T LE MOUVEMENT PERPÉTUEL DAMS L UNIVERS
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Bt le MonTement perpétuel dans rUniTers
ÂTheure silencieuse de minuit, lorsque la Terre endormie a laissé s*évanouir les bruits du monde, et que la nature entière, muette et recueillie, paraît arrêtée dans son cours, comme si elle était sous le charme d^une fascination supérieure, le ciel étoile nous environne de ses splendeurs et vient parler à notre àme un divin langage. Ici la radieuse constellation d'Orion monte dans l'espace, géant aspirant à la domination des cieux; là, l'éblouissant Sirius darde ses rayons ensoleillés, qui flamboient à travers l'atmosphère transparente; plus haut, scintillent les tremblantes Pléiades blotties dans leur nid d'azur; la Voie, Lactéb se répand comme
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un fleuve céleste coulant au milieu de larmée de» étoiles; et là-bas, daus le nord léthargique I se traîne le char du Septentrioui suivi par le Bouvier conduisant lentement le mouvement de la sphère. Ces étoiles, nos pères les ont contemplées comme nous, et comme nous aussi ils ont pensé et rêvé au sein de cette contemplation profonde. Nos aïeux nomades de TAsie cen« traie, les Chaldéeqs de Babel il y a cinquante siècles, les Égyptiens de3 Pyramides il y a quatre mille ans, les Argonautes de la Toisond'Or, les Hébreux chantés par Job, les Grecs cbaotés par pomère, les Romains chantés par Virgile, tous ces yeux de la Terre, depuis si longtemps éteints et fermés, se sont attachés de génération en génération à ces yeux du Ciel, toujours ouverts, toujours animés, toujours vivants. Les générations terrestres, les nations et leurs gloires, les trônes et les autels, tout a disparu dans la poussière des siècles éphémères; mais cet éliucelant Sirius est toujours là, ces Pléiades veillent toujours, et tou-
jours ces mêmes étoiles sollicitent la pensée des mortels. Elles nous caressent de leurs rayons, elles nous enveloppent de leur clarté, elles nous causent à voix basse, elles touchent mystérieusement nos yeux interrogateurs, le& pénètrent d'un doux fluide et se mettent eU communication intime avec nos plus secrète^ pensées, partageant nos émotions, semblant répondre à nos désirs, comprendre nos peines^ soutenir nos espérances. Car ce sont des amies intimes au}( heures de solitude, et nous croyons sentir en elles de discrètes confl* dentés, dans le sein desquelles se réfugie l'essaim voltigeant de nos pensées. Oui, elles semblent nous connaître, elles paraissent nos voisines, nous nous imaginons pouvoir, sinon les toucher, du moins les saisir du regard et nous envoler jusqu'à elles. Ah ! qu*ily a loin de la coupe aux lèvres, de Tapparence & la réalité ! Que la nuit est profonde ! combien le Ciel est insondable ! Quels abîmes 1 Quelle im« mensité ! Chacune de ces étoiles est un soleil analogue à celui qui nous éclaire ; chacun do
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ces soleils est des milliers, des centaines de milliers, des millions de fois plus volumineux que notre globe terrestre tout entier. C'est Teffroyable distance qui nous en sépare, qui les réduit pour nous à Taspect de petits points brillants. Si nous pouvions approcher de Tune quelconque d'entre elles, nos pauvres corps seraient carbonisés, vaporisés, avant d'atteindre l'éblouissante fournaise. Si l'étoile la plus proche de nous (a du Centaure) subissait une explosion formidable dont le son put nous èlre transmis à travers l'espace qui nous en sépare, le bruit d'une telle explosion n'emploierait pas moins de trois millions d'années pour arriver jusqu'à nous, à la vitesse normale de la transmission du son dans l'air (SiO"* par seconde) ! Oui, la plus proche de ces douces confidentes glt à un'C telle distance que le son devrait marcher pendant trois millions d'années pour franchir cet abime! Un boulet de canon qui serait venu de Sirius, avec la vitesse moyenne du son dans l'air, et qui nous arriverait aujourd'hui, aurait dû partir de là il y
a près de quinze millions d'années. Pour venir de l'étoile polaire, il ne lui en faudrait pas moins de trente-huit millions!
prodigieuse, prestigieuse apothéose de la Science! Qu'est-ce que Tunivers de Moïse, de Pythagore, d*flomère, de Virgile, devant les panoramas de l'Astronomie moderne ? Hésiode croyait donner une idée immense de la grandeur du monde en disant qu'une enclume emploierait neuf jours et neuf nuits à tomber du Ciel sur la Terre, et autant pour traverser l'espace qui sépare la Terre du fond des Enfers. Le calcul montre que cette durée de chute de neuf fois vingt-qualre heures correspondrait à 581 870*" seulement. Comme la Lune gravite à la distance moyenne de 384 400*", on voit que l'univers d'Hésiode n'atteindrait même pas en dimension le double du diamètre de l'orbite lunaire. C'est le cocon d*un ver à soie ; c'est une cellule où la pensée moderne étoufferait ; c'est un microcosme qui semble aujourd'hui un jouet d'enfant dans la main de l'astronome.
