‹ Dans le rue; chansons et monologues. Dessins de SteinlenChapitre 20 sur 22 · A LA CHAPELLE · texte numérisé non relu

A LA CHAPELLE

tomb'nt comm' des glas,

amoi

A la Chapelle,

On a frio, du haut en bas, Car on n'a ni chaussett's, ni bas; On transpir' pas dans d'Ia flanelle, A la Chapelle.

On a beau s'payer des souliers.

On a tout d'mêm' frisquet aux pieds, Car les sou iers n'ont pas d'seraelle, A la Chapelle.

Dans rtemps, sous l'iibri, tous les soirs, On allumait trois grands chauffoirs, Pour empêcher que l'peupe i' gèle, A la Chapelle.

Dans la Rite

Alors on s en toutait du frcii !

Là-d'ssous on était comm' chez soi, El' gaz i' nous servait d' chandelle.

A la Chapelle,

,^JVvv^^"'^ Mais 1' quartier d'venait trop rupin

Tous les sans-sou, tous les sans-pain Radl'iaient tous, mêm' ceux d' Grenelle, A la Chapelle.

Et v'ià porquoi qu' l'hiver suivant On n' nous a pus foutu qu' du vent, Et P vent n'est pas chaud, quand i' gèle, A la Chapelle.

Dji/s la Rïie

Aussi, maint'nant qu'on n'a pus d' feu, On n'se chauff' pus, on grinche un peu... r fait moins froid à la Nouvelle Qu'à la Chapelle.

fc^

■lî^^l^M

As.

Lj^.

^jj-\? -^B

MBEgyf^Bgpip

■ÏMBÉI

fe^^^

Im

GREVISTE

Parigo, quoi!... des Batigueule', Toujours prêt à coller un paing, Mais j'comprends pas qu'on s'cass' la gueule Pour gagner d' quoi s'y fout' du pain. El' travail... c'est ça qui nous crève, Mêm' les ceux qu'est les mieux bâtis, V'ià porquoi que j'm'ai mis en grève .. Respec' aux abattis.

J'tiens à ma peau, moi, m.2s brave homme, Tous les matins j'en jette un coup Dans les journal et j'y vois comme Les turbineurs i's s'cass' eP cou...

Moi !... j'm'en irais grossir la liste Ed' ceux qu'on rapporte apK^tis?..

Ps souvent... ej' suis fataliste...

Respec' aux abattis.

Tenez, ya quéqu' chos' qui m'dépasse :

C'est les travail à la vapeur, Tôt ou tard i' faut qu'on y passe, Là, c'est réglé, gnya pas d'erreur :

Des gens qui n'est mém' pas malade !

L'matin i's s'ièv'nt, les v'ià partis... El' soir i's sont en marmelade...

Respec' aux abattis.

D.ins la Rjie

Btiii! er. cer.x qu'on voit su' la Seine ]-]nfoncer de- pieux... que métier!...

En v'ià des goncie-s qu'ont d' la peine: l'stir' à six su' un bélier!

Moi, ces travails-1'i, ça r. 'épate, J'touchr'ai jamais un pilotis.

J'aurais peur de m'casser eun' pntte.

Respec' aux abat.is.

Au lieu d' gueuler après les mines D' fair' des discours et d' discuter Su' les fabriqu' et les usines, Moi j'dis qu'on f'rait mieux d'inventer Des travails dont qu'personne n'crève...

Jusque-là, vous et' avertis, J'marche pas... J'continu' ma grève...

Respec' aux aba'.tis.

Page 1