Dans le camp ennemi
Skbegistbé, conformément à l'Acte du Parlement du Canada, en l'année mil huit cent quatre-vingt-treize, par Z. IjACa.sse, au bureau du Ministre de l'Agriculture.
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Mes chers amis,
Je viens vous faire une nouvelle visite, vous m'avez reçu avec tant de politesse l'hiver dernier, que j'avais hâte de vous revoir.
La dernière fois nous avons parlé du prêtre, nous avons tâché de venger le ministre du Seigneur de toutes les calomnies qu'on avait entassées sur lui.
Aujourd'hui nous venons vous dire que, suivant notre promesse, nous avons franchi les remparts et nous voici en plein camp ennemi.
Ces ennemis ! nous allons les regarder en face ; il est nécessaire de bien les examiner pour les reconnaître partout, de découvrir leur plan d'attaque, leurs ruses, leurs fourberies, afin de combattre avec succès pour la défense de notre Sainte Religion catholique et de notre chère Patrie canadienne, — car les ennemis de la religion catholique sont les ennemis des Canadiens-français.
Je respecte trop mes compatriotes pour croire un instant, qu'ils comptent pour amis ceux qui sont les ennemis de l'Eglise de Jésus-Christ le premier Souverain de toutes les nations ; qui n'aime pas son roi, est traître à son pays ; qui n'aime pas le Sauveur des Canadiens-français le Roi Jésus est ennemi de sa race.
Le monde se divise en deux camps : les uns suivent de près ou de loin l'étendard du démon, les autres celui de la croix de Jésus ; ceux-là vivent pour le temps, ceuxci pour l'éternité ; ceux-là veulent être payés en ce monde, ceux-ci dans l'autre.
Il faut appartenir à l'un ou à l'autre camp, personne n'est libre de rester neutre. " Celui qui n'est pas pour moi," dit Notre-Seigneur, " est contre moi."
On peut classer les ennemis que je viens vous proposer de combattre, en trois catégories.
Il Y en a qui, par mépris, crachent sur ; \ notre drapeau, — le drapeau de l'Eglise, — I ce sont des ennemis déclarés. D'autres ^aussi méchants, mais n'ayant pas l'audace de leur mauvaise cause, n'osent pas publiquement mépriser notre sainte religion, souiller notre drapeau, mais en secret excitent les autres à le faire : ce sont des ennemis cachés.
La troisième catégorie d'ennemis, — de beaucoup les plus nombreux, — sont ennemis sans le savoir : ce sontlesennemis
inconscients. Ceux-ci disent hautement qu'ils veïïîent le bien de l'Eglise, la gloire du Canada, mais, les moyens qu'ils prennent pour arriver à leur but, rencontrent l'assentiment de tous les ennemis de la religion ; ce n'est pas la haine qui fait agir cette classe d'ennemis, mais un Jîianque complet de sens catholique.
C'est cette dernière catégorie qui fait le plus de mal en ce pays : elle sert de marche-pied à la gent impie pour monter à l'attaque.
Ces trois genres d'ennemis, nous voulons vous les faire connaître. Nous n'avons pas le temps de les dénoncer tous, mais nous allons en démasquer un grand nombre.
Nous tâcherons d'être bien charitables, ne dénonçant que les opinions mauvaises
et les faits publics, laissant de côté la conduite privée de nos ennemis, même de ceux qui nous calomnient devant tout le monde ; ce sera là notre vengeance. Si je ne puis faire plaisir à tous, j'espère au moins m'attirer les bonnes grâces de Jésus et de ses amis.
Les autres voudront bien me rendre ce témoignage-ci : quand j'attaque, je signe mon nom. Je ne m'en prends qu'à eux, ils voudront bien ne s'en prendre qu'à moi.
Si vous ne voyez pas d'approbation au commencement de mon livre, c'est parceque je n'ai pas voulu exposer Nos Seigneurs lesEvêques à recevoir les crachats de nos voltairiens. Ceux-ci ne pourront frapper sur d'autres que sur moi qui suis habitué " aux coups " depuis ma jeunesse. C'est à la grâce sanctifiante que je tiens par-dessus tout, et personne ne peut me l'ôter malgré moi. Allons-y donc gaî-
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ment, sans crainte comme sans présomption ; Dieu nous ordonne de combattre, c'est Lui qui donne la victoire.
Serait-ce trop, présumer de votre charité de demander un Ave Maria pour l'auteur. Ave Maria . . . etc.