‹ Dans le camp ennemiChapitre 5 sur 16 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

fiâpjpf ous avons dans notre Canada, mes iJL^kJ ^^^^^ compatriotes, des gens qui ^c^ veulent tout réformer. Un mot donc de ces réformateurs, (i)

L'église catholique est établie par Dieu et par conséquent ne peut pas être réformée. Les protestants ont tenté la réforme, mais après trois siècles, ils s'aperçoivent que l'église est encore la même»

II) Nous parlons ici seulement des chefs de file, nous vous dirons dans un autre chapitre ce quil faut penser de ceux qui font queue.

elle est toujours là avec sa dévotion à la Ste- Vierge, avec ses croix, ses images, son purgatoire, ses sacrements de pénitence et d'Eucharistie, tandis que le Protestantisme a tellement changé que le diable lui-même a peine à le reconnaître. Mais ce qui est humain peut être modifié selon les circonstances de lieux et de temps. Nous sommes tous d'accord làdessus.

Il y a un moyen bien simple et bien sûr de distinguer ceux qui veulent de bonnes réformes, de ceux qui désirent en faire de mauvaises : les uns sont mus par r amour les autres par la IiaÎTie.

C'est l'amour qui a poussé tant de nos compatriotes à demander une réforme en agriculture : — chacun y a mis la main, on n'a pas eu peur du clergé ; au contraire, on a demandé son concours et l'aoriculture fait de rapides progrès.

Mais nos réformateurs d éducation ont

été poussés pour la plupart par la Jiaine de toutes les congrégations enseignantes, et comme la haine est mauvaise conseillère, ils ont dit des sottises et fait rire d'eux.

Frères, sœurs, prêtres n'étaient plus bons à rien ; nos écoles primaires, nos académies, nos collèges n'ont servi jusqu'ici qu'à faire des ignorantins. D'après eux, l'Eglise n'a jamais su enseigner ; il est temps de s'en débarrasser et de confier l'éducation à l'Etat qui a été créé et mis au monde, paraît-il, pour enseigner aux peuples, les moyens d'être heureux en ce monde et en l'autre.

Ces réformateurs se croient tout le monde, lorsqu'ils parlent de réforme, ils parlent toujours au nom du peuple, c'est là leur malheur. Ils vous prennent, mes chers compatriotes, pour des gens qui ne voient rien et qui ne comprennent rien.

Heureusement, vous avez su les juger par leur excès, vous avez compris tout de suite qu'ils n'étaient pas sincères et vous avez dit : parlez pour vous-mêmes, messieursles réformateurs, et laissez-nous tranquilles ; nous savons tout ce que nos collèges et nos couvents ont fait pour nous et pour nos enfants ; nous sommes contents des professeurs que l'église nous donne, et de grâce, laissez-nous élever nos enfants à notre manière, sous la surveillance de notre curé ; et puis vous avez ajouté : commencez par vous réformer vousmêmes avant de réformer les autres.

Voilà le point capital : se réformer.

Quand un homme parle de réforme agricole, on aime à voir sa terre en bon ordre ; quand on vient pour parler d'éducation, on demande que ceux qui pérorent soient bien éduqués.

Un homme de bonne éducation doit premièrement donner à Dieu la place

qui lui convient dans la famille et dans la société. Le font-ils ces réformateurs ?

Ce sont tous les ennemis de l'église de Dieu, ce sont tous ceux qui veulent traîner le ministre de Jésus-Christ, de Caïphe à Pilate, qui crient à la réforme. Si vous voulez connaître quels sont ces réformateurs, écoutez bien le trait suivant ; vous allez vous convaincre de quelle espèce de réforme ils veulent ; vous allez voir jusqu'à quel degré de bassesse ils désirent vous déformer.

Il y a quelques années, une juive qui parle correctement le français est venue à Montréal. Il faut vous dire que cette personne n'était pas de la croix de St- Louis et que ce n'était pas le Pape qui nous l'envoyait. Les Français l'appellent mademoiselle, les anglais, madame ; vous pouvez choisir, il y a des raisons qui favorisent l'un et l'autre titre. Elle venait ici pour attrister Notre- Seigneur. Pert-

dant son séjour à Montréal, elle a enfoncé et fait enfoncer des centaines de milliers de flèches dans le Cœur Sacré de Jésus. Elle est venue représenter une pièce de théâtre infâme, immorale au dernier point, que M^r l'Archevêque avait condamnée. Mères chrétiennes qui m'écoutez, vous aimeriez mieux mille fois mourir que de voir votre fille dans une attitude aussi déshonorante.

