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341. — Il nous reste à connaître les instruments à pistons (appartenant à des types intermédiaires), qui, tout en n'ayant pas pénétré dans la pratique générale, sont intéressant à connaître pour le compositeur et le chef-d'orchestre notamment les, saxo trombas.

Les Saxotrombas

Le son, plus métallique que celui du cor, a quelque chose de sa rondeur et de sa souplesse; l'attaque est moins explosive, moins brutale que chez les descendants du vieux bugle.

Gevaert.

342. — Cet instrument tient le milieu (*) entre le cor et le saxhorn, par ses proportions de tube et d'embouchure et conséquemment par le caractère du timbre.

Voici les différents diapasons :

Sopranino- suraigu Sopranino

b) Etendue: 2 5

lrtheor.

Soprano (eu sï\>)

Etendue: 2

lr théor. "1

Alto (en miV)

-Jf s*

Etendue:

lr théor.

(*) Tout comme les Wagner-tuben.

IIO DANS LES PROPYLEFS DE ^INSTRUMENTATION

Baryton (en *i\>)

~Tïiô

b) Etendue: 2 8

lr théor.

Basse (en mi\>)

(b»> à) (Etendue:... 2.8)

lr théor.

Contrebasse (en sM

b) Etendue: 2

1»- théor.

343. — Les points qui précèdent l'harmonique 2 désignent les abaissements chromatiques de demi-tons, moyennant les pistons.

344. — Comme on le voit, ces diapasons sont alternativement à la quinte ou à la quarte inférieure l'un de l'autre.

345. — Après avoir vu l'ex. 130, on s'en sera sans doute aperçu de suite, que tous ces diapasons (132 8) ne se servent que de la notation uniforme (ex. 131). Leur parcours est entre les sons suivants (139a) :

mais ils se meuvent de préférence entre les sons 2 6 (ex i39lj).

346. — Ces instruments ont trois pistons comme le cornet à pistons (ex. 8ob) et comme le Saxhorn dont ils ont aussi l'étendue (sons 2-8).

347. — Il n'existe aucun exemple de l'emploi du Saxotromba à l'orchestre. Deux individus, l'alto et le baryton (ex. 135 et 136), apparaissent parfois dans les fanfares françaises.

IVe PARTIE

Les instruments à vent en bois

348. — Les paragraphes 54-57, parlant en général des instruments à vent, donnent sous a et b du § 54 ainsi qu'aux 55 55-7 un apeiçu sommaire sur les instruments en bois.

Ici, nous allons traiter spécialement de chaque famille des bois; nous commençons par les flûtes.

349. — En rappelant ce qui fut dit au § 28, il importe, au sujet de la flûte (ou plutôt des flûtes) de reparler un instant encore de ces « particularités » de notation musicale et de dénomination d'instruments.

350. — En effet, il doit paraître étrange qu'on dise par exemple : flûte en ut, trombone-ténor en ut, attendu que le vrai son fondamental de ces deux instruments est respectivement ré (ex. i40a) et si b (ex. 140b) :

140 Son fondamental

du

Tromboneténor

et cela nonobstant qu'au moyen de la coulisse ou des pistons,

le trombone ténor descend même jusqu'au sol (tierce mineure plus bas que la fondamentale sous l'ex. 140b). et que la flûte — au moyen d'un mécanisme appelé patte d'ut — possède aujourd'hui deux demi- tons de plus au grave : ut $ et ut.

351. — Il importe donc de bien discerner, et — en présence de pareilles particularités terminologiques — de se rendre un compte exact de la réalité des faits. Il s'agit de ne pas se laisser induire en erreur par des apparences.

352. — En vérité, le terme trombone-ténor en ut est exact au point de vue des instruments transpositeurs (§ 36-7); mais si l'on dit par exemple : trombone ténor en si b., on ne dit pas une absurdité. Cependant il est évident qu'alors on pourrait tout aussi bien dire :

Cordes

■iois

violon

en

sol

alto

ut

violoncelle

ut

contrebasse

mi

hautbois

si (si [))

cor anglais

mi

clarinette

mi

id.

id.

etc., etc.

ré

353. — Tout cela ne constituerait en somme qu'une façon de s'exprimer à l'égard de leur intonation fondamentale. Mais cela ne se dit pas ainsi.