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Rappelons-nous que le Soleil trône au milieu de la famille dont il est le père ; que cette famille se compose de huit planètes principales ; que ces planètes circulent autour de lui aux distances suivantes ; Mercure, à 15 millions de lieues ; — Vénus, à 26 millions ; — la Terre, à 37 millions ; — Mars, à 56 ; — Ju* piler, à 192 ; — Salurne, à 355 ; — Uraaus, à 710; — et Neptune, à un milliard cent dix millions de lieues. Ainsi notre seul système planétaire mesure plus de deux milliards de lieues de dia xèlrc. Eh bien, ce vaste système n'est qu'une ile au milieu de l'océan descieux, une lie environnée de toutes parts d'un immense désert. Entre cette tle et le système stellaire le plus proche, la distance est pour ainsi dire incommensurable.
D*ici au soleil le plus proche, on pourrait aligner, l'un au bout de l'autre, trois mille
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sept cents systèmes comiDe le nôtre, trois mille sept cents systèmes mesurant chacun deux milliards deux cents millions de lieues d'étendue.
Et ne nou9 imaginons pas que les autres étoiles soient toutes h cette même distance et se distribuent en quelque sorte le long d'une sphère concentrique tracée avec ce rayon aut')ur de nous. Nullement. Cette étoile, alpha du Centaure, qui trône à 8 trillions de lieues d'ici, est pour nous une voisine. Aucune autre n'est aussi proche, Nous n*en connaissons pas une seconde, en aucune direction de l'espace, qui soit aussi voisine. La plus proche après elle est la 61" du Cygne : elle plane dans une tout autre direction, puisque la première appartient à Vhémisphère céleste austral, et que la seconde appartient à l'hémisphère boréal, et sa distance est de 15 trillions de lieues.
Ainsi les soleils les plus proches du nôtre brillent, l'un à huit mille milliards de lieues d'ici, l'autre à quinze mille milliards, en des directions différentes, et dans cet immense désert il n'y a pas un seul soleil, pas une seule étoile, pas un seul monde connu. Peutêtre rhistorion du cosmos éternel voyageant en cette nuit profonde heurterait-il au passage les ruines de quelque soleil oxydé, les dernières cendres de quelques planètes défuntes ; peut-être les errantes comètes emportent-elles dans leur suaire les spectres oubliés de bien des splendeurs évanouies; car depuis l'origine des choses, bien des soleils se sont éteints et bien des fins du monde ont sonné au glas funèbre des beffrois du ciel ; mais nos télescopes ne découvrent aucun phare sur cet océan sans bords, et d'ici à Tastre du Centaure, d'ici au soleil du Cygne, et tout autour de nous jusqu'en ces incommensurables profondeurs, nous ne connaissons qu'un espace noir, vide, désert et silencieux.
Oui, ce sont là les deux cités célestes les
plus proches de la nôtre. Un train express marchant sans s'arrêter à la vitesse de l^*" par minute, de 60 ^" à l'heure, de 1440 ^^ ou 360 lieues par jour, roulerait pendant 60 millions d'années pour atteindre le premier de ces soleils!... et pendant 114 millions d'années pour atteindre le second ! Toutes les autres étoiles que nous voyons scintiller pendant la nuit profonde sont plus éloignées que ces deux « voisines » .
Les trillions, c'est-à-dire les millieis de milliards, sont l'unité de mesure des distances célestes exprimées en lieues de quatre kilomètres. Alpha du Centaure et la 61* du Cygne planent, avons-nous dit, la première à 8 Irillions et la seconde à 15. Ces dislances sont certaines, car les valeurs obtenues pour ces parallaxes sont satisfaisantes et concordantes. Mais, plus les étoiles sont éloignées dans les profondeurs de l'immensité, plus leur parallaxe est faible, et plus minutieuses, plus difficiles, plus incertaines sont les mesures. On estime que Castor est éloigné à 35 trillions.