Eh bien, qu'ont fait nos réformateurs qui veulent relever le peuple que le clerg-é veut rabaisser, disent-ils ? ils ont été audevant de cette fille de coulisses. On lui a composé un poème où l'auteur s'écrase sous le " pied mignon " de cette dégoûtante actrice, c'est le premier Canadien qui se soit abaissé jusque là depuis que le Canada existe, et j'espère que biendès siècles passeront avant qu'on en voit un autre faire la même chose : notre race est trop hère pour produire souvent des

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êtres qui se délectent à tirer la langue pour lécher les pieds (tout mignons qu'ils soient) d'une débraillée de théâtre.

Ce n'est pourtant pas tout.

' Une fois arrivé à Montréal, une voiture attelée de quatre beaux chevaux blancs, attendait la " Dona fa. " Tout-à-coup les quadrupèdes disparaissent de la voiture et sont remplacés par des bipèdes qui s'attellent dans le " travail." Quelles sont donc ces nouvelles bêtes ? ce sont nos réformateurs, c'est la petite colonie de francissons tout entière qui est là pour acclamer cette misérable. Quelques-uns sont au timon et tirent de leur mieux, mais ils aiment mieux faire faire les chevaux aux quelques Canadiens avachis qui veulent les suivre et dont ils commencent l'éducation : à quatre pattes les canadiens, c'est là le point de départ de la réforme à opérer ; commençons par leur faire faire le cheval ; ensuite, disent-ils,

nous les ferons hennir. Je ne puis nier qu'ils aient eu un certain succès. Car aujourd'hui, douze ans plus tard, il y en a cinq à six qui ne hennissent déjà pas trop mal.

Celui qui a préparé ce triomphe à rendre les dieux jaloux, ne se possède plus de bonheur, le rêve de ce réformateur est enfin réalisé ; les Canadiens sont à quatre pattes devant une hideuse juive. Tout-à-coup, quelque chose vient assombrir son front et lui fait monter le rougeà la figure. Qu'y-a-t-il ? écoutez bien.

Il fait un froid de loup et la maigre juive a hâte d'être près d'un poêle, cependant les nouveaux chevaux non encore réformés, vont lentement ; la " Dona fa.**' impatientée, dit à sa compagne d'infortune : "je crois que nous y avons perdu ert chano-eant de bêtes...."

Il faut avouer qu'il y a des compliments plus flatteurs que celui-ci, mais il y en a

peu de plus mérités, quoique ceci ne m'empêche pas d'être encore en faveur des petits chevaux canadiens.

Ce petit épisode, malheureusement trop vrai, nous montre, lecteurs, ce qu'il faut penser de nos réformateurs. On en verrait de belles s'il fallait les écouter. Ils sont furieux parce que vous ne voulez pas les suivre à quatre pattes, ils s'en plaigTîent amèrement. On dit qu'au retour de la procession qu'ils ont faite à cette juive, ces libres-penseurs se sont laissés aller à la tristesse, l'un d'eux se serait même écrié : " Et dire qu'après un si brillant triomphe, le clergé ne sera pas -encore convaincu que c'est à nous de faire l'éducation du peuple ! ! "

Vous me demandez sans doute, mes chers amis, quel prétexte ils invoquent pour excuser leur conduite ? le voici : c'est une juive d'un-grand talent ; c'est là toute leur excuse.

Mais le démon a beaucoup plus de talent et d'esprit qu'elle, il faudrait donc le recevoir avec encore plus d'éclat et d'honneur ? — oui, répondent-ils, par leurs actions, c'est ce que nous faisons toutes les fois qu'il se présente, soit sous la forme d'un mauvais principe, ou d'un théâtre ou d'une réforme ; notre joie serait de voir ce démon, triompher publiquement dans les rues de Ville-Marie, et recevoir les hommages des Canadiens à quatre pattes devant lui, car, " il a du talent le démon, il parle si bien le français " ! ! !

Mes chers amis, remerciez le bon Dieu de ce qu'il vous a fait la grâce de ne pas vous mettre à quatre pattes devant cette trotteuse couronnée, qui prêche partout le vice et se moque de la vertu ; pour elle, Jésus-Christ doit descendre de l'autel et Satan prendre sa place. Alors seulement nos réformateurs seront contents, car ce qu'ils veulent — les uns directement,

les autres d'une manière plus ou moins inconsciente — c'est le règne social du démon.

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