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D DANS LE FAR-WEST

est; il y en a un très grand nombre, mais la plupart sont à moitié desséchés dans cette saison, surtout dans la partie inférieure de leur cours. Tous vont se jeter dans le grand torrent du Bighorn, qui descend de hautes montagnes el coule vers le nord pour se Jeter dans la Yellowstone. Entre les différents cours d'eau s'étendent des ramifications de montagnes souvent fort élevées.

Le Mititsi est un des torrents qui déécendent des monts Shoshones, mais il se jette dans le Grey-Bull (taureau gris), affluent du Bighorn. La piste qui va de Wilson’s à Washaki descend d'’a-

bord pendant une lieue et demie, puis

traverse ce torrent avant sa jonction

avec le Grey-Bull, se dirige droit au sud, rencontre le Grey-Bull, le remonte,

le franchit et continue dans la direction méridionale, en traversant plusieurs torrents et plusieurs chaînes de montagnes, notamment la chaîne des Ow/- Crik, et le Wind-River, principale source du Bighorn.

De place en place, sur cette piste, se trouvent des cabanes d’éleveurs de bestiaux, dont les troupeaux de bœufs et de chevaux errent en liberté dans tout le pays, chaque tête de bétail étant seulement marquée au fer rouge pour faire reconnaître son maitre.

Entre la piste et le Bighorn s'étend un massif de collines argileuses et calcaires, et de « Mauvaises Terres » toutes semblables à celles du Dâäkotà.

Complètement inhabitée, cette région

est le meilleur terrain de chasse des

Indiens Shoshones et Arapahos, sur la réserve desquels est situé le poste militaire de Washaki.

Il n’y a donc qu’à suivre la piste pour aller de Wilson’s Store à Washaki. Seulement, suivre une piste n’est pas toujours facile, car on ne voyage qu’à cheval, de sorte qu’une piste humaine est tout à fait semblable à une piste suivie par les troupeaux; elle diffère même fort peu de celles des animaux sauvages, les empreintes de pas étant ca rarement distinctes. Heureusement le soleil luit presque toujours : avec une montre qui marche on est sûr de la direction. On calcule les distances par le temps qu'on met à les franchir.

En quittant Wilson’s Store, je devais

descendre le Mititsi pendant six kilo-

mètres, puis le franchir. « Une heure de marche », me dis-je, « puis je traverserai ». Mais il faisait froid, ] étais très légèrement vêtu, et six semaines de Montagnes Rocheuses m'avaient rendu bon marcheur. Il paraît que je marchai très vite, car, lorsque je traversai le torrent au bout d’une heure, c'était après la jonction du Mititsi avec le Grey-Bull. Je n’en savais rien, Je m'aperçus seulement que l’eau était bien plus profonde qu’à Wilson’s Store; mais comme 1l y a des ruisseaux partout, cela n’avait rien d'étonnant.

De l’autre côté, je cherchai vainement la piste. « Peu importe », me dis-je.

« En allant au sud, je suis dans la bonne direction, je suis sûr de rencontrer le Grey-Bull. Si je suis trop à l’ouest, je

Le. à

tomberai tout juste sur la piste en arrivant à la rivière, puisqu'elle en remonte le cours. Si je suis trop à l’est, je n’aurai qu’à remonter le Grey- Bull, Je retrouverai forcément la

piste ».

C'était bien raisonné, mais je ne sa-

vais pas que je m’éloignais à grands pas du Grey-Bull.

Je gravis donc une colline qui se dressait devant moi, et je continuai à marcher vers le sud, autant que le permettait la configuration du terrain, sans m'inquiéter de l’apparence de plus en plus sauvage de la contrée.

Vers dix héures, descendant dans une vallée, j'aperçus devant moi quelques animaux que je pris d'abord, de loin, pour des bœufs noirs. Je m'ap-

prochai. « Voilà de drôles de bœufs », me dis-je.

Tout à coup ils se mirent à galoper comme jamais bœufs n’ont galopé.

« Des bisons! m'écriai-je, oh! quelle chance d'en rencontrer enfin! Mais dire que j'en cherche depuis quinze jours, et que le Jour où J'en trouve, je n'ai pas de fusil! »

Je ne réfléchissais pas à une chose : c’est que les bisons, chassés avec acharnement par les Indiens et les blancs, et relativement faciles à atteindre, n'existent plus nulle part près des endroits fréquentés : ils se sont réfugiés dans les montagnes et les déserts, là où l’homme ne pénètre jamais (1).

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