‹ Dans le sud de MadagascarChapitre 40 sur 56 · CO · texte numérisé non relu

CO

Report des dépenses

D'où un excédent de recettes sur les dépenses de 1.245.642 francs.

Il est évident que cet excédent de recettes n'a qu'une valeur relative puisqu'il ne s'agit pas ici d'un budget autonome, mais d'une partie du budget général de Madagascar, et que cet excédent représente la part contributive du Sud aux dépenses intéressant l'ensemble de la colonie.

Dans le chiffre des dépenses, les travaux publics, qui représentent la dépense la plus profitable à la colonie, entrent pour un chiffre de 687.976 francs auquel il faut ajouter environ 300.000 francs de travaux (hôpitaux, casernements, magasins) exécutés au compte du budget colonial (1).

La majeure partie des recettes est constituée par la taxe personnelle. Cette taxe, fixée jusqu'au 1^' janvier 1901 uniformément à 5 francs pour toute l'Ile, a subi, à cette date, une modification importante par suite de la suppression du régime de la prestation. On sait que, sous ce régime, tout Malgache de 16 à 60 ans était astreint à 30 jours de travail, à l'exception des hommes engagés chez les Européens. Il en était résulté de nombreux abus, les engagements fictifs contractés contre rémunération pour échapper à l'obligation du travail ayant donné lieu à une véritable spéculation. En outre, ce régime était considéré comme un vestige de l'ancien servage.

(1) On sait qu'il existe aux cx)loiues deux sortes de budget : le budget local et le budget colonial. En principe, le premier, constitué par les recettes effectuées dans la colonie, supporte les dépenses civiles ; le second, dont les recettes sont fournies par la métropole, supporte les dépenses militaires.

A mesure que les ressources des colonies se développent, elles prennent à leur charge une part crois^sante des dépenses militaires, pour lesquelles elles versent alors des subventions au budget colonial. Il importe eu outre d'observer — ce qu'on perd trop souvent de vue dans la métropole quand ou s'élève contre le chiffre des budgets militaires coloniaux — que ces derniers n'ont pas seulement pour objet l'entretien des effectifs et la solde des officiers, mais encore la construction de travaux publics, hôpitaux, casernements, magasins administratifs. Or, ces travaux profitent autant à la colonie qu'aux services militaires proprement dits. Les hôpitaux, dans la pratique, sont tous mixtes. Les casernements, les magasins, à mesure que les effectifs diminuent, sont souvent affectés à des services civils, réduisant ainsi d'autant les chargea de la colonie. Il n'est donc ni exact ni équitable de tirer des chiffres des budgets coloniaux des conclusions absolues contre l'exagération des corps d'occupation, car ils supportent pour une large part des dépenses qui, en fin de compte, ne profitent qu'à la colonie.

Sa suppression fut donc prononcée par arrêté du 31 décembre 190t; mais, vis-à-vis d'une population naturellement peu laborieuse, inaccoutumée au travail libre et disposée à ne travailler que striûtement pour la satisfaction de ses besoins fort restreints, il était indispensable de trouver un moyen qui, l'obligeant au travail, permît d'assurer l'exécution des travaux publics, le fonctionnement des divers services et les besoins de la colonisation. C'est pourquoi, en compensation de la prestation supprimée, la taxe personnelle fut élevée dans des proportions qui obligeassent l'indigène à travailler pour s'en acquitter. Elle fut fixée à un taux variable pour les différentes régions de l'Ile, en raison de leur extrême diversité au point de vue de leurs ressources, des conditions de leur vie économique et des facultés imposables de leurs populations.

En ce qui concerne le Sud, les fixations furent les suivantes :

Province de Fianarantsoa : 20 francs, c'est-à-dire le quadruple;

Province de Farafangana, cercle de Tuléar, cercle de Fort- Dauphin : 10 francs, c'est-à-dire le double;

Cercle des Bara : la taxe fut maintenue à 5 francs, en raison de la pauvreté de la région et de l'état insurrectionnel de toute sa partie Est.

Les cercles de Fort-Dauphin et de Tulear comprenaient du reste des parties impénétrées ou insoumises auxquelles la nouvelle taxe pas plus que l'ancienne ne pouvait être appliquée.

Enfin, au cours de l'année 1901, le cercle des Bara fut disloqué, ses deux secteurs Est formant le cercle d'Ifandana et ses deux secteurs Ouest passant au cercle de Tulear — mais en conservant chacun le même régime fiscal.

De ce qui précède, il ressort qu'il y eut forcément dans le Sud, au cours de l'année 1901, une grande diversité dans le régime fiscal, justifiée d'ailleurs par les si grandes différences de l'état social des populations et de la situation politique des diverses régions, dont plusieurs étaient occupées pour la première fois et soumises, pour la première fois aussi, par conséquent, à

une redevance qui ne pouvait être au début que très légère et marquer simplement notre souveraineté.

Il est intéressant de voir, dans ces conditions, quelle fut la progression du rendement de la taxe personnelle de l'année 1900 à l'année 1901 :

Province de Fianaranlsoa.

Province de Farafangana.

Cercle de Tulear

Cercle des Bara (1900)1. . .

Cercle d'Ifandana (1901)...

Cercle de Fort-Dauphin.. ,

Totaux . .

DKCEMBBE 19C0.

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