‹ Dans les coulisses de l'histoire (volume 2)Chapitre 3 sur 60 · Cf. De Belleval, Nos Pères, p · texte numérisé non relu

Cf. De Belleval, Nos Pères, p

de cuir noir estampé, qui sortait de ses royales mains; sur une des extrémités se lisait : Anno 1556, et sur le couvercle :

Rex me fecit. Amor vincit omnia.

Aurait-on pensé que l'amour, responsable de tant de sottises et de crimes, ait eu le don de faire manier la varlope par un roi?

Un des fils de Henri II, Charles IX, aimait à forger. « Il vouloit, dit Brantôme, tout savoir et faire, jusqu'à l'escu, le double ducat, le teston et autre monnoie, ores (tantôt) bonne et de bon alloy, ores falsifiée et sophistiquée. » Le temps qu'il ne passait pas à la chasse, où il s'exténuait (1), il l'employait à battre l'enclume, à forger des visières repoussées au marteau, des cuirasses, des corselets à l'épreuve de l'arquebuse.

Marie de Médicis gravait sur bois; pour remercier Philippe de Champaigne de lui avoir fait son portrait, elle lui donna une figure de femme, qui était son œuvre propre. Le peintre écrivit au dos de l'estampe : Ce vendredi 22 de febvrier 1629, la reyne

1. Le roi, écrit un de ses historiens, dépérit à vue d'œil, il s'exténue par les moyens les plus rapides, les plus violents; depuis peu, il a éreinté, à la chasse, 5.000 chiens, et crève pour 30.000 francs de chevaux par an.

LOISIRS DE PRINCES ! DU TRONE A l/ ATELIER 11

mère, Marie de Médicis, m'a trouvé digne de ce rare présent faict de sa main. Le portrait est signé : Maria Medici, F., mdcxxii.

La reine avait à son service des parfumeurs attitrés, pour la plupart étrangers, que sa favorite, Léonora Galigaï logeait dans son hôtel de la rue de Tournon, où ils pratiquaient leurs distillations savantes. Marie de Médicis se plaisait à les voir travailler et elle s'amusait parfois à manœuvrer ellemême les alambics, en présence de Mme de Guise et du banquier Zamet, un de ses fidèles; quand elle séjournait à Fontainebleau, elle se divertissait à fabriquer des parfums (1).

Nous lisons dans le Journal d'Héroard, que Louis XIII enfant (2) avait une aptitude incontestable pour les arts d'agrément; il crayonne ou il peint, tantôt faisant les couleurs et serrant luimême ses pinceaux, tantôt s'amusant « avec plume et encre à faire des maisons sur le papier » ou « des chevaux tirant des charrettes ».

On l'habitue aux travaux manuels. Quand il ne

1. Au sujet du banquier Zamet et de ses rapports avec Marie de Médicis, voir en Addenda la pièce de notre collection d'autographes, concernant la reine et son dévoué servant.

2. Sur Louis XIII enfant, si attachant, voir nos Mœurs Intimes du Passé, III^ série : Enfances royales.

jardine pas, il gâche du plâtre ou fabrique des pièges, va voir travailler les carriers et leur prend

MODÈLES d'enclumes

d'après le Livre de Fortune, attribué à Jean Cousin {Extrait du Dictionnaire de Eavard)

les outils des mains (1). Il distribue le travail, se fait appeler M. Louis, et ne regarde pas à se couvrir

1. Journal du Roy Louis XIII, par Jean Héroard, son premier médecin.

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