‹ Dans les ateliers de l'Angleterre [microforme]Chapitre 2 sur 22 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

J'AI éprouvé un véritable réconfort à lire le petit livre de M. Boyd Cable, non pas seulement parce qu'il décrivait en des tableaux naifs, désordonnés et charmants, la vie intense des ateliers d'Angleterre, non pas seulement parce qu’il évoquait la tâche immense à laquelle le peuple anglais s’est appliqué avec une résolution inflexible depuis deux ans,—j’ai vu moi-même de quels efforts ce grand peuple et ses chefs étaient capables, —mais parce que ce livre n’est qu’un cri de reconnaissance de l’homme des tranchées pour les ouvriers de l’intérieur.

Pendant des mois, tenace sous le bombardement allemand, le soldat anglais a attendu:

‘ Allons-nous recevoir enfin les munitions dont nous avons besoin ? ” ‘En manquerons-nous encore une fois ? ”” (p. 6). C'était la plainte

vi PRÉFACE

indéfiniment répétée. M. Boyd Cable est allé visiter les ateliers d'Angleterre, et il répond maintenant à ses camarades des tranchées :

‘“ Nous aurons toutes les munitions dont nous avons besoin ; nous n’en manquerons jamais plus ” (p. 7).

C’est avec émerveillement qu’il raconte comment les gens des munitions toujours pressés (p.27), ayant toujours à la bouche le“ Dépêchezvous,” courent d’usine à usine pour stimuler le zèle de chacun. C’est avec admiration qu'il conte les efforts des femmes ou ceux de l’atelier des vieillards, les usines nouvelles sortant de terre sur les vertes prairies d'Angleterre, les vieux ateliers adaptés au travail nouveau, l’activité formidable et continue des machines.

J'ai donné aux directeurs de nos manufactures françaises, de nos établissements de l'artillerie ou des poudres, l’ordre d’ouvrir largement leurs portes aux soldats permissionnaires. Je voudrais que nos hommes des tranchées à nous vinssent aussi, nombreux, dans les ateliers. Je voudrais qu’ils vissent l’effort de leurs camarades des usines. C’est avec les mêmes senti-

allé ond ées :

nous mais

comessés -hezer le qu'il elier t de , les l’ac-

tures 1e ou leurs vounous

Je amasenti-

PRÉFACE vii

ments de reconnaissance et d’amitié qu'ils suivraient les rudes peines et les fatigues obscures de ceux de l’intérieur, et ceux-ci à leur tour, comment ne sentiraient-ils pas la nécessité, l'urgence, et, si j'ose dire, la bienfaisance de leur travail ?

M. Boyd Cable parfois, pourtant, contient sa joie : “ Vous n’allez plus manquer de munitions, camarades ! Vous aurez beau les dépenser aussi vite que vous voudrez, les arsenaux iront plus vite encore. . .. Tout cela est absolument certain, si (c’est le seul 57, mais c’est un grand si), si les ouvriers, dis-je, continuent à y mettre du leur, et vous aident ainsi de toute leur énergie à remporter la victoire ”” (p. 119). Voilà, dit-il, “la grande question ” (p. 120). Il sait les querelles du début. Il sait après quelles luttes les ouvriers anglais ont consenti à abandonner les garanties syndicales. [1 sait comment M. Lloyd George dut lancer l’appel aux ateliers.

Nous n'avons pas eu les mêmes peines. Le peuple des usines a été unanime comme celui de l’armée, dès le début de la mobilisation. Mais, la guerre dure, accablante, épuisante. Pas plus

viii PRÉFACE

que M. Boyd Cable, nous ne redoutons, noi n'avons eu jamais à redouter que les ouvrie “manquent à leurs engagements ” (p. 125), ma la fatigue guette, la fatigue qui peut se tradui en indifférence, en mécontentement, en paress Et alors, c’est le retard, c’est la perte peut-êt: irréparable, c’est peut-être, parce que l’obus manqué, la mort de quelques camarades.

Puissent des appels comme celui de M. Boy Cable être entendus de tous ! Qu’aucun ralen tissement, qu'aucune défaillance ne vienne e cette heure suprême diminuer notre effor Les Alliés ont enfin dans le domaine du matérie affirmé leur supériorité. Que le dernier effor donne la paix par la victoire !

Page 1