Les Tuben, principe de leur construction
L'étalon du tuyau est emprunté à la famille des bugles; le résultat est : une émission facile du son.
Pavillon et embouchure sont empruntés au cor; résultat : noblesse du son.
Ces instruments sont joués par des cornistes et notés comme les cors en si b aigu et en fa.
Voici les indications sommaires pour les Tuben :
Ténor- tuben (sî!>)
^ trfc) j
Etendue: 2 12
lr théor 2.950
Bass-tuben (fa)
b) Etendue: 2 9
I*" théor.
(*) Voir la note de page 85.
Ceux des aspirants compositeurs qui possèdent suffisamment la langue allemande, trouveront dans le volume cité à la note (1) p. 85 (et spécialement clans cette nouvelle édition) des renseignements intéressants et parfois précieux, au sujet des divers instruments.
(1 et 2) Comparer aux ex. 31 et 36.
2621. — Au sujet de la notation de la partie de ces deux nouveaux types d'instruments créés par Wagner, une idée malencontreuse du maître doit être relevée. Dans l'intérêt commun, elle doit être condamnée. Qu'on en juge ! Voici :
Le noble Walhall motif qu'on rencontre à la page 84 de la grande partition de Rheingold (scène II) est noté pour les Tuben (107 A et B) dans la notation correcte qu'une habitude séculaire a consacré pour ces diapasons; c'est-à-dire telle qu'on la voit ici (ex. 1072) :
Ténortuben
(si M
Bass-
tuben
(fa)
Trombone contrebasse et tuba-contrebasse
p dotée assai H ****,& L— ■■' I
C/cJr
Dans tout le Rheingold et dans la première scène de Gotte dammerung le maître a suivi ce mode de notation. L'effet réel de 1072 suit sous l'ex 1071.
LjZJzJr
A propos de cet exemple Riemann écrit : « Vor der erhabenen Majestàt und stillen Feierlichkeit solcher Klânge verstummt jeder Einwand. » (l)
(1) Die Lehre von der musikalischen Komposition, p. 532, par Ad. Bernh. Marx. 5e neubearbeitete Aurlage, von Dr Hugo Riemann, 1888, Leipzig, Breitkopf et Hàrtel.
Toutefois, il est regrettable que Riemann ait noté là le Walhall-motiv dans la notation erronée (ex 107 ' At> et Bb), que parfois Wagner a cru devoir employer. Voir ici § 262 ainsi que les exemples 107 1 A et B et 1070.
262-. — Mais une note insérée en tête de la partition (d'orchestre) de la Walkyrie avertit, qu'ici et dans les partitions suivantes le compositeur a jugé plus commode (plus particulièrement pour la lecture) d'écrire les Tenor=tuben en mib et les Bass=tuben en sib. Donc les deux instruments de l'ex. 107 (A et B) sont notés maintenant chacun une quinte plus haut. L'exemple suivant (1074) fait ressortir clairement cette modification malencontreuse de Wagner.
(Tenor-tuben en sil>)
(Bass-tuben en fa)
lr th. 2,950
iwl ' tw)
ir th. 3,939
(= ex. 107 A)
Notation reculée une quinte plus haut
(=ex. 107 B)
Notation reculée une quinte plus haut
262.:. — Toutefois le maître ajoute : « qu'en copiant les parties séparées on devra conserver les tons conformes à la nature de l'instrument ». — Quelle regrettable confusion.
2621. — Si, avant 1830, un compositeur avait eu l'idée d'écrire les cors du diapason de si b (ex. 31) comme ceux en mi b (ex. 38), et les cors en fa (ex. 36) comme ceux en si b bas (ex. 43), j'estime qu'on lui aurait fait entendre des réflexions peu flatteuses. Le nom de Wagner ne va cependant pas changer une erreur en vérité.