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Sirius à 39, Véga à 42, Arcturus à 60, l'éloile polaire à 100, Gapella à 170; mais elles peuvent être plus éloignées encore. Les mesures essayées sur Rigel, Procyon, Bélelgeuse, Aidé* baran, Antarès, Fomalhaut, et sur plusieurs centaines d'autres moins brillantes, n'ont conduit à aucun résultat: pournos moyens d'investigation, leurs distances peuvent être regardées comme inQnies.
La plus grande variété règne dans la nature intrinsèque des étoiles, dans leur valeur lumineuse et calorifique, dans leurs dimensions, dans leur éclat, dans leur mode d'activité. Les unes sont considérablement plus volumineuses que notre propre soleil, d'autres sont plus petites. L'éclatant Sirius parait être, d*après la mesure photomélrique de sa lumière, 1 700 à 2000 fois plus gros que notre Soleil. Telle petite étoile, à peine visible à l'œil nu, comme la 70'' de la constellation d'Ophiuchus, par exemple, pèse environ trois fois plus que tout notre système solaire, y compris le Soleil. Nous devons donc nous
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représenter ces lointains soleils comme étant d*&ge3 différents, de forces différentes, d'éclats divers, de rayonnements lumineux, calorifiques, électriques, magnétiques, extrêmement variés, et surtout comme dispersés dans toutes les directions, dans tous les sens, à d'immenses distances les unes des autres.
Les astronomes penseurs admettent, depuis Kepler, Newton et Laplace, que la plupart d'entre eux doivent être comme le nôtre des centres de systèmes planétaires fécondés par leur rayonnement. Déjà nous connaissons des systèmes, comme celui de Sirius, par. exemple, dans lesquels on voit un ou plusieurs satellites graviter autour d'un soleil suivant les mêmes lois qui régissent les mouvements de la Terre et des planètes autour de notre Soleil. Qui pourrait deviner quelles étranges formes d'existences se succèdent sur ces lointaines pulries, illuminées par des soleils différents de celui qui régit notre humanité sublunaire 1 Quel Arioste, quel Gœthe, quel Swedenborg, quel Dante oserait imaginer les
scènes ultra-terrestres, les idées, les senti* ments, les passions, les plaisirs ou les douleurs, les richesses ou les misères, les aspirations ou les désespoirs des êtres qui doivent, là comme ici, vivre, penser, chercher, aimer ou haïr, blasphémer ou bénir !
De notre petite Terre, tout immergée dans les rayons du Soleil, notre vue est organisée de telle sorte que, même pendant la nuit la plus profonde, nous ne voyons pas plus de six mille étoiles à Toeil nu. Si notre rétine avait sa sensibilité accrue dans la proportion de Tœil géant du télescope, nous en verrions quarante millions. G*est peut-être ce que perçoivent les indigènes de Neptune.
Mais, dès que notre vue est amplifiée par le moindre instrument d'optique, par exemple une jumelle de théâtre, nous distinguons, outre les étoiles des six premières grandeurs visibles à rœii uu, celles du septième ordre d'éclat, qui sont à elles seules au nombre de treize mille. Une longue- vue terrestre montre celles de huitième grandeur, qui sont au
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nombre de quarante mille. Ainsi s'accroit le nombre des éloiles à mesure qu'on pénètre plus loin au delà de la sphère de la vision naturelle. Une petite lunette astronomique fait découvrir les étoiles de la neuvième grandeur, dont le nombre surpasse cent mille. Et ainsi de suite. Une lunette ou un télescope de moyenne puissance montre les étoiles de la dixième grandeur, qui sont au nombre de près de quatre cent mille. Déjà ici le spectacle est prodigieux, éblouissant. La progression continue. On peut estimer à un million les étoiles de la onzième grandeur et à trois millions celles de la douzième. D'après les jauges aslronomiques faites, pour sonder Tespace, le nombre des éloiles de la treizième grandeur ne s'élève pas à moins de dix millions, et celui des étoiles de la quatorzième à moins de trente millions. Si nous additionnons tous ces chiffres, nous trouvons pour le total des étoiles jusqu'à la quatorzième grandeur inclusivement le nombre déjà difficile à concevoir de quarante^cinq millions.
Mais ce ne sont pas là toutes les étoiles. Déjà même les puissants télescopes construits en ces dernières années ont pénétré les profondeurs de rimmensité asse^ loin pour découvrir les étoiles de la quinzième grandeur, et la statistique stellaire s'élève actuellement à cent millions ! (La Voie Lactée seule en renferme dixhuit millions)... Les nombres deviennent dès lors si énormes, qu'ils nous écrasent de leur poids sans rien nous apprendre.