Allons au fond des choses et considérons le tube initial des flûtes, qui est en même temps aussi celui du hautbois ( l )

354. — Résonnance du tube initial de la flûte et du hautbois. — Abstraction faite de la patte d'ut(2) la résonnance naturelle du tube initial de ces deux instruments, donne les harmoniques de la fondamentale ré, tel que nous l'avons déjà rencontré (ex. 28) mise en rapport avec les harmoniques du cor en ré, dont la flûte continuerait ainsi la séiie jusqu'au son 48 (le 6e de la flûte égalant le 48e du cor).

*» / Etendue commune («écrite») \

\à toutes les flûtes traversières/

355. — Aux paragraphes 67-8, il a été parlé sommairement de l'exploitation des harmoniques par les instruments en bois. Ce problème, en l'exposant ici pour la flûte, nous l'aurons en même temps pour toute la famille des hautbois.

(*) Pour certains hautbois de construction française.

(1) Voir ex. 28B».

(2) Qui y a été ajouté dans le cours du développement et de l'amélioration -de la construction de la flûte. Le mécanisme de la patte d'ut n'est applicable qu'aux grandes flûtes (ex. A, 144 et 145.)

356. — L'exposé de la délimitation des registres de la flûte (ex. 142), nous fait en même temps jeter un coup d'œil sur la façon dont elle exploite les harmoniques de son tube initial.

357. — Les quatre registres de l'échelle de la flûte, se limitent ainsi (ex. 142 ad) dans l'écriture musicale :

(grave) (médium) (aigu) (suraigu)

sons 1 II sons 2 I sons3ou4 il I

fondamen- %&. â. Ê2

taies fë * ? = = 1

aa)

Etendue de la Flûte

Etendue du Hautbois

358. — Cette division provient de la tension plus ou moins grande de la sonorité, qui résulte du degré de pression plus forte de l'air.

359. — Il faut naturellement se représenter cet exemple (142) « chromatique du grave à l'aigu ».

360. — Les fondamentales du registre grave de la flûte. — La série des douze degrés chromatiques de la subdivision sous a de l'ex. 142 est semblable à la série des fondamentales que nous avons vues sous la colonne 1 de l'ex. 74. Chacune de ces fondamentales (i42u) peut produire une série analogue à celle de l'ex. 141, dont les six harmoniques sont absolument celles de la IVe position du trombone-basse (mais distancées de trois octaves) que l'ex. 74 (série d) nous montre.

361. — Pour obtenir les sons de l'octave sous b, de l'ex. 142, il suffit à l'exécutant de reprendre le doigter des sons sous 142a, mais en augmentant légèrement la pression Q-) du souffle. De cette façon les sons 1 (142a) sautent aux sons 2 (ex. 142b), dont chaque intonation correspond à l'octave supérieure d'un des sons 1. Tout le registre du médium ([42b) est donc produit par une série de sons 2 (ré à ut jf ).

362. — Les degrés de la troisième octave (ex. 142 cet d-) se forment à l'aide des sons 3,4 ou 5, de quelques-unes des fondamentales (ex. i42a).

(1) Voir aussi § 654.

Par exemple :

143 faux juste assez juste

(sou 5) (son 4) (son 3)

te te te

son 1 son 1 son 1

363. — Il est évident que l'artiste choisira de préférence ceux des harmoniques supérieurs qui sont les plus justes, c'està-dire les sons 4 ou 3; car les sons 5 (ex. i43a) s'écartent trop du système tempéré,

364. — De ces trois fa Jj produits, l'un comme son 3 (du si), l'autre comme son 4 (du fa #) et le troisième (ex. i43a) comme son 5 (du ré), il est clair que le son 4, (la double octave) est le seul parfaitement juste.

365. — Ces procédés techniques sont absolument les mêmes pour les hautbois (§ 392). En ces quelques paragraphes (354-64) nous avons un aperçu général sur la façon dont les bois produisent leur échelle chromatique.

