Lettre inédite, 8 janvier
4. Lettre de David Richard à Lamennais du 28 octobre 1834, publiée par Roussel et Ingold, p. 9.
en Espagne, il est possible qu’il ait dû abréger son séjour dans la péninsule. Cette préface, datée du 17 octobre 1837, précise le but de l’auteur :
«Me trouvant en Espagne, où j'étais allé étudier sur place le pays et la SE j'avais l’habitude d’écrire chaque Soir aux journaux, à mes amis 1 ou pour moi-même ce que j'avais appris dans la journée. Ces lettres et ces notes forment une sorte de journal dont je publie aujourd’hui deux volumes, sans y rien changer... priant le lecteur de vouloir bien faire lui-même les changements de temps et de mode.
Je n’invente ni n’arrange rien ; je montre l'Espagne telle qu'elle sans flatterie…. sans aigreur, et j’ai mis mon devoir de chroniqueur à me renfermer dans les limites d’une fidélité rigoureuse...
C’est, avant tout, un livre de faits et d'observation, un compte rendu sur l’état des mœurs et des idées au delà des Pyrénées.
J'ai tâché d’aller au fond des choses et j’ai été moins préoccupé des formes et des modifications publiques, qu’appliqué à SE non audessous, la vie sociale dont elles ne sont que l'enveloppe.
Il y réussit fort bien. À ce moment on se préoccupait beaucoup de l'Espagne en France. Politiquement, la guerre de la Succession, l'invasion de 1808 et l'expédition de 1823 mettaient en jeu, de plus en plus, l'intérêt de la France dans les événements qui se déroulaient chez sa voisine du sud. Les romantiques d’ailleurs, avaient révélé l'Espagne, comme tant d’autres pays, au public français, et dans les milieux littéraires et politiques, dans les salons, l'Espagne et les Espagnols faisaient l’objet de bien des conversations. Depuis 1830, année « non moins mémorable dans l’histoire de l'Espagne que dans l’histoire de France », l’on suivait avec un vif intérêt tous les événements qui se succédaient rapidement dans la péninsule espagnole. Même aujourd’hui, ce livre sur l'Espagne n’est pas dénué d'intérêt. L'auteur y retrace les différentes étapes de son voyage, dont il fait un récit assez coloré. Ce « livre de faits » échappe à la monotonie, grâce à certains détails, à divers récits d’un style moins sec et moins austère que celui dont l’auteur use d'habitude. On l’apprécia à l’époque. Un article signé P. Maurel, dans le Bon Sens du 15 décembre 1837, déclare, à propos d’'Une année en Espagne : « Des hauteurs de la philosophie, M. Charles Didier a suivi avec calme l’anarchie de la révolution espagnole. » Et il l'appelle « [un]
ouvrage on ne peut plus spirituellement écrit. »