Histoire de ma vie. Tome 18, p
Pise lui plut. « La vieille république, la ville des souvenirs et des monuments » servirent de scène à son roman de Chavornay. Il a dû la connaître fort bien, ainsi que Livourne et le pays environnant 1. Le 8 août, Didier écrivait de San Marino à son ami Vieusseux. Les mois suivants se passèrent à Rome, d’où il expédiait une lettre au libraire, le 24 mars 1820, pour le prévenir qu'il était « à la veille de partir pour le midi de l’Italie ». Il avait visité à fond la Ville éternelle, et parcouru à pied la « désolation affreuse du désert de Rome ». I] allait alors pénétrer dans les provinces du midi, passer plusieurs mois en Sicile, visiter les régions reculées, pour bien connaître ce pays malheureux, qui n’était plus, à l’en croire, qu’une « colomie exploitée par une métropole » (Naples) et dont « rien ne saurait peindre l’oppression, la ruine, toutes les misères. » ? Didier continua ses voyages sous la surveillance de la police. Au mois de mai 1820, il était à Cilento.® C'était une vie passablement rude, il était dur de faire de tels parcours à pied, surtout pendant cette funeste période. I1 abandonna parfois cette existence aventureuse pour d’agréables visites à ses amis d'Italie. Il en décrit une dans une lettre à Hortense Allart : celle qu’il fit à la Duchesse de Mondragone #.
Mais le jeune Didier, avide de mouvement et d'aventures, vivait de « beaux jours ». Il aimait l'Italie, les Italiens, et surtout les Ita-: liennes. (Il écrit dans son journal, le 23 septembre 1841, lors d’un voyage en Allemagne : « À vingt ans on aime les Italiennes, passé trente on goûte les Allemandes. Il y a toute une théorie à faire là-dessus ».)
1. Il note dans son journal, le 14 juin 1842 : « Je parcours les Mémoires de Casanova, que j'ai lus à Pise dans le temps de ma vie nomade ».