chb'rig
j à 5 rai / 5- chor
ig
Le grand avantage du cornet sur d'autres jeux de mutation composés, est celui qu'il n'y a pas de lacune dans la composition de sa coupe de la série fondamentale. Ce jeu, qui est un registre brillant, ne parle pas dans le grave, mais seulement à partir de l'ut-j (voir ex. 236b).
636. — Le carillon est un jeu analogue au précédent et se compose de trois tuyaux (voir 233a).Il ne parle qu'à partir du sol de l'ex. 236'1.
(1) On distingue encore ceux qui ne se composent que de deux sons (les
zweistimmigen de la facture allemande) tels :
Sesquialter formé des sons 3 et 5 = sixte majeure Tertian » » » 5 et 6 = tierce mineure
Rauschquinte » » » 3 et 4 = quarte juste
de ceux à plusieurs voix (mehrstimmigen, 3-, 4-, 5-, 6-chôrig, etc.),
comme le prouve l'ex. 233.
637. — La fourniture et la cymbale (* ) sont les plus bizarres des jeux de mutation; ils font entendre dans des régions suraiguës de 3 jusqu'à parfois 7 sons échelonnés en quintes et quartes (2). Avec les deux sons dont ils sont spécialement composés, on construit les divers rangs comme on appelle cela en facture d'orgue ; par exemple (235) à 5 rangs :
(octave)
ut (quinte) sol (quarte) ut (quinte) sol (quarte) vt
(octave)
(octave)
638. — Afin de pouvoir se former une idée plus complète du fonctionnement de ces jeux, l'ex. 236 nous montrera le rapport de l'ensemble des sons qu'on entend sur chaque touche, lorsqu'on emploie, avec des jeux de fond, l'un ou l'autre de ces trois (236 ac) jeux de mutation composés. La note ronde sous a) b) et c) de rex. 236 représente le son d'un/*// de fond.
Carillon a)
Cornet
Fourniture et Cymbales c)
Mais il n'est pas possible que la fourniture fournisse une progression continue, puisque sur la touche la plus basse de l'orgue sa coupe entière se ramifie déjà jusque dans la région suraiguë, (voir ex. 237a). Ce jeu pratique alors ce qu'on appelle en facture d'orgue les reprises.
(1) Uniquement destinés à se mêler au tutti général. De là vient leur surnom de mixtures ou plein-jeu. Leur composition sur les grandes orgues modernes est habituellement celle exposée sous l'exemple 236c.
(2) Au dôme de Fulda, il y a une cymbale composée des sons 5, 6 et 7.
63g. Les " reprises " dans la facture d'orgue. — On appelle reprise la série b sous A de l'ex. 237 qui fonctionne sur les octaves suivantes qu'on voit sous c, d, e de 237B.
Il est clair qu'à chaque rapprochement d'octave, ces séries sont dans un autre rapport vis-à-vis les sons des registres de fond (B) Les chiffres ajoutés expriment ce rapport très clairement et dispensent conséquemment de toute explication supplémentaire.
640. — Mais il faut se limiter. Ce sujet, est à lui seul, trop vaste pour entrer3 dans un ouvrage du genre de celui-ci, en plus de détails (L) sur les registres multiples de l'orgue. Il faut donc se borner ici et, pour de plus minutieux renseignements, renvoyer aux ouvrages traitant spécialement de l'orgue ( 2).
(1) Cependant il importe d'ajouter ici à propos des jeux de mutation, une observation du maître Gevaert qu'il serait intéressant de voir approuver ou contester par des personnes autorisés de par leurs expérience. — « Lorsque les jeux de mutation sont associés aux sonorités de l'orchestre, ils ne me produisent pas un bon efiet. J'ignore si d'autres épreuvent la même impression; je l'attribue à un conflit entre ces harmoniques artificiels et les nombreux harmoniques naturels des violons et des hautbois. Aussi ai-je fini par supprimer tous les jeux de cette sorte dans l'accompagnement des oratorios et cantates de J. S. Bach et de de Hàndel ». (Gevaert).
(2) Tels que celui du Bénédictin Dom Bedos (de Celles) : L'art du facteur d'orgue (3 vol., 1766-78). Tous ceux qui ont écrit sur l'orgue y ont puisé à pleines mains. On copie toujours ses dessins superbes.
