs Je ne devrais pas nommer à tel emploi a In ce bambocheur incapable... mais mon Pan res parti ke ll ller Je ne devrais pas donner l'autorisation nel ns- de vendre de la boisson à cet aubergiste sn qui enivre tant de jeunes gens, fâit pro- ji Hs férer tant de blasphèmes, commettre tant il de honteux désordres... mais mon parti ! A Al lies Je ne devrais pas laisser tel journal que FR jh

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je puis contrôler dire tant d'infamies...

mais mon parti |

Toujours ce refrain : mon parti! mon parti.! Les maux que l'esprit de parti a causés dans le pays sont incalculables.

L'esprit de parti a tellement vicié les intelligences, faussé les iugements, qu'il

fait dire blanc et noir sur la même ques-

tion, du jour au lendemain. Fermettezmoi de vous rappeler ce que lécrivais dans ma seconde mine il y a douze ans.

‘“ J'entre dans une maison, j'étais écclier.—* Monsieur, quel est donc le nom de votre voisin ?

— Pierre un tel ; c'est un bon voisin, un homme d'église, craignant Dieu, un travaillant qui a élevé une grosse famille sur une petite terre, un homme sobre et charitakle, qui ne dit jamais oros comme ça de mal des autres...etc. etc. Il fit son éloge pendant une demi-heure.

L'année suivante, j'e.trai pour me

# NOS ENNEMIS POLITICIENS 135 ! | (| . : ce ia e reposer dans la même maison. Les élec- 4e tions avaient eu lieu, et son voisin n'avait HE on pas voté pour son neveu qui s'était pré- qu tia senté. US les. —Monsieur, dis-je à cet homme, qui pra les ne me reconnaissait plus sous mon nouvel fe | | qu'il À accoutrement, quel est votre voisin ? poil PRE — Pierre un tel. Ça, monsieur, c’est la nil Lez" belle canaille ! c’est rogne, entendez-vous, all vais jusqu'au bout des ongles. Ça ne sort el ne jamais de chez lui, parce que c’est trop (le éce- bête pour se présenter devant le monde, | 1) pie ça va lécher le balustre et ça peut tuer un homme pour six sous. Ne soyez pas nl ISIN, inquiet ; je l'attends bientôt dans un pro- rl , un cès ; je verrai le bout de sa terre ou bien (ne tal nille il en cogncra des clous ; je ne puis plus il e et le souffrir à côté de moi. sul nme Puis j'ajoutai : “pauvre peuple, jus- | il L fit qu’à quel point on t'a passionné pour les i Lil éiections | que ne l’es-tu autant pour ta fa id sainte religion !” LT ihl 4] ju

L'esprit de parti rend aveugle, dit un écrivain; à voir ce qui se passe dans notre pays, on trouve que cet homme a dit une grande vérité. Voyons ce qui se fait dans la province de Québec, car je ne veux pas aller au-delà.

Voici par exemple Marc Sauvalle qui devient un des rédacteurs de ‘la Patrie,” les catholiques savent qu'il a rédigé la “Canada Revue” dont la lecture est interdite par Nos Seigneurs les Evêques, ils savent qu'il désire être excommunié— d’une excommunication réservée au Souverain Pnntife—en favorisant, par ces écrits, l'appel à la jurisprudence civile afin d'empêcher l'exercice de la juridiction épiscopale. C’est au moment où les foudres de Eglise grondent sur sa tête et ou il attend avec joie qu'elles ‘éclatent, qu'il est choisi pour rédiger ‘‘ la Patrie,” le journal d'un homme qui a écrit autrefois qu'il était franc-maçon et franc-mu,on

avancé ; c'est après avoir injurié ceux que les catholiques vénèrent comme les représentants de Jésus-Christ, qu'il obtient ce poste que nos ennemis regardent comme une promotion, parce qu'il veut s’y faire entendre par un plus grand nombre de canadiens ! “La Canada Revue” reprochait à ‘“l’'Electeur ” de Québec de trop sentir la sacristie ; elle ne pourra pas faire le même ‘reproche ” à “la Patrie,” celle-ci ayant à sa tête, un homme qui est l'ennemi déclaré des droits de l'Eglise, un homme qui navre de douleur sor Archevêque, et tous les canadiens dignes de ce nom. |

Maintenant on se demande : est-ce que l'esprit de parti va l'emporter sur l'esprit de religion ? Va-t-on ouvrir les yeux ?

Si un tel journal venait des Etats-Unis (soit qu'il fut républicain ou démocrate) on le renverrait vite, car dans ce cas, l'esprit de parti, ne serait pas là pour nous

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