Cent millions d'étoiles ! C'est dix-sept mille étoiles pour chacune de celles ^ue nous voyons à Tœil nu. Déjà nous nô distinguons plus ni constellations ni divisions ; une fine poussière brille là où l'œil, laissé à sa seule puissance, ne voyait qu'une obscurité noire sur laquelle ressortaient deux ou trois étoiles. A mesure que les découvertes merveilleuses de l'optique augmenteront notre puissance visuelle, toutes les régions du ciel se couvriront de ce fin sable d'or, et un jour viendra où le regard étonné, s'élevant vers ces profondeurs inconnues, se trouvant arrêté par
raccumulation des étoiles qui se succèdent à rinûni, ne trouvera plus devant lui qu'an délicat tissu de lumière....
Pourtant, ce n'est encore là que notre univers ; visible. Là où s arrête la puissance télescopi-* que, là où s'abat Tessor de nos investigations extrêmes, la nature, immense et universelle, continue son œuvre ; le télescope nous porte dans rinflni et nous y laisse*
L'espace est sans bornes. Quelle que soit la. frontière que nous lui supposions par la pen*>. sée, immédiatement notre imagination s'envole jusqu'à celte frontière et, regardant au. delà, y trouve encore de l'espace. Et chacun, de nous sent qu*il lui est plus facile de concevoir l'espace illimité que de le concevoir, limité, et qu'il est impossible que l'espace, n'existe pas partout. En réalité, nous sommes les fils de l'InSni, et le fini ne peut pas.
nous satisfaire.
Comment se soutiennent dans le vide im* mense ces innombrables soleils disséminés. ;V
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d'aussi formidables distances les uns des autres ? Ils se soutiennent sur l'équilibre de la gravitation universelle. Chaque soleil attire chaque soleil, et, jusqu'à Tinfini sans bornes, ils se sentent tous à travers Timmensité, subissent leurs influences mutuelles, et glissent dans le vide éternel, emportés par l'attraction de chacun et de tous. Aucun atome n'est en repos dans l'immense univers.
Loin d'être fixes comme elles le paraissent, ces étoiles sont, au contraire, animées do vitesses prodigieuses. Chacune d'elles est emportée par un mouvement rapide. Telle étoile se déplace sur la sphère céleste d'une quantité égale au diamètre apparent de la Lune en 265 ans ; telle autre se déplace de U même quantité en 300 ans ; telle autre en 400 ans. Et ces mouvements divers s'effectuent dans tous les sens. C'est la brièveté de notre vie qui nous a fait croire à l'immutabilité des deux ; notre impression a été sur ce point la même que celle de la petite libellule d'été qui, naissant à midi pour mourir à deux:
heures, ne saurait s*imagiDer que le Soleil se couchera: pour elle, le jour est éternel. Mais si notre mémoire personnelle ou historique s'étendait sur un laps de temps suffisant, Taspect des cieux perdrait pour nous cette immu* tabilité ; nous assisterions à la dislocation graduelle de toutes les constellations ; nous verrions les sept étoiles de la Grande Ourse s'écarter lentement l'une de l'autre, dessiner dans l'espace d'abord une croix (il y a cinquante mille ans), puis un char, et dans quatre ou cinq cents siècles, se disperser le long d'une ligoe brisée ; nous verrions dans Orion les Trois-Rois se séparer pour toujours de leur association provisoire, Procyon s'approcher d'eux, et l'épaule gauche du Géant s'effacer devant le Taureau qui s'avance ; nous verrions les quatre bras de la Croix du Sud tomber chacun de son côté. Ces mouvements vus de si loin nous paraissent s'accomplir avec lenteur. Mais, en réalité, quels formidables projectiles que tous ces soleil»
lancés à travers l'espace I Nos boulets â^„
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caooQ soiil (les tortues devant ces vitesses pro* digieuses. Notre propre Soleil nous emporte tous, Terre, Lune, planètes, vers la constellation d^Hercule ; le soleil « du Centaure, au contraire, s'élance vers le Grand Chien. Sirius s'éloigne obliquement de nous au taux de 700000 lieues par jour, 268 millions de lieues par an, — et pourtant, depuis la fondation des Pyramides, depuis quarante siècles que nous tenons les yeux fixés sur cet astre splendide, il ne parait pas avoir diminué d'éclat! L*é« toile a du Cygne arrive vers nous en ligne droite, avec une vitesse de 1 382 000 lieues par jour, plus de 500 millions de lieues par an ou 50 milliards de lieues par siècle ! Lé boulet, l'obus chargé à mitraille, lancé par rexplosion de la poudre, s*échappe de la gueule enflammée du monstre avec la vitesse déjà terrifiante de 500 mètres par seconde : un soleil de la Grande Ourse, situé à environ 85 trilUons de lieues d*ici, traverse en ce mo« ment l'univers avec une rapidité 600 fois plus grande, au taux de trois cent mille mètres par
