‹ Dans les propylées de l'instrumentationChapitre 31 sur 68 · partie · texte numérisé non relu

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:; On se rappellera ce qu'on a vu aux § 433"4-

454- — La pratique générale à l'orchestre est d'employer deux clarinettes. L'orchestre des derniers drames de Wagner en comprend parfois trois, sans compter la clarinette-basse.

455. — La voix androgyne (§ 447) de la clarinette se mêle tantôt avec les violons, tantôt avec les altos. Aux premiers elle communique la chaleur d'expression de son registre féminin ; elle renforce de ses rudes notes de « chalumeau » les cordes graves de l'alto, ainsi que les notes homophones des violoncelles et des bassons.

456. — Quant aux sons du registre chalumeau (ex. i63a), les grands maîtres dans leurs œuvres orchestrales, s'abstiennent presque complètement de ce registre. Il était réservé au créateur de l'opéra romantique de révéler (dans le Freischùtz) l'expression menaçante, infernale, dont ces notes sont susceptibles.

457.— Le Chalumeau et les singularités delà notation de ce registre. — Les sons du registre grave ou chalumeau sont parfois, chez Mozart par exemple (1), notés une octave trop bas, d'après l'habitude anormale pour les cors et trompettes (voir la note * des pages 28-29).

Dans quelques partitions de Richard Wagner on trouve aussi, de loin en loin (2), la clef de /a aux clarinettes, mais avec sa valeur régulière.

La Clarinette-alto (ou Bassethorn)

« Le timbre de cet instrument se distingue par sa gravité onctueuse; les morceaux où Mozart a mis en œuvre, au lieu de clarinettes, deux cors de basset, respirent une sérénité presque surhumaine. Il suffit de nommer l'entrée de Sarastro au final du 1er acte de la Flûte enchantée, la marche des prêtres, avec la sublime prière qui s'y rattache, au commencement du 2e acte et l'admirable Introït de son Requiem *;. «

Gevaert.

(1) Puur la clarinette en si ?, dans l'air de Sesto de l'opéra : Clemenzct di Tito.

2) La Walkyrie, acte I, scène II (page 22 de la grande partition) sur les paroles : « Wie gleicht er dem Weibe ! der gleissende Wurm glânzt auch ihm aus dem Auge », dans la partie des 2e et 3e clarinettes en si 17.

) Pour assombrir le coloris, de l'harmonie il a employé ici deux cors de basset.

458. — La clarinette en fa, qu'on appelle Bassethorn (1) en Allemagne, est la seule de la catégorie C de l'ex. 161, qui jusqu'ici ait paru à l'orchestre. Mozart affectionnait cet instrument surtout dans les dernières années de sa vie.

45g. — Sa notation est celle de toutes les clarinettes, notamment celle de l'ex. 163, en clef de sol comme d'ailleurs toutes les clarinettes Nous faisons encore suivre ici (ex. 166) la notation et V effet réel de sa note fondamentale (ex. i66a), mais cette fois-ci en clef de fa pour éviter un trop grand nombre de lignes supplémentaires.

460. — L'effet est comme l'on voit — et comme d'ailleurs le tableau général des clarinettes (ex. i6i[) nous l'a déjà montré — une quinte juste plus bas.

461. — La clarinette-alto n'emploie pas le registre suraigu (ex. 163e1) qui n'est réservé qu'aux clarinettes-soprano.

462. — La clarinette-alto en mi b est plus grave encore que le cor de basset; son diapason est à la sixte majeure au-dessous de la clarinette en ut (ex. i6i(' et j).

i66 Clarinettes -alto (note fondamentale)

en fa en mil

Ji

ir théor.

F théor.

(Cor de

Basset)

463. — La clarinette-alto en mi b n'a pas été introduite à l'orchestre, mais on l'utilise dans les bandes de musique d'harmonie, surtout en Angleterre.

(1) En italien corno di bassetto, en français cor de basset.

(*) Les cors de basset construits en Allemagne descendent jusqu'au fa, comme le montre l'ex. 166b;.

Clarinette-basse

« La voix de la clarinette-basse à une sonorité sombre et ténébreuse dont l'expression est très pénétrante. — Le registre grave est le plus beau et le plus caractérisé II est presque superflu de dire, que le caractère de l'instrument répugne aux traits légers, mais il admet parfaitement certaines formes de passages rapides : des arpèges liés (i) par exemple.

La clarinette-basse est venue appoi ter à la région grave un timbre d'anche plus poétique (2) que le basson, seul de son espèce jusque là. >?