263. — Ce singulier mode de notation... plus commode pour Wagner, se trouve au ier acte, scène II, de Siegfried (p. 70 de la grande partition). Nous le faisons suivre ici (1075 a et b) :
Tenor- (!!) tubcn
Bassll!) tuben
(si M
Trombone contrebasse et tuba-contrebasse
^tg
J- . *\nriM
264. — « J'avoue — dit Gevaert — ne pas comprendre en quoi la notation de l'ex. 107^ a et b serait plus facile que celle de Pex. 107- ». — «Ein Verfahren dessen Begrùndung nicht einzusehen ist », écrit Rich. Strauss. Je doute qu'aucun musicien sensé puisse y voir autre chose qu'une aberration inexplicable et assurément nullement recommandable.
265. — Bien que, à la rigueur, trois pistons suffiraient au Tuben, on en a ajouté un quatrième afin d'assurer la justesse des sons graves (ex. 84'*' c et 86).
266. — La trompette=basse. — Aussi heureuse que fut l'idée de Wagner en imaginant les sonorités des tuben, aussi peu heureuse fut celle de sa Bas s -trompeté, qu'on a du abandonner. Après quelques essais infructueux, on dut se décider à faire jouer la partie de la trompette=basse (ex. :o8) sur un instrument de dimension moins colossale (ex. 110).
267. — Pour montrer combien il est difficile (pour ne pas dire impossible) d'adapter à la pratique une trompette construite d'après les données de l'ex. 108e et 109 Ac et Bc, il suffit de faire remarquer : qu'au ton d'ut (ex. 109 B), elle aurait la longueur du bombardon en ut grave (ex. 127e = 109 Bc).
268. — Par suite de l'étroitesse du tuyau, relativement à sa grande longueur, les sons 3 et 4 manqueraient de puissance et de plénitude Quant aux sons à l'aigu du son 16, ils ne seraient pas plus accessibles à nos joueurs de trompette qu'à nos cornistes (I).
269. — La musique que Wagner a écrit pour la trompette= basse indique un instrument chromatique à 3 pistons, accordé à l'octave inférieure de la trompette en mi b (ex. 49) et dont voici l'indication sommaire :
108 Trompette -basse en mA
JhhP a)
b) Etendue: 3 19(?) c)
V théor.
(1) En considération de ces faits, les observations qu:on trouve aux § 2-13-47, paraîtront moins audacieuses.
Cet instrument possède des corps de rechange pour ré et ut (*) (ex. 109 A et B) et qui doivent parcourir (!!) toute l'étendue comprise entre les sons 3-19.
Le diapason des 2 tons de rechange de la Bass- trompeté
Etendue: 3 19(!)
Fthéor 4,685
Etendue: 3 19(î)
l1' theor.
270. — D'après ce qui ressort des § 265-6 cet instrument (ex. 108-9) est impraticable. L'on s'est vu obligé de faire jouer la partie écrite pour lui sur un instrument qu'on a construit au diapason fixe de la trompette ordinaire en ut (ex. 46a> b» c); mais dans la notation on a haussé son échelle harmonique (suivant l'ex. 94b au lieu de 94a). Ceci ressortira de suite par
(::'j Supposons ce second ton de rechange (ut) : sa longueur initiale 5,258, à laquelle serait ajouté la longueur des 3 pistons réunis, formerait la respectable longueur de plus de 7 mètres
(**j Oscar Franz écrivit (a) au sujet de cet instrument : ... qu'il était construit primitivement en mi b (ex. 108); mais les notes graves, ayant dans cette tonalité une intonation très incertaine, on construisit pour la facilité de l'exécution, la trompette basse en ut grave {b).
La forme de la trompette-basse ressemble à celle de la trompette ordinaire (c), ses tuyaux sont cependant d'un diamètre plus grand et son embouchure est proportionnellement plus large. Il en résulte que l'instrument perd la sonorité argentine, joyeuse et solennelle et qu'il acquiert une couleur voilée plus mélancolique que gaie ».
(a) Dans la Zeitschrift fiir Instrumentrnbau (Leipzig) du 1er nov. 1884 — L'auteur s'y montre un peu confus dans ses explications; cela ressort des notes suivantes [b et c), auxquelles certaines expressions donnent lieu.
