‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 34 sur 172 · Voir chapitre III · texte numérisé non relu

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ses articles, et, bien que la gêne persiste, il se sent plus de courage pour faire face à l'avenir. Au mois de décembre, il va chez Madame . Ancelot « qui me reçoit à merveille... j’ai été l’homme de la journée ».

Lamartine vient de rentrer à Paris, de retour de son voyage en Orient, et, au commencement de 1834, Didier lui fait visite. «IL me reçoit très affectueusement, s'intéresse à moi, à mes affaires, et bien que ruiné, dit-il, met tout ce qu’il a à ma disposition. m'invite à dîner pour chaque jour ». Il fréquente toujours la princesse Belgiojoso, passant d’agréables soirées dans son salon et reçu dans l'intimité par cette patriote, qui voit en lui, non seulement un jeune homme ‘charmant, mais un ami de l'Italie. Il dîne chez Béranger avec Heine, « tombé dans le matérialisme et la sensuaté ». C’est à cette époque qu'il fait la connaissance d’Hippolyte Fortoul, qu'il voit assez souvent et avec qui il va rester en relations pendant les années suivantes. Il sort beaucoup. Un soir il dîne chez Cauchois-Lemaire avec Béranger, Fortoul, Lerminier.Se rendant chez Ballanche, il le trouve au lit, et à son chevet Madame Récamier, « laquelle me complimente sur mon livre [Rome souterraine]. Je reconnaïis la vérité du mot sur elle de Madame Hamelin: « l’Impératrice des grisettes ». Bref, 1l est alors très lancé dans la vie parisienne. Lui qui, depuis longtemps, a soif de connaître les gens d’esprit, il est accueilli dans les milieux les plus intéressants, et homme d'esprit lui-même, il s’y trouve à l’aise. Il note, par exemple, dans son journal 1 : «Chez Madame Gay, où Musset, Balzac, Fitz-James, ? faisant le démocrate, Lamartine, qui voudrait m’emmener avec lui à Dunkerque, où il va demain. Soirée qui me fait plaisir et me repose ». |

Ces bons moments et cette vive sympathie que lui témoigne Lamartine lui sont d'autant plus précieux que l’année 1834 ne

s’achève pas sans apporter à Didier bien des difficultés et des déceptions. « J'ai de grands accès de désespoir quand je me mets à contempler et interroger la vie, l’homme, le monde. Le mal est partout, Dieu se cache, il laisse crier dans le vide et sans répondre. * ».

Son camarade David Richard est « retombé dans son sentiment matérialiste, niant l’immortalité de l'âme... Un moment sous l’influence spiritualiste de Lamennais, il est maintenant sous celle de

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