‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 25 sur 172 · Journal, 24 octobre · texte numérisé non relu

Journal, 24 octobre

apprend que « hier, chez Hortense Allart, on a parlé de moi. Sainte- Beuve, Littré, Sophie [Gay] tous font l'éloge de mon caractère. Sainte-Beuve dit que je suis fier, austère, refusant de plier sous la volonté insolente et sotte des journalistes, qu’en somme je suis un original apportant à Paris des idées étranges et non parisiennes 1 ». |

Mais en récapitulant cette première année à Paris, Didier constate, d'autre part, qu’il a dépensé 2613 francs, dont il n’a gagné que 744, «le reste dû à Richard, auquel je dois déjà 2300 ?. Total effrayant de ma dette : 4169 ». Il sent combien sa situation est précaire. Ce manque d’argent, cette gêne continuelle exerce une grande influence sur-son caractère et sur sa vie.

Cependant la nouvelle année s’annonce bien. Il compte beaucoup sur son nouvel article Les Trois Principes — Rome, Vienne, Paris à. Ces pages sont écrites sous l’influence de son vénérable ami de Bonstetten, comme ce sera du reste le cas pour plusieurs de ses ouvrages sur l'Italie : « Il se passe sous nos yeuxenltalie, déclare-t-il, un phénomène historique qui. est d’un puissant intèrêt politique et social ; ce phénomène, c’est l’étroite alliance des deux vieux principes guelfe et gibelin. C’est la France qui tient le fil des destinées de la Péninsule italienne, comme en elle repose l'avenir de l'Europe entière 4». Et il ajoute aussitôt, pour qu'on se rende compte que son avis est entièrement désintéressé : « L’auteur désire qu’on ne voie pas dans cette opinion une forfanterie de patriotisme et de vanité. Il écrit en français, mais il n’est point Français, et sa qualité d’étranger le met à l’abri de tout reproche. »

Déjà les Italiens avaient reconnu en Didier un des étrangers qui connaissaient le mieux leur pays, et une traduction italienne des Trois Principes suivit bientôt, en une brochure de 58 pages 5.

Carnot et Leroux se déclarent satisfaits des débuts de leur jeune collaborateur. Didier est surtout lié avec Leroux, qui s'intéresse à sa carrière et à ses projets de nouveaux ouvrages sur l'Italie. Il va,

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