(b) Ne serait-ce pas là « aggraver encore », les intonations déjà si incertaines pour le ton mi b grave ?
(c) De ceci, il faut — dirait-on — logiquement conclure : que ce n'est pas la longueur de l'ut de l'ex. 109 Bc mais bien celle de l'ex. nor qui a été choisie pour améliorer les défauts des sons graves. Il sera bon de comparer l'ex. 46b. c avec l'ex. no1», c .
M. Oscar Franz aurait donc dû s'exprimer un peu plus clairement. C'est
une comparaison des ex. 109 B et 110. De cette trompette=basse modifiée, voici les indications sommaires :
110 La Bass - trompeté modifiée
b) (Etendue: .... 2 10)
lr théor 2,629
271. — En comparant cet ex. no à celui de 46a'b»c, on remarquera une différence sous a et b. Les degrés de l'échelle harmonique sont haussés d'une octave et prennent donc sur la portée, la place qu'ils occupent dans la notation des cornets (ex. 94b) et des saxhorns (ex. 131); l'exécutant n'a donc plus à dépasser vers le haut les sons 9 et 10.
272. — Ce remplaçant (ex. no) de l'originaire trompetteliasse (ex. 108-9) ne possède pas de corps de rechange.
Les passages écrits pour le diapason de ré ou de mi ■> (ex. 109 A et B) sont transposés par l'exécutant, soit une 2e majeure plus haut (pour ré), soit une 3e mineure (pour mi j>).
273. — La Bass=trompete modifiée. — A ce nouvel instrument (ex. 110), remplaçant de la trompette-basse originaire (ex. 108-9), on a donné une largeur de tuyau suffisante pour obtenir les sons 3 et 2 d'une belle qualité.
Il est évident que, modifié ainsi, l'instrument n'a plus droit
entre autres aussi ce cas qui m'a décidé à ajouter la longueur théorique pour chaque instrument
A l'endroit des explications confuses de M. Oscar Franz sur la Bass= trompeté, je regrette devoir ajouter que M. Ch. Widor (dans son livre cité à la note 1, de p. 83) n'est guère beaucoup plus clair. Selon lui cet instrument aurait la longueur de 2m,450. Or selon le tableau de l'ex. 27A et Ba — 111 (longueurs que j'ai puisées dans le livre d'une autorité en matière d'acoustique instrumentale [V. C. Manillon]), la longueur que M. Widor désigne,, n'existerait même pas. 2n',4 50 est une longueur qui doit se trouver entre les intonations ut tt et ré (voir ex. 27B) et k).
Ensuite, selon les expositions de M. Widor. les diapasons des ex. 10S et TC9 ne seraient donc pas si impossibles que l'expérience a cependant prouvé.
Quiconque veut comprendre, a le droit d'exiger un peu plus de clarté de ceux qui croient avoir la mission d'enseigner aux autres.
go DANS LES PROPYLÉES DE L'INSTRUMENTATION
au nom de trompette-basse; c'est un véritable trombone=moyen, intermédiaire entre l'alto (ex. 62e) et le ténor (ex. 63e) et dont on se convaincra de suite en comparant leur longueur à celle de l'ex. 110c.
274. — Malgré la même longueur, l'étendue des échelles harmoniques n'est pas la même pour les ex. 46b et nob ; la cause en est due à la modification du tube dont parle le précèdent paragraphe
275. — L'harmonique le plus élevé qu'on ait jamais écrit. La trompette-basse, sensée par Wagner pouvant s'élever jusqu'au son 19 (voir le § 268), il a en effet écrit ce son à la page 225 de la partition de Rheingold, l'harmonique le plus élevé qu'aucun compositeur ait jamais écrit... mais qui est absolument impossible.
Sur le remplaçant de l'impraticable trompette-basse, l'intonation du problématique son 19 se trouve entre les sons 9 et 10 de l'instrument que l'ex. no représente.
