CHAPITRE III
s>":ii:\lf|ous avons des ennemis cachés plus
dangereux que les ennemis déclarés et aussi plus nombreux.
D'abord au premier rang, tous les francsmaçons, à qui nous consacrons un cha^ pitre spécial, (i)
(I) La franc-maçonnerie elle-même est l'ennemi déclaré de l'Eglise — Maintenant elle ne se cache plus, mais les francsmaçons du Canada se cachent encore, c'est pourquoi je les mets dans ce chapitre. — Y en a-t-il parmi les anglais maçons qui, dans les commencements soient des ennemis inconscients ? probablement, c'est pourquoi en parlant de nos ennemis, les francs-maçons, les réformateurs, et autres, vu qu'ils ne sont pas tons coupables au même degré, je ne les classifierai pas — D'ailleurs il sera facile à chacun de le faire.
Tous ceux qui ne voudraient pas poursuivre devant les tribunaux civils un évêque, ou un prêtre, mais qui sont contents qu'il le soit, sont des ennemis cachés.
N'oublions pas ceux qui fournissent en cachette des fonds à " la Canada Revue " pour la faire subsister, ainsi que ceux qui disent qu'elle va trop loin, mais qu'elle ne veut réprimer que les abus.
Tous ceux qui encouragent les mauvais journaux qui veulent enlever au clergé le contrôle de l'éducation, sont des ennemis. Ils affirment qu'ils sont catholiques, qu'ils ne veulent que le bien de la religion et de la patrie, mais ne les croyez pas ; ils soupirent après le jour où l'Eglise n'aura plus le droit d'interdire dans les écoles, les livres qu'ils préparent en secret.
Sont nos ennemis les " grands réformateurs " d'aujourd'hui. Sans doute, toute chose humaine peut être perfectionnée,
mais, mes chers amis, quand vous voulez seulement réparer une maison, vous ne la jetez pas à terre ; dans ce cas, c'est un nouvel édifice que vous voulez bâtir. C'est exactement la même chose avec nos réformateurs ; ils ne veulent pas réparer notre système catholique d'éducation, ils veulent construire un â^z^/r^ système laïque où la religion n'aura rien à faire. Si, au lieu d'être des ennemis, ils étaient des amis, comme ils le disent, ils agiraient en amis. Il est bien facile d'aller trouver nos évêques et leur dire : il nous semble que telle et telle chose serait mieux ; les évêques examineraient la question ; dans une retraite pastorale en parleraient à leurs curés et tout serait réglé.
• Mais non, il faut soulever les passions populaires, crier sur les toits que les frères et les soeurs sont des ignorants, des paresseux, des bons à rien, qu'ils volent le public, qu'ils tiennent le peuple dans
l'ignorance, etc., etc. ; ils veulent faire naître des sentiments de défiance et de haine contre le clergé !... et tout cela pour le " bien " de notre chère Eglise catholique. ?
Les hypocrites ! Il y a des écrivains qui ont fait des reproches à l'Honorable Thomas Chapais et à Monsieur Crépeau parce qu'ils se sont rangés du côté des Evêques. (i) Pour eux, Nos Seigneurs les Evêques sont des monstres qui veulent le malheur des laïques et la ruine des familles^ et ces insulteurs de nos Seigneurs les Evêques, qui sont les premiers pasteurs de l'Eglise, les plus respectables et les meilleurs citoyens du pays, viennent se décorer du beau titre de catholiques ! î Bande de lâches ! poltrons que vous êtes ! ôtez votre masque, montrez-vous donc à face découverte dans toute votre laideur ! ! î
( I ) La vérité est celle-ci : ce sont les evêques qui se sont rangés du côté de ces bons laïques.
