‹ Dans le camp ennemiChapitre 2 sur 16 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

l^3l|ARL0NS d'abord de nos ennemis dé- ^P clarés. Sont-ils nombreux les ^%^ ennemis déclarés du peuple canadiencatholiq^uej^ Je ne crois pas que ceux qui font profession d'impiété, soient légion parmi nos canadiens ; la foi est encore ancrée trop profondément dans le cœur de notre peuple pour que l'impiété ose publiquement relever la tête ; les ennemis cachés comme nous le dirons plus tard, sont en plus grand nombre.

Nous comptons pour ennemis déclarés, tous les chiniquistes, les suisses, en un mot, tous les Canadiens revirés ; un Canadien-français reviré n'est pas plus un Canadien que du vin aigri n'est du vin, c'est du vinaigre.

Sont aussi nos ennemis déclarés tous les gens de " la Canada-Revue ". Ainsi, tous ceux qui écrivent dans ce journal, tous ceux qui lui fournissent de l'argent, ou qui le reçoivent à titre d'encouragement, parce qu'il est censé représenter leurs idées, sont des ennemis déclarés que nous sommes tenus de fuir.

Sont aussi ennemis déclarés tous ceux qui poursuivent devant les tribunaux ^m/y un évêque ou un prêtre dans le but de l'empêcher d'exercer son saint ministère, ainsi que l'avocat qui se charge d'une telle cause.

Pourquoi sont-ils des ennemis déclarés ?

Parce qu'en désirant empêcher l'exercice de la juridiction ecclésiastique, ils désirent par là même l'excommunication encourue par ceux qui y mettent entrave ; ce sont des révoltés. Voici les mots de la bulle " Apostolicae Sedis ". Sont frappés ti'excommunication, réservée spécialement au pape " ceux qui empêchent di- *' rectemcnt ou indirectement l'exercice " de la juridiction ecclésiastique du for *' intérieur ou extérieur, ceux qui pour ce ^' faire, recourent au for séculier et en "obtiennent des décrets.QU. sentences "' qui empêchent l'exercice de cette '" même juridiction, ceux qui portent ■** les dits décrets ou sentences, ceux "" qui concourent à cet acte par leur ** aide, leur conseil ou leur faveur ". Ceux qui bravent l'Eglise, qui désirent être excommuniés ne peuvent «être autre chose que de véritables ennemis.

La chose est claire : on est catholique ou on ne l'est pas ; si l'on est catholique^ on doit avoir confiance dans son Eglise qui a ses juges pour décider les causes ecclésiastiques. De tels juges connaissent ce que l'église défend ou ne défend pas, tandis que des juges civils, en dernier ressort tous protestants, ne savent pas le premier mot de la question. Bien plus, ces juges protestants prendront comme un acte de vertu ce que l'Eglise considère être un crime de haute trahison, par exemple : la rébellion contre l'autorité divine, contre le pape. Mes chers compatriotes, on n'est pas mauvais catholique parcequ'on poursuit son curé devant le tribunal de l'évêque, ou son évêque devant le tribunal du Pape, mais on devient mauvais catholique quand on ne se soumet pas ; de même dans une cause civile, si un citoyen ne voulait pas se soumettre à la dernière décision du tribunal où il en

aurait appelé, il serait un mauvais citoyen, (i)

Dans notre pays, je ne connais qu'un seul cas où la cause d'un paroissien contre son curésoitallée jusqu'à Rome. Le procès alla d'abord devant le tribunal de l'évêque pîiis de r archevêque et ensuite du Pape.

Des méchants conseillèrent à ce paroissien de citer son curé devant le juge civil : non, dit ce catholique sincère, je suis l'enfant de l'Eglise catholique et je serai jugé par elle ; il gagna devant le tribunal de l'Evêque, de l'Archevêque et du Pape, le curé se soumit et paya ; il n'y eut point de scandale et tous deux, curé et paroissien continuèrent à marcher coitime déplus belle, dans le chemin du ciel, grâce à leur soumission au Vicaire de Jésus-Christ.

Voilà un exemple qtiil faut suivre si l'on ne veut pas être mécJiant catholique.

(l) Excepté le cas bien entendu où la décision serait con- ' iire aux lois de l'église de Jesus-Christ.

l6 DANS LE CAMP ENXEMI

Il y en a qui sont toujours à crier : les

\ prêtres et les évêques peuvent se trom-

/ per. On répond : s'ils se trompent, faites

/ les juger par Celui qui ne se trompe pas,

/ et qui ne se trompera jamais en matière

de foi et de mœurs.

Monseigneur l'Archevêque de Montréal a cru qu'un loup dévorait ses brebis ; pasteur vigilant, il leur a dit de ne pas ouvî'ir la porte de la bergerie. Voici que le loup se fâche, et soutient qu'il est une brebis ; il veut prouver qu'on ne l'a pas compris. Eh bien, alors, qu'il aille au Chef de son pasteur et lui dise : Vous qui avez donné un pasteur au diocèse de Montréal pour veiller sur les intérêts des âmes, veuillez écouter ma prière : Monseigneur de Montréal a commis une injustice à mon égard, il me prend, moi, douce et tendre brebis, pour un loup dévorant, il a confondu mes timides bêlements, avec les hurlements d'un loup affamé ; moi, Cana-

da-Revue, qui ne veux rien autre chose que la gloire de l'Église, je viens d'être étranglée dans mon berceau par celui qui a mission de me protéger ; regardez les articles auxquels j'ai donné le jour, et veuillez accorder justice au défenseur de l'Autel et de la Patrie.

Le rédacteur de la " Canada-Revue " aurait dans ce cas suivi la voie régulière. Rome aurait examiné si réellement, Filiatrault était un loup ou un agneau, et il n'y aurait pas eu de scandale : chacun devant se soumettre à la sentence qui eût été prononcée. Mais au lieu d'en agir ainsi, que fait-il ? il demande au bras séculier de punir le représentant de Jésus- Christ, et veut empêcher l'Esprit-Saint de parler aux fidèles du Christ. Il se range sous l'étendard de la révolte de Satan qui refuse d'obéir à Dieu.

C'e-^t donc avec raison qu'on dit que tous les gens de la " Canada- Revue, " sont des

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ennemis déclarés de l'Église et des Canadiens-français, et, si nous avons un reste de foi, il faut les fuir, les regarder comme des brebis galeuses qui peuvent porter la contagion dans tout le troupeau ; mais en. même temps il faut prier pour leur conversion et se souvenir que Dieu est assez puissant pour changer les loups en brebis», les Saul en Paul.

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