‹ Dans le sud de MadagascarChapitre 31 sur 56 · SITUATION AU 1" MARS · texte numérisé non relu

SITUATION AU 1" MARS

vince; dans le second cas, le régime civil se prépare peu à peu sur des surfaces croissantes, sous la direction supérieure du commandant militaire du cercle.

Ce procédé présente Textrême avantage de ménager les transitions, chose si essentielle dès qu'il s'agit du gouverne-

ment des indigènes. Ceux-ci passent insensiblement d'un régime à l'autre. C'est la meilleure manière d'éviter les à-coups qui se produisent si souvent lorsqu'on fait brusquement passer toute une région d'une administration à l'autre et qui ont souvent eu comme conséquence la nécessité de revenir en arrière et de replacer temporairement sous un régime de commandement des régions passées prématurément au régime civil.

C'est qu'en effet on n'est pas le maître de l'esprit des indigènes. On tient souvent trop peu de compte de leur « mentalité » si différente de la nôtre. On oublie trop que les moindres actes de l'infime minorité européenne qui les gouverne sont de leur part l'objet d'une observation attentive et des commentaires les plus imprévus. C'est ainsi que, dans plusieurs circonstances, un brusque passage du régime militaire au régime civil, qui n'était à nos yeux qu'un simple acte administratif, leur est apparu comme un commencement d'évacuation motivé par des événements extérieurs et comme le prélude de la fin prochaine de notre domination.

Des faits simples, commentés par les éléments hostiles qui subsistent toujours dans le pays, sont démesurément grossis et provoquent une agitation sourde, souvent occulte, qui nous remet un beau jour en présence d'une situation à laquelle il faut vigoureusement remédier. Ces inconvénients peuvent presque toujours être évités si l'on apporte le soin le plus extrême à ménager les transitions de régime.

Il ne faut jamais oublier que l'indigène n'aime pas à « changer de figures », si l'on veut me passer cette expression; mais que, pourvu que la « figure » à laquelle il est habitué reste, peu lui importe le régime qu'elle applique.

Dans ces régions du Sud, si rebelles à l'idée de centralisation, étrangères souvent les unes aux autres, ce que l'indigène connaît le mieux, c'est son chef de secteur, pas toujours son chef de province et il ignore presque entièrement l'autorité supérieure (1). L'important est donc de ne changer les « figures »

(1) Au début des opérations contre les Tambavalo, dans tel secteur, l'autorité française, pour les indigènes, c'était le sergent X..., qu'ils connaissaient et en qui ils avaient toute confiance, et tout ce que pouvaient leur dire le commandant de cercle et moi-même avait infiniment moins d'autorité que ce que leur disait le sergent.

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auxquelles l'indigène est accoutumé, que très progressivement et non pas simultanément, mais une à une, en les y préparant, et c'est à quoi paraît répondre au mieux le procédé qui vient d'être exposé.

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