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secofidel Pour Tespril qui saiu*ait s'abstraire des condilioas étroites d'espace et de temps dans lesquelles nous vivons ici-bas, le Ciel perdrait son silence, son calme, son apparente immobilité. Au lieu d'étoiles, nous verrions, comme en un rêve, des soleils énormes, lourds, flamboyants, environnés de tempêtes, roulant sur eux-mêmes, lançant autour d'eux les éclats assourdissants du tonnerre, électrisantau loin les mondes qu'ils conduisent h travers l'immensité, courant, montant, descendant, tombant, fuyant, se précipitant dans tous les sens, pleuvant en tourbillons fantas* tiques et répandant jusqu'au fond des cieux Taclivité, le travail et la vie. Plus de mort. Partout le mouvement, partout la lumière, partout la transformation, partout le déploie* ment do forces gigantesques, partout le dé« veloppement d'une intarrissable somme d'énergie, jusqu'à l'infini répandue.
Et maintenant, qu'est-ce que la Terre et qu'est-ce que l'Homme? Devant le regard
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ëblouû stupéfié, de TastroDome terrestre, né hier pour mourir demain sur un globule perdu dans le fourmillement des mondes, les univers stellaires s'envolent comme des tourbillons de poussière à travers Tespace sans fin, pendant l'éternité sans années, sans jours et sans heures. Spectacle grandiose et terrible, assurément, car nous appartenons à cette création ; que nous l'acceptions ou que nous nous y refusions, nous faisons partie de ce formidable ensemble ; nous courons avec notre petit globe, en raison de 26 500 lieues à l'heure, ou de 643000 lieues par jour, pendant que la Lune circule avec vitesse autour de nous, que Vénus, Mars, Jupiter nous accompagnent, et que le Soleil nous emporte tous vers les étoiles d*Hercule, et pendant que la Voie Lactée elle-même, dont notre Soleil n*est qu'une particule, se métamorphose et se transforme. Le fait même de notre existence nous condamne à Tirrévocable destinée d'être associés au perpétuel mouvement des choses.
Que nous habitions la Terre, une planète de
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Sirius ou la nébuleuse d'Orion, c'est tout un. Nous sommes dans le Ciel, dans Tinfini, dans réternité, el nous n'en sortirons jamais. Ah ! certes, oui, l'Astronomie est bien la science qui nous touche tous personnellement de plus près. Elle est grave; elle est parfois solennelle, terrifiante. Mais qu'elle est belle I Quels panoramas I Quelles splendeurs ! Elle jette à profusion devant nous les diamants et les étincelantes pierreries ; la variété rivalise avec l'opulence, et, bonne et compatissante déesse, pour ne pas éblouir nos regards trop faibles, elle se fait invisible dans la tranquille sérénité des cieux. En fait, pour nos impressions, tout est silencieux, tout est calme. Le mouvement de la Terre est plus doux que celui de la gondole glissant sur les lagunes de Venise ; nul ne Ta jamais senti, nul ne le sentira jamais. Les soleils sont si loin qu'il n'y a pour nous que des étoiles. Nous sommes si petits, que dans notre nid terrestre nous pouvons nous endormir et rêver sans crainte, comme Toiseau-mouche caché dans une
fleur, La perle de la rosée n*attire pas U foudre et n'amène pas les tempêtes. Une atmosphère d*azur enveloppe notre séjour d'un voile protecteur. Le souflQe parfumé du zophir glisse en frissonnant à travers le feuillage, et lors même que les arbres sont dé«* pouiilés de leur parure, le passage du vent daos les branches semble encore être un souffle qui respire. Harpe éolienne du bosquet sacré, la nature terrestre, humble et modeste, est, elle aussi, pénétrée d'une divine harmonie. A Theure où la nuit mystérieuse se répand dans les cieux et où des myriades d'étincelles charment les hauteurs éthérées, il nous semble que les étoiles, beautés du ciel, s*endorment en souriant dans la tiède volupté des nuits orientales.
CONQUÊTES DE UiSTRONOMIE SIDÉRALE
HISTOIRE DB 8IRIU8