Les ouvrages de jf.-G. TOpfer : Die Orgelbaukunst (1833) et Die
641. — Disons un mot sur la boîte d'expression. Ceci constitue un mécanisme que les facteurs modernes ont mis en pratique et au moyen duquel on peut graduer la sonorité d'une partie des jeux de l'orgue, et procurer à l'auditeur l'impression des sons « enflés » ( — ==: ) et « diminués » ( ^=»- ) sans avoir besoin de modifier en rien la quantité des registres mis en œuvre préalablement. En général, ce mécanisme ne s'applique qu'au clavier de récit; cependant, M. Cavaillé-Coll l'a adapté plus tard aussi au positif.
642. — Le mécanisme de la boîte d'expression consiste à placer tous les jeux du clavier dans un compartiment (appelé boîte d'expression) muni de parois mobiles en forme de jalousies. Celles-ci s'ouvrent et se ferment par degrés au moyen d'une pédale, livrant ainsi aux sons des issues plus ou moins larges.
Valeur " artistique " et " importance " d'un orgue
643. — On aurait tort, et Ton s'exposerait à une bien grave erreur, si l'on se bornait à estimer la valeur artistique ou l'importance d'un orgue par le nombre des tuyaux ou par la dimension des jeux.
La supériorité d'un orgue dépend surtout de l'excellence des éléments multiples qui le composent, de la perfection du mécanisme et de la soufflerie, de la proportion des jeux et des claviers, de la variété et de l'égalité des timbres, du talent de conception et d'exécution qui a présidé à une heureuse harmonie de l'ensemble et des détails.
Orgel; Zweck und Beschaffenheit ihrer Theile (1843) sont spécialement inspirés de celui de Dom Bedos.
Voir aussi le Katechismus der Orgel de Hugo Riemann (2e édition, igoi, Max Hesse, Leipzig), ainsi que celui de E. F. Richter (4e édition, 1896, J.-J. Weber. Leipzig).
11 faut citer également le très recommandable écrit de Karl Locher : Erklârung der Orgelregister und Ihrer Klangfarben (3e édition, 1904, Berne, Nydegger et Baumgart), ainsi que : Ueber Wichtigkeit und Unentbehrlichkeit der Orgelmixturen (1839) du profond connaisseur de la construction de l'orgue Christian Fr. Gottlieb Wiike.
644.. — Dans les plus grandes orgues on trouve des jeux de 32, de 16, de 8, de 4, de 2 et de 1 pieds. Tous ces jeux sont à l'octave les uns des autres (ex. 222, 224, 225). Mais indépendamment de ces jeux à l'octave, on a introduit de tout temps dans la construction des orgues des jeux intermédiaires donnant la quinte, la tierce ainsi que leurs octaves (ex. 231 et 232).
M. Cavaillé-Coll, dans la reconstruction de l'orgue de l'église métropolitaine de Notre=Dame de Paris ( 1), a ajouté un autre jeu intermédiaire, notamment la septième (le son 7) et ses différentes octaves (§ 627e et la note(2) de la page 196), c'est-à-dire qu'il a complété la série harmonique de cinq à six degrés de plus qu'on ne l'avait fait jusque là.
645. — Il en résulte que la base des divers jeux de l'orgue qui ne s'étendait jusqu'alors que de 9 à 11 degrés différents, s'est accrue, par le fait de l'addition de la septième, jusqu'à seize degrés de la série harmonique.
646. — A ce point de vue les dispositions des orgues de Notre=Dame de Paris (ex. 238 page 206), de Saint=SuIpice également à Paris (ex. 240 page 209) et le grand orgue du Munster dôme à Ulm (ex. 241 page 211) vont permettre de faire une comparaison au sujet de la base harmonique de quelques grandes orgues (ex. 244 aux pages 216-17), spécialement des
trois mentionnées ci-dessus.
La base harmonique d'un orgue
647. — La base harmonique (plus ou moins complète) est la façon dont les organiers modernes ont fait valoir — pour le perfectionnement de la facture d'orgue — le phénomène des sons harmoniques (Naturtône).
Ce qui a été dit à ce sujet aux § 644-5 va être complété par le tableau de l'exemple 244. Mais il nous faut d'abord voir la disposition des trois orgues dont a fait mention le paragraphe précédent.