276. — Comparant (après les avoir réalisés) les séries harmoniques des ex. no et 109 B,on en sera entièrement convaincu, ensuite les deux notations de l'ex. 94/1 et b, achèveront la compréhension parfaite dans cette question.
277. — La Bass=trompete comme superfétation. — Wagner, traitant en général sa trompette-basse à l'instar d'un trombone à pistons obligé, c'est-à-dire en instrument chantant (l), il est évident que là où les trombones à pistons ont été adoptés, l'instrument de l'ex. 1 10 constitue une superfétation.
278. — Les orchestres allemands et la Bass=trompete. — Ayant gardé jusqu'à ce jour l'emploi de la trombone à coulisse, impropre au chant lié, les orchestres allemands — et en général ceux qui se servent de la trombone à coulisse, — devront se munir de l'instrument désigné à l'ex. 110.
279. — En terminant ce chapitre sur les instruments wagnériens, il importe de dire quelques mots d'un instrument peu connu et jusqu'ici employé seul dans Tristan et /solde.
A un autre point de vue, les paragraphes 278-82, consacrés à la tiolztrompete, {trompette en bois) sont particulièrement intéressants, parce qu'ils laissent entrevoir combien vagues furent les notions au sujet de la série des sons harmoniques.
(1) Voix de ténor associée au soprano de la trompette chromatique; voir la Gotterdcïmmeranff : marche funèbre de Siegfried (page 523 de la grande partition).
De nos jours, ces notions ne sont guère moins incertaines. L'ignorance à cet égard qu'a prouvé récemment Richard Strauss, par sa publication revue et annotée (1905) de la version allemande du Traité d'instrumentation et d'orchestration de Berlioz (voir les § 169-170 du présent volume) est trop significative, ( 1 ) pour ne pas la relever.
Ce livre vient donc à son heure. Il préparera une orienta= tion nouvelle au sujet des cuivres général et plus spécialement des cuivres chromatiques modernes. Les notions qu'il renferme sont indispensables pour les compositeurs.
La Trompette en bois
(Holztrompete, Schalmei)
280. — Voici encore un instrument exclusivement employé far Wagner dans le 3e acte de Tristan et Isolde.
(1) Cette ignorance est flagrante à tel point, que dans sa publication revue et annotée (anno 1905, c'est-à-dire vingt-cinq ans après le magistral traité de Gevaert, ouvrage très louange par Strauss) il réédite les mêmes incorrections scientifiques de Berlioz, compréhensible pour cette époque, aujourd'hui impardonnable au fameux musicien à programme. Et c'est un tel aveugle qui veut montrer le chemin dans le domaine esthétique où les complications sont autrement ardues.
Le phénomène des harmoniques (ex. 1) est le même pour tous les instruments de cuivre, comme nous avons eu l'occasion de le constatera plusieurs reprises. Comment M. Strauss arrive-t-il à exposer encore ce qui va ressortir de l'exemple suivant :
poulies trompettes
pouiles
cors
si )
C'est-à-dire il y aurait donc un phénomène harmonique — capital s'il vous plaît — autre pour les trompettes que pour les cors ! Les uns (cors) ne
Cet instrument n'a qu'un seul piston, destiné à abaisser d'un ton les harmoniques 5 et 6 de son échelle, donc exclusivement en vue d'obtenir les sons ré et fa qu'on voit sous x X de Pex. mb.
Il est évident, que moyennant ce piston les harmoniques 2, 3 et 4 peuvent également être abaissés d'un ton.
281. — Comme ina le fait voir, cet instrument ne transpose pas; la notation égale le son réel.
Il se joueavec l'embouchure d'une trompette.
