CHAPITRE VI
Le moral atteint — Thécla — Didier dramatürge — Afalba — Réception au Théätre français — Campagne de Rome — A la rédaction du National — Ses articles — Nationalité française — Inquiétude croissante — Voyage en Allemagne —
Rupture avec le National — Projet de journal — Encore un voyage — L'Etat — Encore un échec — Caroline en Sicile — Indécisions — Promenade au Maroc — Désespoir.
Charles Didier reprit son travail littéraire dans de bien tristes conditions après l'opération faité à son œil en 1830. Il était en train d’écrire son quatrième roman, Thécla, quand la maladie l’avait forcé à se soigner. Fatigué et énervé par la souffrance, ilse remit au travail avant la fin même de sa convalescence. La maison retentissait du tapage des ouvriers qui la préparaient pour l’arrivée d’Aglaé, et d'autre part la question d'argent troublait l'esprit de l’auteur. Il vivait des avances de son éditeur sur Thécla, et il lui fallait faire paraître ce livre avant la fin de l’année. Il s’était déjà rendu compte qu'il ne réussissait guère comme romancier. Le Chevalier Robert 1 ne se vendait pas ; un quart du tirage de trois mille exemplaires de Chavornay restait chez le libraire. Rien d'étonnant si nous lisons alors dans le journal : « Je sais d'avance que mon livre n’aura aucun succès et sera abîmé ».
I1 ne se trompait pas. Quoique ce soit un meilleur ouvrage que le Chevalier Robert, l’auteur n’a pas réussi à créer des personnages vivants pour cette action mélodramatique, et l'héroïne, Thécla, est sans charme comme sans individualité propre. Ici encore, la scène se passe au Maroc, à l’époque où Tétouan était la résidence des consuls européens. Thécla, la fille de M. d’Upsal, consul de Suède, est « une blonde svelte, élégante, dont la beauté, sans être régulière, est pleine de. distinction. Quelqu'un avait dit, en parlant d’elle : « C’est une eau calme et limpide, dont on ne voit pas le fond », et l'avait appelée une « charmante énigme ». Or le