Gevaert.

464. — Le diapason de la clarinette-basse est à l'octave grave de la clarinette-soprano en sib. Le rapport entre la notation et l'effet réel est donc à un intervalle de 9e majeur (ex. i6ik et i67a).

465. — En France et en Belgique on ne connaît que ce diapason, c'est-à-dire celui de si '?; mais en Allemagne les opéras modernes renferment des passages écrits pour la clarinette-basse en la (ex. 1611 et i67b)

Voici la fondamentale de ces deux diapasons, et dans leur rapport de notation (= o) à l'effet réel (= •) :

167 Clarinettes -basse (note fondamentale)

en si\> ! en la (ex. 16lM j (ex. 1611)

F theor.

CD

(JF)

lr théor.

Leur notation — comme déjà la note (*) de la page 134 le trahit — est en clef de sol; celle qu'on voit sous l'ex. 163 et qui est commune (uniforme) à toutes les clarinettes. Voici les limites de leur étendue comme notation et comme effet réel :

(1) Tels Les Huguenots, p. 847, et Le Prophète, p. 629 (de la grande partition) de Meyerbeer.

(2) Voir p. 242 Cours méthodique d'orchestration (Gevaert).

167bls Etendue des clarinettes-basse si\> et la

(en si\>) | (en la)

notation (régulière, française)

sons réels

466. — Les compositeurs allemands écrivent parfois la partie de clarinette-basse une octave plus bas et en clef de fa (*), et qu'on appelle communément notation allemande, pour la distinguer de la notation régulière appelée aussi notation française. Afin de mieux pouvoir comparer, ces deux notations suivent ici (ex. 168) mises en parallèle.

Les deux notations pour clarinette -basse.

notation //™*f \ (régulière)

en sil> l en la

notation

allemande

Idrrégulière) en si\> \ en la

467# On voit que dans ce cas, Pintonation réelle ne se trouve séparée de sa notation (ex. 168 B a, b), qu'à l'intervalle d'une seconde majeure ou tierce mineure. L'irrégularité de cette notation saute aux yeux, dès qu'on la compare aux autres membres de toute la famille à l'ex. 161.

468. — Il est possible qu'un tel mode d'écriture facilite la lecture de la partition, mais assurément pas l'exécution, puisqu'il supprime la relation entre le doigté et la note (§ 441-3)- — Le système, uniforme pour tous les instruments transpositeurs, suivi en France est évidemment préférable en ce cas.

(*) Pour les sons aigus seulement on se sert alors de la clet de sol.

(**) Wagner a successivement suivi les deux manières. La clarinette basse est notée dans Tannhâuser à la manière de l'ex. A ; plus tard, dans Lohengrin etc. celle sous B du même exemple.

469. — La technique de la clarinette-basse est identique à celle des autres clarinettes (§ 442-3) mais à l'aigu on dépasse rarement la note ut 5 (ex. 163e) qui est égale au son réel si^>.

470. — A l'orchestre on n'introduit jamais plus d'une clarinette-basse. Jusqu'à nos jours cet instrument était réservé pour quelques situations extraordinaires.

Wagner, depuis Lohengrin (1848), en a lait un élément constant de sa luxuriante instrumentation. Il le réunit à deux (parfois même à trois) clarinettes-soprano (1), afin d'obtenir dans cette nature de timbre un groupe harmoniquement complet (2).

471. — La clarinette-basse s'est aussi introduite dans la musique d'harmonie depuis environ soixante ans. Aujourd'hui on lui substitue généralement le saxophone baryton en mi b (ex. 170 3°) qui possède un timbre et un diapason presque semblables avec plus de puissance, mais moins d'étendue.

Les petites clarinettes

En raison de leur sonorité dure et peu distinguée, elles ont joué jusqu'à présent un rôle assez mince dans les manifestations élevées de l'art. Leur domaine est la musique militaire. Gevaert.

472. — Toutes les clarinettes plus aiguës que l'instrument t)rpe (ex. 161e) sont rangées dans la catégorie des petites clarinettes ou clarinettes-soprano aigu (ex. 161 A).

473. — Seule la variété la plus grave (ré) a été admise parfois à l'orchestre; par exemple Wagner l'a employée dans le Feuerzauber la dernière scène de la Walkyrie.

474. — La petite clarinette en mi b (ex. 161e et i69b) forme une partie essentielle des musiques militaires actuelles.

Voici la notation et l'effet ainsi que la longueur théorique (§ 434 et ex. 230b) des quatre petites clarinette8, c'est-à-dire de leur son fondamental :

(1) Comme par exemple dans le fragment cité à la note (2) de la page 137.

