‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 32 sur 172 · Voir chapitre I · texte numérisé non relu

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4. Journal, 31 mars 1834. De temps en temps, Didier note dans son journal des faits intéressants se rapportant à son premier roman. Par exemple, le 31 octobre - 1839 : « J'ai reçu le diplôme de membre de l’Académie d’Arezzo, en considération de Rome souterraine » : le 14 mai 1844 : « Visite d’un jeune Milanais, qui vient spontanément. m’exprimer, en son nom et au nom de sa famille, leur sympathie pour Rome souterraine, qui est, dit-il, le bréviaire de la jeunesse italienne. Il y a recrudescence de persécution contre le livre et les lecteurs ont cinq ans de galère pour ce crime » ; le 14 mars 1849 : « Pescatori, envoyé de la République romaine, me dit qu'elle va me déclarer citoyen romain à. cause de Rome souterraine ».

Ce n’est toutefois qu'après la seconde édition, parue en 1841 (il y eut huit éditions en français) ! que Rome souterraine fut traduite en italien. La première version est datée de Lugano, en 1845, la seconde de Livourne en 1848, suivie elle-même de trois autres, 1861, 1862, 1870, toutes trois milanaises. La traduction anglaise ne vit le jour qu’en 1860, sous le titre : Anselmo, a tale of Modern Italy.

Les critiques s’occupèrent peu de l’ouvrage, mais il eut un réel retentissement et trouva des lecteurs jusque vers la fin du dixneuvième siècle. Aujourd’hui même, si l’on connaît de nom Charles Didier, c’est neuf fois sur dix comme auteur de Rome soulerraine.

Deux évènements de grande importance marquèrent la vie de Charles Didier pendant cette année 1833 : la publication de son livre et sa rencontre avec George Sand, à laquelle Hortense Allart ? le présenta le 2 février 5.

Sa liaison avec Sainte-Beuve continue. Ils sont plus intimes que jamais, mais déjà Didier commence à juger son confrère. Ils ont l’habitude de dîner en compagnie aux Frères Provençaux, et, dans son journal, Didier note, le 5 janvier 1833 : «Dîner aux Provençaux avec les habitués. Carrel vient tard, et je ris en voyant Sainte-Beuve comme en adoration devant lui, c’est un homme faible qui a sans cesse besoin d’un dominateur ». Et huit jours plus tard : « Dîner habituel aux Provençaux.… Sainte-Beuve, avec son excitation féminine, me semble se déconsidérer aux yeux d'autrui ». Cependant Sainte-Beuve et Didier continuent à se voir beaucoup. Un soir, ils dînent chez Quinet, «où nous causons philosophie, ou plutôt métaphysique ». Un autre de ses nouveaux amis, Jules Sandeau, était parti pour l'Italie, et, le 27 mars, Didier avait écrit pour lui une lettre de recommandation à son ami Vieusseux. L'année finit bien, son livre va lui procurer quelque argent : il en a reçu pour

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