André Serment, de Genève
* APPENDICE s; 201
Paris, 12 juillet 1842.
Je t’accuse réception, mon cher neveu, de ta lettre du 7 courant, et de l'effet de Frs. 207, 15 qu’elle renfermait. De nouveau, mille remerciements. — Quant au crédit que je te priais de m’ouvrir sur ta maison, je crois que tu as raison, et, d’après ce que tu me marques, nous continuerons comme nous avons commencé.
! Je m'étonne de l’étrange obstination de Barthélemy ! à soutenir un mensonge, et tu m'engages de si bonne grâce à te mettre au fait de mes rapports avec André que je vais le faire avec une entière franchise. Je croyais l'avoir déjà fait l’année dernière. Voici ce qui en est : Quand M. André vint à Paris la dernière fois, il poursuivait le recouvrement d’une créance de 17.000 francs, qui était fort compromise, car il s’agissait de faire reconnaître les droits par une commission instituée par le gouvernement. Tout dépendait du rapporteur, et, par mes relations particulières, je fus assez heureux pour mettre M. André en relation avec ce rapporteur, de manière à le lui rendre favorable. Bref, la créance fut reconnue valable, et je lui procurai un avoué pour le recouvrement, qui est au moment de s'effectuer. Il me fallut, et il me faut encore, suivre d'assez près l'affaire, et M. André n’y met pas beaucoup de discrétion. Cela dit entre nous.
Dans le même temps, M. André ayant entendu dire par ma sœur Louisa que j'étais serré dans mes affaires, il lui avait promis, à ce qu’il paraît, de m'en parler, et ilm’en a parlé, en effet. Après avoir pris toute espèce d'informations sur ma position, et sur la position future de ma femme, il me dit que si quelqu'un de solvable voulait me prêter sa signature, il m'avancerait 6.000 frs, pour lesquels, de plus, ma femme s’engagerait nersonnellement. Me demander de trouver une signature, c’est me dire de trouver de l'argent, l’un m'est aussi difficile que l’autre ; pourtant je la trouvai, un de mes amis, présentant toutes garanties, voulut bien s’éngager solidairement avec ma femme et moi ; or, quand on vint au fait et au prendre, les 6.000 francs promis se bornèrent à 2.500. Encore fallut-il faire des lettres de change, avec aval de Mad. Didier, à 6 %,, bien entendu, plus la commission, le tout payable, et payé, une année d’avance. Voilà, mon cher ami, la manière exacte dont les choses se sont passées, et le service que m’a rendu M. André. Tu vois que B. n’a rien à faire là-dedans, et qu’il en impose lorsqu'il prétend m'avoir cautionné. Les lettres de change ont été renouvelées, et viennent à l’échéance le 15 décembre prochain.
Mes besoins étaient alors de 6.000 francs, et, pour trouver les 3.500 restant, plus les intérêts, j’ai dû prendre, comme bien tu penses, des