‹ Dans le rue; chansons et monologues. Dessins de SteinlenChapitre 19 sur 22 · SOULAUD · texte numérisé non relu

SOULAUD

Ah ça, pleut-i' pas ou c' qu' i' pleut?. Sûr i' pleut!... j'parie eun' chopine.

V fait si telTment noir qu'on peut Pas seul'ment voir si i' lansquine.

Cré nom de Dieu! c'est épatant!

Pleut-i'? Pleut-i' pas? c'est un combe ! Je n'sens rien de rien et pourtant Nom de Dieu! j'entends ben qu'ça tombe.

Sûr i' pleut! Mêm' que ça coul' dru :

Ça dégringol' par la gargouille.

Jusqu'à présent j'ai toujours cru

Qu' quand i' tombe d' l'eau ça vous mouille.

Dans la Rue

Et j'suis pas mouillé... j'suis soûlaud.

Tiens! Ou'est-c' que j'sens là l'iong d'tna cuisse ?

Ah ben! c'est moi qui lâche d' l'eau...

Alors i' pleut pas!... c'e^t que j' pisse!

A MONTMERTE

Malgré que j'soye un roturier, Le dernier des fils d'un Poirier

D'ia ru' Berthe, Depuis les temps les plus anciens, Nous habitons, moi-z-et les miens,

A Montmerte.

D.iii. Ij Rue 169

L*an mil-huit-cent-soixante et dix.

Mon papa qu'adorait l'trois-six

Et la verte, Est mort à quarante et sept ans, C'quifait qu'i' r'pose d'puis lo:;gte;îîps,

A Montmerte.

Deux ou trois ans aprè . je fis

C'qui peut s'app'ler, pour un bon fils,

Eun' rud' perte :

Un soir, su' V boul'vard Rochecbouart, Wa pauv' maman se laissait choir,

A Montmerte.

Je n'fus pas très heureux depuis, J'ai ben souvent passé mes nuits

Sans couverte.

Et ben souvent, quand j'avais faim, J'ai pas toujours mangé du pain,

A Montmerte.

Mais on était chouette, en c'temps-là, On n'sacrécœurait pas sur la

Butt' déserte, Ej' faisais la cour à Xini^ Nini qui voulait fair' son nid,

A Montmerte.

qur p:

i^endant qu'la vieili' butte r'tirait

Sa rob' verte, Nous nous épousions, dans les foins, Sans mair', sans noce et sans témoins,

A Moiitmerte.

Dans la Rue

Depuis nous avons des marmots:

L;es p'tit's juneH's, des p'tits jumeaux

Qui front, certe, Des p'tits Poirier qui grandiront, Qui produiront et qui mourront,

A Montraerte.

Malgré que j'soye un roturier, Le dernier des fils d'un Poirier

D'ia ru' Berthe, Depuis les temps les plus anciens, Nous habitons, moi-z-et les miens,

A. Montinerte.

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