‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 62 sur 172 · Fragment du journal, septembre (vers la fin · texte numérisé non relu

Fragment du journal, septembre (vers la fin

octobre 1838, elle était venue souvent à Paris. Mais elle n’y menait pas la vie d'autrefois auprès de Madame d’Agoult et de Liszt. Elle . perdait l’amitié d’Arabella et leurs relations n'étaient plus cordiales. Elle vivait dans l’isolement, ne sortant guère que pour des soirées chez Madame Marliani. Elle aurait pu y rencontrer Didier, qui était très lié avec celle-ci en 1838. L'amitié de Sand pour Richard fut par contre ininterrompue, ce qui devait être bien fâcheux pour son camarade, toujours un peu jaloux, quoiqu'il sût que leurs relations étaient platoniques. Mais l’été Didier avait voyagé en Angleterre, et, avant son départ, il était très préoccupé par ses relations avec Aglaé Hanonnet, qu'il allait épouser, et même plus d’une fois.

On voudrait terminer ici l’histoire des relations de Charles Didier avec George Sand. Quand, en 1848, paraîtra La Porte d'Ivoire, . Didier y insérera les sonnets qu’il lui avait adressés aux mois d’avril, juin et juillet 1836, et dont un seul vers suffit à résumer les sentiments du triste amant :

« Pensez, pensez à moi. Mcn âme est où vous êtes ».

Mais avant qu'il publie ces sonnets, le sort devait les rapprocher encore, au cours de 1839 et de 1840. Ce seront alors deux êtres qui se mépriseront et se diront des injures.

Le 7 mars 1830, Didier note que « G. S. est à Marseille, de retour des îles Baléares, avec Chopin, mourant de la poitrine ». Le lien entre eux désormais sera Mme Marliani, et c’est sans doute par elle que Didier apprend la nouvelle. Deux mois plus tard,lors d’une soirée chez Madame Marliani, il rencontre Mallefille, qui accompagne Didier à son logis pour lui raconter ses relations avec George Sand, « qui lui reprochaïit de l’avoir trop aimée et l’a roué complètement: Il a été plusieurs mois sans voir ce que tout le monde voyait, et enfin la lumière lui a sauté aux yeux. J’entrevois que G. a parlé fort mal de moi 1 ».

Enfin, en automne, on l’attend à Paris, où elle devra descendre chez Mme Marliani. Tout se complique. Madame d’Agoult va arriver en même temps que George Sand. Didier fait une langue visite à Madame Marliani?et note après qu’il lui parle « franchement touchant G. S., et surtout elle-même dans leurs rapports réciproques, et du rôle de flatteuse qu’elle a pris auprès d'elle, et de mille

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