‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 65 sur 172 · Voir chapitre V · texte numérisé non relu

Voir chapitre V

chez elle pour obtenir une explication : « Je lui reproche avec force de me mettre dans ses tripotages. Elle s'excuse et revient sur le passé, m’'accuse de dureté, me prie de l’aller voir avec A [glaé]. En somme elle était humble et attirante ! ».

Le lendemain, Lamennais lui raconte qu’il vient de recevoir une lettre de George Sand, » qui le prie d’aller la voir, parce qu’elle a besoin de quelqu'un qui lui parle de haut et qui lui soutienne le cœur ». Didier ajoute : « Tout celaest, ou du moins me semble, de la comédie. La confiance une fois envolée ne revient plus. Mais il est visible qu’elle se trouve désertée et qu’elle sent sqn abandon ? ».

Une huitaine de jours plus tard (le 5 décembre), a lieu cette seconde cérémonie de mariage, à Paris, de Charles Didier et d’Aglaé, mariage civil exigé par le grand’père Gendarme #. Ils n’ont quitté la mairie qu’à midi : « Je conduis A fglaé] chez G. S. et l’y vais chercher après une heure et demie. La visite s’est bien passée etl’on sera à l’avenir dans de bons termes les uns vis à vis des autres ».Quel optimisme de sa part ! Lui qui n’a plus la moindre confiance en George Sand, il compte cependant rester en « bons termes » avec ele. Très vite pourtant, il se méfie des relations de George Sand avec sa femme. Le 28 décembre Aglaé, devait dîner et passer la soirée chez Madame Simonis #, tandis que Didier dînait avec des camarades. En rentrant à la maison, il apprend qu’au lieu de cela, Aglaé a dîné chez Madame Marliani avec George Sand. « J'en suis peu content, et je ne la vois plus aller avec plaisir ». Le 25 mars, on lui raconte « les sales cancans de toute espèce faits sur moi dans le nid de la rue Grange Batelière par toutes ces femelles, George Sand en tête. Cette créature est la fausseté même ; il n’a pas dépendu d'elle que mon mariage ne manquât dans le temps, et depuis cela n’a fait que croître et embellir. Ma ligne de conduite est fort nette maintenant, et je vais me mettre à mon aise ».

Enfin il ne sera plus guère question d’elle dans la. vie de Didier. George Sand passe encore les premiers mois de l’année suivante à Paris, avant de faire à Nohant une retraite à peu près définitive.

Page 1