Un homme qui a honte delui-même est l'un des êtres les plus méprisables qu'il y ait sur la terre. Ennemis qui vous cachez sous le drapeau de l'Église pour le déchirer plus à votre aise, vous êtes de perfides Judas qui trahissait son Maître sous le signe de l'amitié. Vous imitez les crapauds qui vont cacher leur repoussante laideur sous une feuille de plantin, attendantes ombres de la nuit pour sortir de leur retraite. Puisque vous êtes des loups, hurlez donc, on vous reconnaîtra ; l'animal le plus méprisable et le plus traître n'est pas le loup qui hurle, mais le loup qui bêle, que les badauds, dont le nombre est légion, prennent pour une brebis. Écrivains lâches et hypocrites ! vous n'êtes que des loups dévorants, couverts de la peau de brebis et les vilains crapauds de l'espèce humaine.
Sont encore des ennemis cachés, ceux qui favorisent les mauvais théâtres, les
amusements défendus le Dimanche, les mauvais livres.
Un jour, je trouve sur une table de salon, un livre abominable contre la foi, où l'Eglise catholique était ridiculisée ! Qu'il suffise de dire que l'apostat Chiniquy en est l'auteur.
— Madame, je vous croyais catholique, dis -je à la maîtresse de la maison.
— Certainement, je le suis, mais j'aime à voir les deux côtés de la médaille, moi, voyez- vous, je suis une femme sur laquelle le mal ne prend plus. (Justement comme le noir sur un nègre.)
Quelle humilité ! n'est-ce pas ?
Cette femme passait ce livre à ses amis hommes et femmes ; on en causait toutes les soirées, la foi s'affaiblissait, on donnait des coups d'épingle aux prêtres et aux évêques, puis au Pape, puis à l'Église.
Au fond, cette femme était contente que ce livre eût paru, voilà pourquoi
elle s'empressait de le passer à ses amis, dont elle connaissait déjà les idées avancées.
Si, réellement, cette femme avait été une amie de la bonne cause, comme elle le disait, croyez-vous qu'elle eût voulu lire ce livre, croyez-vous qu'elle l'eût passé à des hommes dont la foi était tellement chancelante qu'ils ne mettaient plus le pied dans l'église.
D'ailleurs c'était une valseuse, elle est morte, car ceux et celles qui lisent les livres de Chiniquy, meurent aussi comme meurent les liseurs de la " Canada-Revue" et de " La Liberté" de Ste-Scholastique.
Puisque le nom de ce dernier journal vient de se ranger sous ma plume, disonsen un mot à nos compatriotes du comté du Lac des Deux- Montagnes. Ce journal est écrit dans un très mauvais esprit, et je me suis demandé bien souvent,
comment un catholique pouvait lire ce papier et le faire lire à ses enfants.
'• n EcJw des Deux- Montagnes'' a été condamné par nos Seigneurs les évêques — aussitôt on en change le nom, et cette nouvelle feuille continue comme de plus belle à déblatérer contre tout ce qui est sacré. — Pour tromper les badauds, on change le nom du drapeau, mais on persiste et continue à soutenir la même cause, à semer les mêmes idées dang-ereuses. Ce ne sont pas les foudres de l'Eglise qui ont fait peur à ces gens-là, c'est là leur moindre préoccupation, mais la crainte d'être abandonnés par leurs lecteurs leur a fait changer le nom de leur papier — ''La Liberté'' n'est autre que " l'Echo des Deux-Montagnes " qui se cache sous un autre nom et qui demande à la licence la liberté de vivre. Ceux qui reçoivent ce journal, comment peuvent-ils être de bonne foi ? comment peuvent-ils
s'approcher de la Sainte Table et continuer à encourager cette mauvaise gazette ? S'ils veulent recevoir un journal de leur parti politique, ne peuvent-ils pas en trouver qui n'insultent pas le clergé ? Malheur à celui qui donne scandale, dit Notre Seigneur ; rédacteur de " La Liberté", pensez-y avant de paraître au tribunal du souverain juge ! Lecteurs de La Liberté rappelez-vous que vous mourrez un jour !