POSTFACE
Mais, à coté des bagnes de droit commun, nous avons la gloire de posséder des pénitenciers militaires, et de doux magistrats viennent çà et là en admirer Tinstitution.
Or, pour savoir exactement ce que sont ces pénitenciers, comment on y tombe et comment on y est traité, pour en savourer l'horreur insensée, pour en sonder la monstrueuse cruauté, il faut lire le livre de M. G. Dubois- Dessaulle : Camisards, Peaux de Lapins et Cocos (i). Ce sont les révélations de cet écrivain qui m'ont décidé à écrire ces quelques lignes à la suite d'un livre dans lequel je voulais, cependant, prendre le moins de place possible. C'est qu'en vérité, quand on voit ce que devient, non plus seulement aux mains des Canaques et des gardiens calédoniens, mais aux mains des gradés d'Oléron ou de Mers-el-Kébir, la discipline pénitentiaire, on est saisi de vertige.
Il est dur pour des Français de faire de tels aveux que des étrangers recueilleront : mais tous les honnêtes gens devraient s'unir pour faire cesser d'aussi révoltants abus.
Jules Legras.
Dijon, avril 1901.
(i) Édité par la Revue Blanche. Paris. 1901.