‹ Dans les coulisses de l'histoire (volume 2)Chapitre 38 sur 60 · LE MONSTRE DU GEVAUDAN LÉGENDE ET VÉRITÉ · texte numérisé non relu

LE MONSTRE DU GEVAUDAN LÉGENDE ET VÉRITÉ

A notre époque où règne la mode — sur laquelle nous nous garderons bien de donner notre opinion — de ce qu'on appelle VHistoire romancée, ce sujet devait tenter à la fois les destructeurs et les amplificateurs de légendes. On s'est généralement rallié à l'idée que la Bête du Gévaudan n'avait jamais existé : est-ce bien la vérité?

Un de nos confrères de province, le professeur PuECH, de Montpellier, qui, d'ailleurs, eut des devanciers (1), s'est attaqué jadis à une tradition

1. Entre autres, au début de ce siècle, l'abbé Fabre^ de Saint-Flour, dont nous avons analysé la relation dans la Chronique Médicale (1902), p. 580,

qui était encore vivace dans le pays où elle a pris naissance. C'est au hasard d'une villégiature estivale, dans un village de la Lozère, que le professeur Puech put entendre, à maintes reprises, parler, avec un grand émoi rétrospectif, chez ceux qui évoquaient cette sinistre histoire, de l'animal fantastique qui, sous le nom de Bête du Gévaudan, exerça, au xviif siècle, de terribles ravages dans cette contrée.

Des chansons, ou plutôt des complaintes, des images populaires, nous ont transmis la tradition. Une de celles que nous reproduisons et qui provient du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale, porte une légende explicative, dont le texte mérite d'être transcrit :

« On écrit de Marvejols, dans la province de Gévaudan, par une lettre en date du V^ novembre mil sept cent soixante-quatre, que depuis deux mois il paraît aux environs de Langogne et de la forêt de Menoire une bête farouche qui épand la consternation dans toutes les campagnes. Elle a déjà dévoré une vingtaine de personnes, surtout des enfans et particulièrement des filles. Il n'y a guère de jours qui ne soient marqués par quelques nouveaux désastres. La frayeur qu'elle inspire

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