282. — Voici un fragment de la phrase du 3e acte de Tristan et /solde, (page 227 de la partition de piano avec texte par H. von Biïlow) destinée pour la trompette en bois :
283. — A défaut d'un instrument qui lui convenait pour réaliser l'effet voulu, le maître fit construire cette Holztrompete dont l'ex. ni nous fait voir l'échelle peu vaste. Dans la partition d'orchestre, on lit en cet endroit et à ce sujet, l'observation suivante du maître :
produiraient dans le haut de leur échelle que les sons 10, 12, 13, 14, tandis que les autres (trompettes) teraient entendre dans cette même région les sons 10, n, 12 et 14. Le cor n'aurait donc pas le son onze et le treizième serait refusé aux trompettes. Allons donc ! M. Strauss n'a donc pu désapprendre les erreurs de 1843 et cela' malgré Gevaert, qu'il dit avoir lu et .... compris puisqu'il le loue.
A la page 264 Strauss nous renvoi à la page 275 ; ici où l'on croit trouver un mot au sujet de la « meist veraltetes » chez Berlioz, il renvoi encore le lecteur au Nachtrag de ce chapitre, c'est-à-dire à la page 298-99, où il débite les belles pratiques mentionnées ici au § 170 (voir aussi § 16.8-9;.
284. — « Das Englische Horn soll hier die Wirkung eines » sehr krâftigen Natur-instruments, wie das Alpenhorn, her- » vorbringen. Es ist daher zu rathen, je nach Befund des » akustischen Verhàltnisses es durch Oboe oder Klarinette zu » verstàrken, falls man nicht, was das zweckmâssigste wàre, » ein besonderes Instrument aus Holz, nach dem Modell der » Schweizer Alpenhôrner hierfûr anfertigen lassen wollte, » welches seiner Einfachheit wegen (da es nur die Naturskala » zu haben braucht *) weder schwierig noch kostspielig sein » wird ».
Les explications précédentes sur la Bass-trompete et sur la Holztrompete (de Wagner), amènent à examiner le problématique Diskant-Posaune, auquel les § 285-95 sont con" sacrés.
Le Trombone Soprano et la Trompette à coulisse.
285. — Il paraît d'après certains théoriciens, que le trombone-soprano (la discant ou sopran-Posaune) qu'on trouve dans certaines partitions de J. S. Bach, n'était rien autre que la trompette à coulisse, (Tromba da tirarsi).
286. — La trompette à coulisse (Slide trumpet) est seule connue en Angleterre. Son mécanisme est identique à celui du trombone.
287. — Le tube principal (initial) est accordé originairement au diapason de la trompette en fa (ex. 51), donc à l'octave supérieure de la trombone-basse en fa (3m939 : 2 =»* im,969).
(*) Ici nous avons un nouvel argument pour ce qui a déjà été observé à plus d'un endroit (§ 266, 233-5, ^o-1)- Wagner confond ici l'une octave (la 4e] avec l'autre (la 3e) de l'échelle des harmoniques. Les ré et fa qu'il lui fallait ne sont pas les sons 9 et ir, mais ceux qui se trouvent entre les harmoniques 4, 5, 6 (voir ex inb).
Pour plus de clarté voir l'ex. 94") b avec la note (*), où la délimitation des octaves pour les deux notations est également mise en parallèle.
L'instrument en question (ex. ni) ayant sa limite au 6e harm. et devant produire également les deux notes (ré et fa intermédiaires) dut donc être muni d'un piston. Or cela n'est plus... " nur die Naturskala », comme le suppose Wagner.
113 Trompette à coulisse (en fa)
b) (Etendue: 3 - 10) c)
lrthéor.
im,969
288. — Il n'a que gueur initiale, donne séries a) — d) de l'ex.
ment du 3 e au 10e son
Comme on peut que les positions I, II,
L'échelle harmoni donc instantanément trois fois seulement et
trois allongements, ce qui joint à la Ion-
quatre positions. Il reproduit donc les
74, mais une octave plus haut, et seule-
de la série.
le voir à l'ex 114 B, cet instrument n'a
III et IV de l'ex. 74
que de la trompette à coulisse se transpose
- comme celle du trombone à coulisse —
chaque fois un demi-ton plus bas.
(positions) (.V
(positions) a)
( notation)
sons réels)
289. — Cet exemple prouve que les trois allongements ne suffisent pas pour combler entièrement la lacune entre les sons harmoniques 4 et 3 de son échelle fondamentale ; le ré 9 ou l'ut § (114 B) fait donc défaut.
