‹ Dans Le Sillage Du Romantisme Charles DidierChapitre 76 sur 172 · Nouveaux lundis. Tome XI, p · texte numérisé non relu

Nouveaux lundis. Tome XI, p

vent être savants spéciaux sur un point (comme Baré et la Provostaye), mais, simples et neufs sur le reste, ou des esprits hauts, raides et peu ie et flattés dans leur vanité d’une Hason illustre, (comme Didier)...

Après l'échec du Monde, Lamennais, fatigué et déçu, se retira en Bretagne, à Trémigon, chez son beau-frère, puis il s'installa auprès de ses amis, les Clément ?, dans leur propriété de Sans Souci, en Champagne. Rien ne fut changé aux relations des deux amis, et Didier l’y rejoignit le 30 juillet 1837. Le soir même de son arrivée, il écrit dans son journal : « J'y trouve Lamennais qui s'ennuie, mais je ne puis voir Mme Clément, retenue au lit par la fièvre. Elle me paraît avoir conçu pour lui une grande passion, mais il est très fatigué et se repent d’être venu. Nous passons tout le jour à causer, promener, jouer au billard. Il me lit ce qu'il a fait du Livre du Peuple, un tiers environ. C’est grand et fort. Je l’engage à écrire un petit ouvrage littéraire dont je lui ai parlé. Ce serait l'aventure d’un moine persécuté, c’est-à-dire sa propre histoire, et tout un côté de lui, — le côté intime, dont on ne sait rien. Il prend goût à cette idée et finira par l’exécuter. Il songe aussi à une prédication, mais cela ne me paraît pas heureux. L'idée d’un nouveau journal est abandonnée ou ajournée, (il) manque des fonds nécessaires. Le pays est affreux, situé entre la Brie et la Champagne pouilleuse. »

Le lendemain, après plusieurs parties de billard, Didier dût repartir pour Paris et Lamennais l’accompagna jusqu’à Sézanne. Quand celui-ci rentra à son tour à Paris, il se trouva sous le coup d’une nouvelle catastrophe. « Son libraire Daubré (sic) a levé le pied et lui a emporté dans la faillite 20.000 francs ? », tout ce que possédait Lamennais, qui, à 55 ans, ne s'était pas remis des épreuves et des fatigues des années précédentes. Déjà faible et souffrant, il se trouva réduit aux emprunts. Rien d'étonnant si Didier le croit «à bout et découragé ».

Les deux amis étaient inséparables. Pendant toute cette période Lamennais travaillait à son Livre du Peuple, qui paraîtra en décembre de cette année. Il lut à Didier le chapitre sur la religion, que

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