La famille des Flûtes

« Les flûtes, grâce et ornement de l'orchestre, créent au-dessus de la masse sonore une atmosphère de lumière azurée. «

Gevaert.

366. — La grande et la petite flûte constituent à notre époque les deux individualités les plus fortement accusées de la famille des flûtes traversières, et sont les seuls usités à l'orchestre de symphonie.

Chacun de ces deux instruments possède deux variétés transposées :

Grande flûte en

ut ;

Petite

flûte en

ut

réb <

ré!?

mi^ \

mil>

367. — La circonstance, que jusqu'à nos jours, il s'est transmis une irrégularité dans la désignation du diapason des flûtes, oblige à les exposer de deux façons (ex. 144 et 145).

368. — Quand on dit flûte en ré, c'est une irrégularité. Mais on dit à peu près ce que vaudraient les désignations vues au § 352-

grandes flûtes

petites flûtes

« en ut

en

en «fît

en

ut

en

en

long1" th.

369. — Par suite de la circonstance que le son fondamental de l'ancienne flûte (la flûte allemande, l'ancêtre de notre grande flûte actuelle) est ré (§ 354, ex. 141), les musiciens ont pris tacitement cette note comme terme de comparaison entre le son écrit (= o des ex. 144-5) et celui que perçoit l'oreille (= (©) des ex. 144-5). Ils appellent conséquemment flûte en ré (au lieu de flûte en ut) celle qui ne transpose pas (a des ex. 144-5):

grandes flûtes

petites flûtes

~cT^\ a) (m)

^Ff^*??*

flûte en mi b (145A1J) au lieu de flûte en ré b, celle qui fait entendre mi b quand elle réalise la note écrite ré (ex. i45Ab) etc. 370. — Nous employons donc de préférence les dénominations exactes de l'ex. 144. Or, comme en matière de pratique musicale on doit tenir compte des pratiques invétérées, il est utile de connaître ces irrégularités. Moyennant les deux exposés (ex. 144-5) on saura à quoi s'en tenir quant à ces dénominations.

Il6 DANS LES PROPYLÉES DE L'INSTRUMENTATION

La grande flûte d'orchestre en ut (Flauto, en italien; Flôte, en allemand)

« La flûte (comme la harpe et le cor) a un caractère poétique très marqué.

» Par son mode d'émission non moins que par le diapason, elle se sépare de la voix humaine (notre larynx est un instrument à anche) ; aussi la flûte ne possède pas l'accent vibrant de la passion, son souffle éthéré manque de chaleur et de vie.

« Dans la symphonie classique, la flûte fonctionne presque exclusivement comme un soprano sur-aigu, comme un registre de quatre pieds (! ) sonnant l'octave des instruments parallèles à la voix de soprano. » Gevaert.

" Les sons graves de la flûte sont peu ou mal employés par la plupart des compositeurs. Weber, dans une foule de passages du Fretschùtz, et, avant lui, Gluck, dans la marche religieuse d'Alceste, ont pourtant montré tout ce qu'on peut en attendre pour les harmonies empreintes de gravité ou de rêveries. Ces notes basses — je l'ai déjà dit — se mêlent tort bien aux sons graves des cors anglais et des clarinettes; elles donnent la nuance adoucie d'une couleur sombre. » Berlioz.

371. — La grande flûte, cultivée depuis deux siècles, considérablement perfectionnée et développée de notre temps, possède trois octaves pleines (ex. 142A); sa notation est toujours égale à l'effet réel (ex. 144 Aa, 145 Aa).

372 — Le registre grave. — Gluck et Weber, les créateurs de l'instrumentation dramatique et pittoresque, ont montré pour l'expression de certaines situations théâtrales les précieuses ressources qu'offre le registre grave et dont la sonorité est si pénétrante.

373. — Par la simple substitution du mode « mineur » au « majeur », le timbre lumineux de la flûte pâlit et prend une teinte morne. Ce changement de coloris est surtout frappant dans les tons à bémols.

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