2go. — Selon le théoricien A. B. Marx, le trombonesoprano (ex. 115) avait la même longueur que le trombone-alto (ex. 62), mais son tuyau était plus étroit; de là la facilité dans.. l'émission des sons aigus; mais par contre le 2e harmonique était à peu près irréalisable (voir ex. H5b).
291. — Marx ajoute : que d'après ce qu'on lui assure de la part de la Sachsïschen Militarmusik , on y emploie un trombonealto d'un diapason plus élevé, dont les sons naturels vont du. 2e au 8e dans le diapason de fa (ex. 116).
rombone - soprano
Trombone- alto
Un.1 -m — «w 3
Etendue: (2) -
Etendne: 2.8
ir théor.
ir théor.
292. — Si maintenant nous mettons en regard ces trois instruments (ex. 1 14-6) et considérons leur longueur (c) et leur étendue (b), il faudra bien en conclure, que cela ne met guère dans l'esprit la clarté désirable (l ). Pour la facilité de la comparaison, notons tous les trois en clef de sol.
H3Ms
115bis
Trompette à coulisse
rsTP
Et: 3 10
irtheor 1,969
Trombonesoprano
rsTP
Et: (2)10
lr théor.
116 bis
Trombone -alto (diapason élevé)
Et: 2-8
lr théor.
Au sujet de ce trombone - soprano problématique, les paragraphes suivants (293 5) ne seront pas sans quelque intérêt.
293. — Le trio des trombones (§ 97) se convertit jadis parfois en quatuor, par l'adjonction d'un instrument situé dans l'étendue du soprano, et cette partie aiguë, dépositaire de la mélodie, est tenue chez les maîtres du dix-septième et du commencement du dix-huitième siècle, par des cornets à bouquin (2 ), instruments à embouchure, chromatiques et à ouverture latérales (comme les bugles à clefs (3) disparus vers 1850-60).
(1) J'ai lu récemment dans La Technique de l'orchestre moderne p. 119) par Ch. VVidor : « Que l'on commence à présent comme au temps de Bachr à constuire des trombones=soprano à coulisse, ( c'est-à-dire trompettes à coulisse) qui ont l'étendue et l'échelle harmonique du cornet à pistons ». (Voiries ex. 89, 91 et 95).
(2) En allemand Zincken : en italien Cornetti.
(3) Dontles bugles à pistonsou Saxhorns sont des perfectionnements.
294. — En Allemagne, au siècle dernier, on les utilisait dans les églises, alliés au trio des trombones, pour accompagner les chorals. On trouve des exemples de cet emploi dans les Cantates d'église de J. S. Bach ( x ), soit à titre de simple renforcement du chœur, soit en guise de quatuor obligé indépendant des autres parties orchestrales et vocales.
295 — Gluck aussi, introduisit l'association de ces quatre instruments dans le plus ancien de ces chef-d'œuvres (Orfeo, 1762) (-). Ce fut la dernière apparition du cornet à bouquin à l'orchestre. Vingt ans plus tard, le vieil instrument fut totalement abandonné.
Trombones à pistons.
(Instruments à intonation fixe).
« Pourvu depuis des siècles d'une échelle chromatique, le trombone en substituant les pistons à la coulisse, ne s'est pas modifié sensiblement dans son matériel sonore.
Par l'adoption des pistons, il a perdu sa raideur et sa gaucherie natives; il a conquis toute la mobilité, toute la rapidité exigible d'un instrument à embouchure.
Ressource plus précieuse encore pour le compositeur, il est devenu capable de lier les sons (faculté presque refusée au trombone à coulisse) et, par là, de prêter son impo= santé voix à des cantilènes monodiques d'une expression sombre et sévère.
Gevaert.
296. — Les trombones à pistons n'ont pu détrôner complètement ceux à coulisse. Ceux-ci ont été conservés par îgs orchestres allemands (voir le § 276) et aussi par l'orchestre Lamoureux à Paris.
