‹ Dans les limbesChapitre 1 sur 3 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

revenu par quel tour imprévu à de bonnes idées, ses vers proches, Varia^ témoignent d'un grand cbangemeat pour le mieux, et d un long, lent, mais sûr retour là où sonnent les cloches, toujours fidèles, — r Angélus otiblié $e souvient — dans le soleil couchant, mais encore glorieux.

D^aiiieurs, je suis pour le moment tout à mon c Vive le Roy! »>

Je vis à riiôpital comme un bénédictin Des vrais bons temps, faisant mon salut en latin, Docte, pieux, ça va de soi, mais plutôt, dame ! Docte : Ton est bénédictin en Notre-Dame D*abord, après le Père Éternel et Jésus:, Ensuite en saint Benoit, coniormément aux us, Puis, humblement, fils doux et soumis de l'Eglise, Mère très tendre, en Térudition permise.

Mais l'instant attendu survenant, on se prend Ou plutôt se reprend à ne songer qu'au grand But, le ciel par Benoit, Jésus et Notre-Dame

Dans le Père Éternel qui, si bon, nous réclame.

Ici je fais des vers, de la prose, et de tout

Pour toi, cliéri, pour toi seule, et, fort jusqu'au bout.

J'attends, quand ma journée est faite, ta veaue

Et tu viens, puissante et souriant, devenue

Une apparition presque à mon cœur tout coi,

Tout extasie,

Car Notre-Damet c'est toi.

Déceini>re 1892.

Uélas ! tu n'es pas vierge ni Moi non plus. SurlouL tu n'es pas La Vierge Marie et mes pas, Marchent très peu vers Tinlini

De Dieu, mais riniini d'amour, Et rameur c*esl toi, cher souci, Ils y courent, surtout d'ici.

Lieu blême où sanglote le Jour.

,ll5 y coureiit cumiue des luus, Saignant de n'être pas ailés Puis s'en reviennent désolés De la pui k- fermée ù lu as

Espoirs certains» et résistant

A tels eilbrts pour t'euilu voir

En plein grand jour nar un beau soir

Mué tôt en nuit douce tant !

Ah 1 Limbes où uoii baptisés Du platonisme patient Vont, piloyablemeiit criant

El pleurant, mes dcsii^ brisés.

Décembre 1892.

0 tes manières de venir ! J'y mets du mien

Aussi, mais toi, que c'est gciiLil quand c'est du ii

Oui, tes manières de t'y prendre pour venir

Me voir et m'étonner à ne plus en linir«

C'est tous les jours et du charmant et du nouveau

Sans cesse en équilibre et jamais de niveau

Hier je te voyais, derrière mon palier,

Descendre vivement le premier escalier

Pour remonter le mien de ton pas net et preste.

M'apcrccvant alors, quel prompt, quel joli geste

De sembler retourner, pour ne faire que mieux

Et mon plaisir et mon bonheur de pauvre vieux

Encore vert en me sautant si tort, exprès,

Au cou, que J'en palpite très longtemps après D'un tel bonheur, et, sai|)ejcu! de quel plaisir!

Aujourd'hui, comiiio lu Uuddi.s, moi de saibir Ma plume, et la laissant débridée, et tournant Le dos à la porlc d'culrée, ù rétonuant Aspect, de travailler pupitranl mon lit même, Encre, buvard, papier, tout à quelque poème, Quand soudain, je sens uu baiser comme un acier Que, traîtresse, en mon cou tu plonges tout entier ; Et moi, je te le rends sur le cou par devant Âu lieu de par derrière ainsi qu'auparavant.

Question de position, — gosse, gamin — Demain ce sera mieux encore^ après-demain Mieux encor.

0 petits, bonheurs de mon malheur !

G*est peut-être après tout ce qu*il est de meilleur, Et j'oublie en ces jeux la volupté brutale, Bonne certes, mais moins, qui sait? que Tidéale

TOI

Boojour.

MOI

Chéri !

TOI

l*arrive de bonne heure,

MOI

Pas trop.

TOI

Tu n'es jamais content.

MOI

G esl vrai, là-bas On fait queue et c'est long. Puis aujourd'hui Ton fouille, Je sais, jeudi \ Ça prend du temps.

TOI

Ët Ton farfouiUe Et Ton trifouille, et toi, tu balbuillcs. Le mieux, Pour éviter tout ça, serait, mon pauvre vieux. Moi, de ne plus venir ni jeudi ni dimanche.

Tiuus, au fait, de ne plus venir du tout, bath Hanche!

MOI

Méchante !

TOI

Et comment va?

MOI

Mieux.

TOI

Tant pis, rinfcnial î

MOI

Mieux depuis que t'es là.

TOI

Zul avec lou banal, Ton vulgaire c depuis que t*e5 là »

MOI

C*estque, c'est que...

TOI

C*est que : c'est que, tu in*as Taîr... c'est que... Zut ! avecque

Tes boniments toujours les mêmes.

MOI

é C'est moQ cœur Qui parle. 0 oui ! Toi pas la, je meurs de langueur.

TOI

As-tu fini ?

MOI

Pourquoi toujours dure ?

TOI

£ii, je blague!

T'es béte, quand je ris, tu geins, toi, t'as du vague A Tàme. Que c'est drôle ! Un homme comme toi Qu'on dit spirituel, très bête auprès de moi.

MOI

Tiens, devant toi, j*ai comme peur. . .

TOI

Je suis si belle?

Pour ciiauger, tu reçois, dis, uu tel, uue telle, Une telle, un teK tu sais que Je te défends Absolument de les recevoir et te rends.

S'ils vienuent, responsable, et, pour ta pénitence, Tu ne me verras plus jamais.

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