‹ Dans les coulisses de l'histoireChapitre 3 sur 44 · ALBIN MICHEL, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

ALBIN MICHEL, ÉDITEUR

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UN DIVORCE A LA COUR DE FRANCE

Les personnages en cause dans le procès en divorce, dont nous allons conter les phases, sont de qualité. Il ne s’agit de rien moins que de la propre fille de Louis XI, Jeanne de France, et de son époux, Louis d’Orléans, le futur Louis XII.

Le mariage avait été convenu, alors que Louis était seulement âgé de deux ans ! Les bases, les articles de cette union en furent arrêtés entre le terrible et redouté roi de France Louis XI, et le duc Charles d’Orléans, dès la plus tendre enfance de ceux qu’on se proposait d’unir. Le père du jeune Louis eut tout juste le temps, avant d’expirer, de signer l’acte imposé par le soupçonneux monarque. Par cet acte, Louis XI déclarait « donner et accorder, par mariage, madame Jehanne de France à Mond. Sgr. le Duc d’Orléans pour Mond. Sgr. Louys son fils ».

DANS LES COULISSES DE l’hISTOIRE

Le mariage serait célébré quand les conjoints seraient en âge de l’accomplir.

En attendant, la santé de la princesse avait besoin de se raffermir. Venue au monde sans être désirée — le roi espérait un fils — elle fut, durant toute son enfance, d’une complexion délicate et maladive. En quittant sa nourrice, Jeanne avait été conduite à Linières, dans un vieux château féodal, où elle allait mener une existence dépourvue de tout agrément, entre ces « murs épais, obscurs et silencieux, garnis de meurtrières et de mâchicoulis, au milieu d’étrangers (1) ». Déjà frêle de tempérament, comment se serait-elle accommodée de l’atmosphère insalubre qui l’entourait, dans ce pays à fièvres continues où elle était destinée à passer sa vie ?

Ce qui était aisé à prévoir ne manqua pas d’arriver : Jeanne eut de fréquents accidents de santé, qui parfois la mirent en péril de mort.

Atteinte de la petite vérole, sa convalescence fut longue et pénible. A peine s’occupait-on de cette fillette de sang royal, vêtue comme la plus misérable des femmes du peuple « d'un camelot grossier, déchiré aux coudes et rapetassé, tel qu’en pourrait porter une femme destinée au cloître, ou une paysanne ». Dans le même temps, il est vrai, son

(1) R. de Maulde, Jeanne de France, duchesse d’Orléans et de Berry, d’après des documents inédits. Paris, IJ. Champion, s. d,

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