297. — ha. justesse irréprochable pour n'importe quelle into-
(1 ) Les dimanches et les jours de fête une bande de cornettistes (à bouquin) et de trombonistes, placée dans la tour de l'église principale, exécutaient les chorals du culte luthérien. Ce trait de mœurs propre à l'Allemagne, amena sans doute Bach, à transporter cette combinaison intrumentale dans ses cantates d'église.
(2) Déjà la partition d'Alceste (1766) ne montre plus aucune trace du cornetto.
nation de son échelle, que possède le trombone à coulisse, est une qualité assurément trop précieuse, pour l'échanger trop précipitamment contre les avantages discutables (voir col. i des ex. 85 et 83) de son rival à pistons.
298. — Le trombone-ténor est presque le seul où les facteurs (! ) ont appliqué le mécanisme des pistons. Il est construit avec 3 ou 4 pistons (voir § 150, ex. 82, 83, 85 et 86)
299 — Autre argument justifiant la prédilection constatée pour l'instrument à coulisse. — Ce qui est relevé au § 297 n'est pas la seule raison pour laquelle beaucoup d'artistes montrent une prédilection à l'égard du trombone à coulisse II y en a une autre dans ce fait : que les trombones jouent fréquemment en octaves, et qu'alors les défauts de justesse de certaines intonations se font — sur les trombones à pistous « additionnés » — tout particulièrement sentir.
300. — Donnons un exemple. — Admettons le passage suivant (ex 1 17-1) joué en octaves par deux trombones-ténor et examinons comment ces trombones à pistons s'entendent pour exécuter cela :
Maesîoso.
M .a) ggg
bb)
ce)
HÉ
301. — Avant tout, il faudra s'entendre, si ce passage est réalisé par l'une ou l'autre des combinaisons possibles qui suivent ici sous a, b ou c :
(1) M. Ad. Sax a construit selon son système (§ 136 et 137A, ainsi que l'ex. 77AÏ, toute cette antique famille, y compris le dernier venu, le gigantesque trombone contrebasse (ex. 66 ).
a) i trombone à 3 et i trombone à 4 pistons.
b) 2 trombones à 3 pistons.
c) 2 trombones à 4 pistons.
302. — Comme il y a possibilité de réaliser l'exécution de l'ex. 117 de diverses manières, nous exposons (ex. 118) quelques combinaisons :
118 1) combinaison: b et bb
2) combinaison: 0 et ce
3) combinaison: b et ce
4) combjnaison: c et bb
de l'ex. 117
303. — Il y a naturellement une divergence dans lesdéfauts de justesse entre ces quatre combinaisons. Nous aurons une meilleure vue sur cette question, si nous l'exposons encore comme sous l'ex. 119 :
£ il y a défaut de justesse pour; fa, mi, mi\^,ré(?)
^ il y a défaut de justesse pour: — > mi, mi\>, ré
£ il y a défaut de justesse pour: sol, — , mi, mi\>,rê
m il y a défaut de Justesse pour: — fa, mi, mù, —
304. — Pour quiconque veut encore plus de clarté et aime à placer les points sur les i, voici (ex 120) la descente chromatique du si b (4e harmonique) au ré (note finale de l'ex. ii7u).
La clarté intuitive du dessin de l'ex. 120 permet de suivre facilement le jeu en octaves de l'ex ii7a par l'une ou l'autre des combinaisons exposées sous l'ex. 118.
305. — Sous d de cet exemple (120), on voit le doigté du trombone à 4 pistons. Le tableau de l'exemple 85 est basé sur cette distribution. On se rappellera que pour la réalisation des intonations qui exigent les longueurs de la colonne b (ex. 85), les pistons ne peuvent fournir que celles de la colonne h; de là pour certaines intonations les différences de la colonne i, de l'ex. 85.
306. — Pour l'appréciation exacte du manque de justesse, il faudra se conformer à ce qui a été remarqué au § 157.