Cf. le Mercure de France, juin-juillet
rieux. Il s'était fait ménager, au Palais-Ruyal, un laboratoire (1) où il se livrait à toutes sortes d'expériences et de recherches, sous l'inspiration et la conduite du chimiste Homberg; c'est ce qui donna naissance aux odieux soupçons dont il semble aujourd'hui qu'il doive être complètement absous. N'alla-t-on pas jusqu'à ébruiter qu'il avait médité d'empoisonner le jeune duc d'Anjou, futur Louis XV? Si l'événement se fût produit, nous y aurions perdu les règnes de la Pompadour et de la du Barry, mais aussi le plaisir de vous narrer les aptitudes diverses dont témoigna de bonne heure « le Bien-Aimé ».
Louis XV était encore enfant quand on lui apprit à «tourner» (2). C'est la fdle, d'autres disent la
1. Le duc de Bourbon^ premier ministre de Louis XV, celui qu'on appelait Monsieur le Duc, avait fait installer, dans les soubassements de son château, un laboratoire et des ateliers. Il s'amusait à faire faire sous ses yeux des vernis du Japon et des toiles j^eintes. Il se flattait d'être à la fois graveur, naturaliste et chimiste. En 1725, il avait fondé à Chantilly une fabrique de porcelaines et aurait garni de ses produits sa toilette et les salons du grand Trianon.
2. Nombre de personnages princiers se sont exercés à « tourner » ; citons, entre autres, Alphonse d'Esté, qui se distrayait de ses graves occupations dans un atelier de tourneur qu'il avait fait monter, et qui i:)eignait, en dilettante,
ii'Mitfiii
iW^
sœur, d'un nommé Maubois, qui avait appris le tour au jeune prince, en même temps qu'au comte de Clermont et au fils de l'ambassadeur turc (1). Quand Louis XV vint à Marly pour la première fois, il avait environ quinze ans.
Il fit installer, dans son appartement, un tour, sur lequel il s'amusait à tourner des étuis et des tabatières, passe-temps alors très en vogue.
La fille aînée de Louis XV hérita de son père la passion pour le tour et pour l'horlogerie (2). D'un esprit vif. Madame Adélaïde témoigna d'un désir intense d'apprendre. Elle connaissait plusieurs langues, notamment l'anglais et l'italien. Elle jouait de tous les instruments, depuis le cor jusqu'à
et non sans talent, des vases de faïence (Cf. Gregorovius et Raynaud^ Lucrèce Borgia, t. II, 135).