(2) Voir la note aux pages 117-18.

Son fondamental

des petites clarinettes

(ou clarinettes-soprano-aigu)

a) en ré

en rae f>

en fa 1 W ,

en /«[>

lr théor 0,465

l1' théor.

lr théor 0, 391

lr théor.

475. — A mesure que le diapason s'élève, leur étendue se restreint un peu vers le haut. Voici un tableau indiquant leur étendue respective :

Etendue écrite des petites clarinettes ré et ??ii\>

169bis a>

Etendue: petite clarinette la\>)

(Etendue: petite clarinette en fa

476. -• La sonorité du registre aigu de la petite clarinette en mi b sl beaucoup de brillant et d'éclat. Ses fonctions ordinaires dans les bandes d'harmonie consistent à renforcer la partie mélodique, en la doublant à l'octave.

477. — Berlioz a usé de ce diapason dans une de ses productions orchestrales les plus échevelées, « afin, dit-il, de parodier, dégrader, encanailler (*) (qu'on me passe le mot) une mélodie ; le sens dramatique de l'œuvre exigeant cette étrange transformation ». — Ace sujet le maître Gevaert remarque très judicieusement : « On reconnaît bien là un romantique français de 1830. »

478. — La petite clarinette en fa était jadis employée dans la musique militaire ; son timbre aigu et criard est

(*J Voir : Les rapports de la Jules Combarieu (1893).

lusique et de la poésie p. 204) par

cause qu'elle est aujourd'hui complètement abandonnée. Son intonation fondamentale se trouve sous l'ex. i6gc; pour son étendue voir sous b de l'ex. 169 bïsb.

479. — La plus ciiarde de toutes les petites clarinettes est celle en la b (ex. iôg*1 et 169 btsc; elle est employée dans les musiques militaires de l'Autriche.

Les Saxophones

« Voix riche et pénétrante dont le timbre un peu voilé, tient à la fois du violoncelle, du cor anglais et de la clarinette, mais avec une sonorité plus intense ».

« L'extraordinaire facilité qu'ont les saxophones, et particulièrement le baryton et la basse, d'enfler et d'éteindre les sons, peut donner lieu dans la partie inférieure de l'échelle, à des effets inouis jusqu'à ce jour, effets analogues à ceux de l'harmonium.

Les compositeurs habiles tireront plus tard un parti merveilleux des saxophones associés à la famille des clarinettes, ou introduits dans d'autres combinaisons, qu'il serait téméraire de chercher à prévoir.

Berlioz.

480. — Principe de construction. — La construction de ce type d'instrument repose sur un principe dont on ne connaît pas d'application certaine dans les nombreux appareils sonores que les siècles passés ou les peuples étrangers ont transmis à l'Europe moderne : la mise en vibration d'une colonne d'air, contenue dans un « tuyau conique (1) », au moyen d'une anche battante, semblable, sinon identique à celle de la clarinette. La languette du saxophone est plus forte, plus large et légèrement bombée au centre.

481. — En créant cet instrument, le génial Adolphe Sax a enrichi l'orchestre d'une voix nouvelle et douée de son expression propre.

(1) Ce qui range les saxophones parmi les tuyaux ouverts qui renforcent les harmonioues pairs et impairs : 1, 2, 3, 4, 5, 6. etc.

482. — La famille des saxophones forme une double série parallèle de six instruments : l'une (la moins usitée, bien que très recommandable pour la musique d,orchestre)est accordée au diapason d'ut et de fa (ex. 170 A H;); l'autre (mieux appropriée à la musique d'harmonie) se construit au diapason de si 0 et de mi b (ex. 170 B l6).

483. — L'instrument type de cette famille est le saxophone-soprano en ut (ex. 170 A 2), dont les so?is réelsi comme ceux du hautbois et de la clarinette en ut, sont à l'unisson de ceux de la notation.

484. — Voici cette double série parallèle (ex. 170 A et B). Quant à la double indication pour chaque instrument, celle sous 'd, se rapporte aux § 38-9; celle sous b, indique la fondamentale (son réel = 9 et notation = o) Les deux indications qui se trouvent ici réunies, sont analogues à celles des clarinettes, dont les deux indications séparées se trouvent aux exemples 164 A-C et 161 e, 2, n.

Pour orchestre de Symphonie

en

Sopranino

fa 1 (- b

lr theor.

Pour orchestre d; harmonie

ÏS1

K théor 0, 585

en nt

Soprano

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